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  <title>Articles from Jean-luc Drouin</title>
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    <title>Articles from Jean-luc Drouin</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040</link>
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  <pubDate>Fri, 25 Sep 2026 16:46:13 +0000</pubDate>
  <lastBuildDate>Fri, 25 Sep 2026 16:46:13 +0000</lastBuildDate>
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    <title>Mon ami, Petit Jean</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4746326</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2025-12-29,post-4746326</guid>
    <pubDate>Mon, 29 Dec 2025 08:57:10 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Certaines rencontres faites lors de mes voyages sont gravées à jamais dans ma mémoire et dans mon cœur. Petit Jean est entré dans mon panthéon de mes plus belles rencontres. Qu’est-ce qui fait que l’on se lie d’amitié au bout du monde en quelques heures ou quelques jours et pour la vie ? Je n’en sais rien. Ça commence souvent par quelques phrases échangées sur le prix d’un service et un sentiment de confiance qui n’est pas toujours de mise à l’étranger. La méfiance n’est pourtant pas toujours bonne conseillère pour se faire des copains. Les arnaques sont pourtant courantes et il faut trouver le juste équilibre entre confiance et méfiance. L’expérience m’a appris à rester vigilant, mais aussi à baisser parfois la garde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques jours après avoir rencontré Petit Jean, une amitié est née. Des amitiés issues de mes voyages, j’en ai une bonne dizaine qui se sont liées tout au long de ces années passées à voyager pour le travail et pour le plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans le désordre, il y a Bernard, un médecin français rencontré en Inde, qui soignait les lépreux dans la rue ; un journaliste algérien avec qui nous avons subi des tirs de mortiers et de 12/7 au Sahara occidental, ou ce guide polyglotte cambodgien qui m’a fait rencontrer des éléphants retraités qui vivent en semi-liberté en pleine jungle… Et comment pourrais-je oublier mon grand ami Pappu ? Restaurateur-baroudeur dans l'Himachal Pradesh (Inde), malheureusement aujourd’hui disparu. La liste est loin d’être exhaustive. Les autres ne m’en voudront pas de ne pas les citer. Ils savent qu’ils ont tous la même importance pour moi. Et tous ont un point commun : je les ai revus plusieurs fois. C’est aussi pour eux que je retourne souvent dans les mêmes pays. Je suis même retourné deux fois en Thaïlande pour retrouver… Un chien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Petit Jean, a désormais 49 ans, père de 4 enfants et vélo-pousse de profession. Il est ma dernière belle rencontre. Ce qui est étonnant, c’est que je l’avais déjà rencontré en 2016, la première fois que je suis venu à Antsirabe. J’avais loué ses services car il attendait les Occidentaux, en face de mon hôtel. C’est lui qui s’est rappelé de moi. Ce nom « Petit Jean » me disait bien quelque chose, mais c’est son sourire et son regard qui m’ont remis sur la piste de cette première rencontre vite oubliée à l'époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il y a deux ans, je lui avais promis que je reviendrai. J’ai tenu parole et il m’a servi de guide et m'a transporté pendant quelques jours lors de mon dernier séjour dans la Grande île. Malheureusement, je suis tombé malade et nous avons perdu deux jours. J’étais alité, fiévreux, ne sachant pas encore que j’étais victime d’une vilaine bactérie. Je lui ai quand même demandé de venir nous chercher à l’hôtel pour nous emmener à la gare des taxis de brousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Craignant d’être contagieux, je ne l’ai pas pris dans mes bras pour lui dire au revoir, comme la dernière fois. Une étreinte qui avait médusé ses collègues. Ce qui me console, c’est qu’en quelques jours je lui ai laissé l’équivalent de plusieurs mois de salaire. Étant donné le pouvoir d’achat moyen d’un malgache, je ne me suis pas ruiné pour autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je ne peux pas aider tout le monde, alors je me concentre souvent pleinement sur une personne. Et avec Petit Jean, je sais que ce sont ses enfants qui seront les premiers bénéficiaires de mon aide. J’espère le revoir un jour.&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Mon ami, Petit Jean</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Certaines rencontres faites lors de mes voyages sont gravées à jamais dans ma mémoire et dans mon cœur. Petit Jean est entré dans mon panthéon de mes plus belles rencontres. Qu’est-ce qui fait que l’on se lie d’amitié au bout du monde en quelques heures ou quelques jours et pour la vie ? Je n’en sais rien. Ça commence souvent par quelques phrases échangées sur le prix d’un service et un sentiment de confiance qui n’est pas toujours de mise à l’étranger. La méfiance n’est pourtant pas toujours bonne conseillère pour se faire des copains. Les arnaques sont pourtant courantes et il faut trouver le juste équilibre entre confiance et méfiance. L’expérience m’a appris à rester vigilant, mais aussi à baisser parfois la garde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques jours après avoir rencontré Petit Jean, une amitié est née. Des amitiés issues de mes voyages, j’en ai une bonne dizaine qui se sont liées tout au long de ces années passées à voyager pour le travail et pour le plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Dans le désordre, il y a Bernard, un médecin français rencontré en Inde, qui soignait les lépreux dans la rue ; un journaliste algérien avec qui nous avons subi des tirs de mortiers et de 12/7 au Sahara occidental, ou ce guide polyglotte cambodgien qui m’a fait rencontrer des éléphants retraités qui vivent en semi-liberté en pleine jungle… Et comment pourrais-je oublier mon grand ami Pappu ? Restaurateur-baroudeur dans l'Himachal Pradesh (Inde), malheureusement aujourd’hui disparu. La liste est loin d’être exhaustive. Les autres ne m’en voudront pas de ne pas les citer. Ils savent qu’ils ont tous la même importance pour moi. Et tous ont un point commun : je les ai revus plusieurs fois. C’est aussi pour eux que je retourne souvent dans les mêmes pays. Je suis même retourné deux fois en Thaïlande pour retrouver… Un chien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Petit Jean, a désormais 49 ans, père de 4 enfants et vélo-pousse de profession. Il est ma dernière belle rencontre. Ce qui est étonnant, c’est que je l’avais déjà rencontré en 2016, la première fois que je suis venu à Antsirabe. J’avais loué ses services car il attendait les Occidentaux, en face de mon hôtel. C’est lui qui s’est rappelé de moi. Ce nom « Petit Jean » me disait bien quelque chose, mais c’est son sourire et son regard qui m’ont remis sur la piste de cette première rencontre vite oubliée à l'époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Il y a deux ans, je lui avais promis que je reviendrai. J’ai tenu parole et il m’a servi de guide et m'a transporté pendant quelques jours lors de mon dernier séjour dans la Grande île. Malheureusement, je suis tombé malade et nous avons perdu deux jours. J’étais alité, fiévreux, ne sachant pas encore que j’étais victime d’une vilaine bactérie. Je lui ai quand même demandé de venir nous chercher à l’hôtel pour nous emmener à la gare des taxis de brousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Craignant d’être contagieux, je ne l’ai pas pris dans mes bras pour lui dire au revoir, comme la dernière fois. Une étreinte qui avait médusé ses collègues. Ce qui me console, c’est qu’en quelques jours je lui ai laissé l’équivalent de plusieurs mois de salaire. Étant donné le pouvoir d’achat moyen d’un malgache, je ne me suis pas ruiné pour autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je ne peux pas aider tout le monde, alors je me concentre souvent pleinement sur une personne. Et avec Petit Jean, je sais que ce sont ses enfants qui seront les premiers bénéficiaires de mon aide. J’espère le revoir un jour.&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>On the road again !</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4746168</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2025-11-14,post-4746168</guid>
    <pubDate>Fri, 14 Nov 2025 15:44:43 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;C’est bien la première fois à Madagascar qu’un taxi de brousse ou un train, met moins que le temps estimé par le transporteur, pour parvenir à destination. En principe, sur de grandes distances, il faut s’attendre à passer 50 % de temps en plus que celui annoncé, voire son doublement. Avec plus de 1 000 km de piste, je craignais le pire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Tout avait bien commencé, mais ça n’a pas duré longtemps. Si nous étions partis avec 5 minutes d’avance sur l’horaire officiel - ce qui n’arrive jamais -, au bout de 40 km : un pneu a crevé. Vingt minutes à changer la roue. Le pneu de secours était visiblement sous-gonflé et lisse. Je me suis dit, heureusement qu’il y a deux autres roues de secours, car celle-ci va éclater sous le poids et en raison de l’état de la route. Pourtant, pas d’autre crevaison à déplorer. Un miracle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En revanche, côté route, pas de miracle. On m’avait dit, en substance, pas d’inquiétude sur le 1 117 km (1 185 km selon d’autres sources), la route est excellente, sauf sur les 50 derniers km, avant Diego Suarez, où la route est terrible. La route s'apparente au sol lunaire. La réalité a été tout autre. La route sur la quasi-totalité du trajet était truffée de trous et de failles, obligeant les chauffeurs à zigzaguer en permanence, d’un côté à l’autre de la chaussée. Parfois, on avait la possibilité de faire des pointes de 40 à 50 km/h, mais au prix d’énormes nuages composés d’un mélange de terre rouge et de poussières de ciment… Masques obligatoires pour s’épargner les poumons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Inutile de dire que dans ces conditions, seul l’épuisement nous a permis de dormir… Un peu, car les secousses du véhicule, parfois proches d’un séisme, interrompaient un sommeil déjà peu réparateur. Et c’était aussi sans compter sur l’autoradio qui crachait des musiques traditionnelles et du rap malgache, à fond les décibels. Raison de cette orgie sonore ? : « Ça empêche le chauffeur de s’endormir… » (sic). À noter qu’il y avait trois chauffeurs pour se relayer, car nous ne nous sommes pas arrêtés pour dormir. Juste pour avaler une assiette de riz et boire un café infecte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Finalement, malgré nos craintes, ni ma femme, ni moi, sommes arrivés cassés en deux. Épuisés certes, mais les reins et les cervicales intactes. Un autre miracle, car nous nous attendions au pire. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, conrairement à ce qu'on nous avait annoncé, les 120 derniers km, offraient une route neuve fraichement asphaltée. Elle devait être inaugurée ces jours-ci, mais le président récemment destitué par la pression de la jeunesse malgache et un coup d’Etat militaire, à dû faire ses bagages et fuir au Qatar. Et pas en taxi de brousse, lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour finir, j’ai une pensée pour les cinq chiens, le chaton et les deux poules qui n’ont pas survécus à ce voyage. Seules les poules ont trouvé la mort en étant percutées par notre véhicule. Les chiens, majoritairement des chiots, et le chat, étaient déjà morts quand nous avons roulé dessus, sans la moindre précaution. Nous n’en étions pourtant pas un un coup de volant près.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour ne pas avoir de nouveaux morts sur la conscience, nous reprendrons la route du retour pour la capitale… En avion. Nous nous sommes précipités le lendemain matin de notre arrivée, à l’agence d’Air Madagascar. Il faut savoir varier les plaisirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La photo de notre taxi de brousse a été prise à peu près 20 heures après notre départ, lors de la pause-café imbuvable, en guise de petit-déjeuner. Quant aux toilettes à l’extérieur de la gargote, si vous y passez un jour, je vous recommande le port du masque. On les voit sur la photo au fond, derrière le taxi de brousse. Au sol, il y a des seaux jaunes qui font office de chasse d'eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour finir,  je précise qu'une fois n’est pas coutume, la photo a été prise avec mon smartphone. Le matériel photo, lui, était à l'abri de la poussière.&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>On the road again !</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;C’est bien la première fois à Madagascar qu’un taxi de brousse ou un train, met moins que le temps estimé par le transporteur, pour parvenir à destination. En principe, sur de grandes distances, il faut s’attendre à passer 50 % de temps en plus que celui annoncé, voire son doublement. Avec plus de 1 000 km de piste, je craignais le pire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Tout avait bien commencé, mais ça n’a pas duré longtemps. Si nous étions partis avec 5 minutes d’avance sur l’horaire officiel - ce qui n’arrive jamais -, au bout de 40 km : un pneu a crevé. Vingt minutes à changer la roue. Le pneu de secours était visiblement sous-gonflé et lisse. Je me suis dit, heureusement qu’il y a deux autres roues de secours, car celle-ci va éclater sous le poids et en raison de l’état de la route. Pourtant, pas d’autre crevaison à déplorer. Un miracle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En revanche, côté route, pas de miracle. On m’avait dit, en substance, pas d’inquiétude sur le 1 117 km (1 185 km selon d’autres sources), la route est excellente, sauf sur les 50 derniers km, avant Diego Suarez, où la route est terrible. La route s'apparente au sol lunaire. La réalité a été tout autre. La route sur la quasi-totalité du trajet était truffée de trous et de failles, obligeant les chauffeurs à zigzaguer en permanence, d’un côté à l’autre de la chaussée. Parfois, on avait la possibilité de faire des pointes de 40 à 50 km/h, mais au prix d’énormes nuages composés d’un mélange de terre rouge et de poussières de ciment… Masques obligatoires pour s’épargner les poumons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Inutile de dire que dans ces conditions, seul l’épuisement nous a permis de dormir… Un peu, car les secousses du véhicule, parfois proches d’un séisme, interrompaient un sommeil déjà peu réparateur. Et c’était aussi sans compter sur l’autoradio qui crachait des musiques traditionnelles et du rap malgache, à fond les décibels. Raison de cette orgie sonore ? : « Ça empêche le chauffeur de s’endormir… » (sic). À noter qu’il y avait trois chauffeurs pour se relayer, car nous ne nous sommes pas arrêtés pour dormir. Juste pour avaler une assiette de riz et boire un café infecte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Finalement, malgré nos craintes, ni ma femme, ni moi, sommes arrivés cassés en deux. Épuisés certes, mais les reins et les cervicales intactes. Un autre miracle, car nous nous attendions au pire. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, conrairement à ce qu'on nous avait annoncé, les 120 derniers km, offraient une route neuve fraichement asphaltée. Elle devait être inaugurée ces jours-ci, mais le président récemment destitué par la pression de la jeunesse malgache et un coup d’Etat militaire, à dû faire ses bagages et fuir au Qatar. Et pas en taxi de brousse, lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour finir, j’ai une pensée pour les cinq chiens, le chaton et les deux poules qui n’ont pas survécus à ce voyage. Seules les poules ont trouvé la mort en étant percutées par notre véhicule. Les chiens, majoritairement des chiots, et le chat, étaient déjà morts quand nous avons roulé dessus, sans la moindre précaution. Nous n’en étions pourtant pas un un coup de volant près.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour ne pas avoir de nouveaux morts sur la conscience, nous reprendrons la route du retour pour la capitale… En avion. Nous nous sommes précipités le lendemain matin de notre arrivée, à l’agence d’Air Madagascar. Il faut savoir varier les plaisirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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La photo de notre taxi de brousse a été prise à peu près 20 heures après notre départ, lors de la pause-café imbuvable, en guise de petit-déjeuner. Quant aux toilettes à l’extérieur de la gargote, si vous y passez un jour, je vous recommande le port du masque. On les voit sur la photo au fond, derrière le taxi de brousse. Au sol, il y a des seaux jaunes qui font office de chasse d'eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour finir,  je précise qu'une fois n’est pas coutume, la photo a été prise avec mon smartphone. Le matériel photo, lui, était à l'abri de la poussière.&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Les copains du toit du monde</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4745876</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2025-07-21,post-4745876</guid>
    <pubDate>Mon, 21 Jul 2025 10:07:29 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Pang (Inde) - Depuis que la piste qui mène de Manali à Leh a été remplacée dans la majeure partie du trajet par une route asphaltée, de plus en plus de cyclistes s’aventurent sur la deuxième route la plus haute du monde. Comme ce Coréen, rencontré alors que je m’étais arrêté pour prendre quelques photos. Attention, on ne prend pas cette route à vélo sans un sérieux entrainement. Il faut savoir qu’en altitude, on manque d’oxygène et si on monte trop vite, on peut être victime du mal de l’altitude. À vélo on ne risque pas de monter trop vite, mais on risque d’avoir le souffle court. Notre Coréen était entrainé, il avait à son actif des dizaines de voyages à vélo à travers le monde et il était sur le point de terminer un tour de l’Inde. Pour la petite histoire, notre cycliste était accompagné par un chien que je croyais être le sien. Mais non, le chien le suivait depuis une dizaine de jours. Après une nuit passée sous la tente à la sortie d’un hameau, au petit matin, il avait trouvé le chien couché à côté de son vélo. Depuis, l’animal ne le quittait plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quand après nous être dit au revoir, l’homme a repris la route en direction de Leh. Le chien lui a emboité la roue en courant. Avant qu’il ne reparte, je lui avais demandé s’il envisageait de ramener le chien chez lui, dans son pays, puisqu’ils étaient devenus amis ? Son petit sourire équivalait à un « non ! ». Peut-être était-ce mieux pour le toutou car en Corée, on mange toujours les chiens. Mieux vaut être un chien errant en haute montagne que de finir en soupe dans un bol coréen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, nous l'avons rattrapé et doublé. Le chien courait toujours derrière le vélo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
• J'ai connu une histoire d'amitié avec un chien du bout du monde  :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.ipernity.com/blog/1922040/4737092" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.ipernity.com/blog/1922040/4737092&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Les copains du toit du monde</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Pang (Inde) - Depuis que la piste qui mène de Manali à Leh a été remplacée dans la majeure partie du trajet par une route asphaltée, de plus en plus de cyclistes s’aventurent sur la deuxième route la plus haute du monde. Comme ce Coréen, rencontré alors que je m’étais arrêté pour prendre quelques photos. Attention, on ne prend pas cette route à vélo sans un sérieux entrainement. Il faut savoir qu’en altitude, on manque d’oxygène et si on monte trop vite, on peut être victime du mal de l’altitude. À vélo on ne risque pas de monter trop vite, mais on risque d’avoir le souffle court. Notre Coréen était entrainé, il avait à son actif des dizaines de voyages à vélo à travers le monde et il était sur le point de terminer un tour de l’Inde. Pour la petite histoire, notre cycliste était accompagné par un chien que je croyais être le sien. Mais non, le chien le suivait depuis une dizaine de jours. Après une nuit passée sous la tente à la sortie d’un hameau, au petit matin, il avait trouvé le chien couché à côté de son vélo. Depuis, l’animal ne le quittait plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Quand après nous être dit au revoir, l’homme a repris la route en direction de Leh. Le chien lui a emboité la roue en courant. Avant qu’il ne reparte, je lui avais demandé s’il envisageait de ramener le chien chez lui, dans son pays, puisqu’ils étaient devenus amis ? Son petit sourire équivalait à un « non ! ». Peut-être était-ce mieux pour le toutou car en Corée, on mange toujours les chiens. Mieux vaut être un chien errant en haute montagne que de finir en soupe dans un bol coréen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Un peu plus tard, nous l'avons rattrapé et doublé. Le chien courait toujours derrière le vélo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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• J'ai connu une histoire d'amitié avec un chien du bout du monde  :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.ipernity.com/blog/1922040/4737092" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.ipernity.com/blog/1922040/4737092&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>A la recherche de la poudre d&amp;#039;or</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4730396</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2025-04-28,post-4730396</guid>
    <pubDate>Mon, 28 Apr 2025 16:31:46 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Lorsqu’en 2016 je suis revenu d’un trek de 3 jours chez les zafimaniry, j’ai été intrigué par les attroupements au bord de la piste du retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai demandé au chauffeur ce que pouvaient bien faire ces gens ? Quand il m’a dit que c’étaient des « chercheurs d’or », je suis immédiatement sorti du véhicule pour aller les voir et faire quelques photos. Malheureusement, le soleil était déjà bien haut dans le ciel et donnait une lumière trop contrastée pour faire de bonnes photos. Je suis donc reparti en me disant qu’il fallait que je revienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
C’est fait ! Pour mon troisième voyage dans la Grande-île, faire un sujet sur ces orpailleurs qui travaillent à une quarantaine de kilomètres d’Ambositra (prononcer Ambouj) était inscrit à mon programme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai loué une voiture avec chauffeur et recruté un guide-interprète. Il m’a conseillé d’acheter quelques paquets de cigarettes pour m’attirer les bonnes grâces des orpailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je voulais arriver au lever du jour pour bénéficier d’une bonne lumière. Départ de l’hôtel à 7 heures. Manque de chance quand je suis arrivé, le ciel était couvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Heureusement, vers 9 heures, les nuages se sont espacés, laissant poindre quelques rayons de soleil. C’est à ce moment que les familles de chercheurs d’or sont arrivés en nombre.&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
J’avais déjà fait une petite série de photos avec une mère et ses deux filles qui fouillaient les eaux boueuses à la recherche de minuscules paillettes du précieux métal. Au début, elles ne voulaient pas être photographiées. Mais lorsque j’ai sorti le premier paquet de cigarettes elles ont accouru et j’ai pu travailler. Seul problème, elles avaient tendance à poser, raides comme des piquets, l'oeil rivé sur l'objectif. Heureusement, mon interprète, à qui j’avais expliqué quel type de photos je voulais réaliser, à fait son boulot et elles se sont remises au travail tout en riant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A un moment, j’ai frisé la catastrophe… Pour mon matériel photo. Quatre jeunes filles accompagnées de leur père viennent d’arriver. Le petit groupe installe à l’extrémité de la concession. Pour les rejoindre j’ai une distance de 300 mètres à parcourir en terrain difficile. Pas d’hésitation, je suis là pour faire des photos. Le sol imbibé n’est pas stable. Je parviens néanmoins à leur hauteur en titubant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’engage la conversation. Les jeunes filles ne comprennent pas mes propos. Mon interprète ne m’a pas suivi. Ce n'est pas grave. Le barrage de la langue et le sens de la conversation sont secondaires. C'est le contact direct qui est essentiel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je distribue des cigarettes et commence à photographier. L’ambiance est détendue. Je veux changer d’angle en faisant un pas de côté. Et là, c’est le drame. Ma jambe droite s’enfonce dans la vase jusqu’en haut le la cuisse. J’ai le temps de changer de main pour tenir mon boîtier à bout de bras. Mon bras droit est lui aussi enfoncé jusqu'à l'épaule. En essayant de me dégager je m'affale littéralement sur le dos… Dans l’hilarité générale. Je suis coincé. Impossible de me relever.  Les jeunes filles viennent à mon secours et m’extirpent de ce « mauvais pas ». Je suis couvert d'une boue gluante des pieds à la taille. J’en ai aussi plein le dos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Le guide arrive et me propose d’aller laver mon pantalon et mes chaussures dans la rivière qui se trouve derrière les monticules de terre. Ce que je fais. Trempé, mais presque propre, je peux reprendre mes prises de vues. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Mais cette petite mésaventure m’a attiré la sympathie des orpailleurs avec qui se suis resté plusieurs heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai ainsi pu apprendre, avec l’aide de mon interprète, que les concessions doivent se trouver à proximité d'une rivière dont le cours est dévié pour apporter l’eau nécessaire au travail de prospection. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La technique est totalement artisanale. Seule l’eau permet de mettre en évidence le scintillement de la poudre d’or. Pas de produits chimiques polluant comme le mercure. De toute façon, ces produits toxiques sont trop chers et l’investissement ne serait pas rentable. Ici pas de pépites de plusieurs grammes juste de la poudre de métal jaune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Tous les jeudis, un collecteur vient d’Ambositra pour acheter la "récolte" de la semaine. Il achète le gramme d’or à 120.000 ariary (28,5 euros) qu’il revendra plus de 200.000 à Antananarivo, la capitale. Si les prospecteurs se déplacent eux-mêmes jusqu’à son bureau d’Ambositra, à 40 km ; le gramme sera acheté 140.000 ariary. Mais les orpailleurs ont peur de se faire voler leurs précieuses récoltes sur la route et préfèrent que le collecteur vienne sur place. Quitte à gagner un peu moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un homme m’a montré sa collecte de la veille. 0,3 gramme. "Une bonne journée", selon lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>A la recherche de la poudre d&amp;#039;or</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Lorsqu’en 2016 je suis revenu d’un trek de 3 jours chez les zafimaniry, j’ai été intrigué par les attroupements au bord de la piste du retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai demandé au chauffeur ce que pouvaient bien faire ces gens ? Quand il m’a dit que c’étaient des « chercheurs d’or », je suis immédiatement sorti du véhicule pour aller les voir et faire quelques photos. Malheureusement, le soleil était déjà bien haut dans le ciel et donnait une lumière trop contrastée pour faire de bonnes photos. Je suis donc reparti en me disant qu’il fallait que je revienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
C’est fait ! Pour mon troisième voyage dans la Grande-île, faire un sujet sur ces orpailleurs qui travaillent à une quarantaine de kilomètres d’Ambositra (prononcer Ambouj) était inscrit à mon programme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai loué une voiture avec chauffeur et recruté un guide-interprète. Il m’a conseillé d’acheter quelques paquets de cigarettes pour m’attirer les bonnes grâces des orpailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je voulais arriver au lever du jour pour bénéficier d’une bonne lumière. Départ de l’hôtel à 7 heures. Manque de chance quand je suis arrivé, le ciel était couvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Heureusement, vers 9 heures, les nuages se sont espacés, laissant poindre quelques rayons de soleil. C’est à ce moment que les familles de chercheurs d’or sont arrivés en nombre.&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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J’avais déjà fait une petite série de photos avec une mère et ses deux filles qui fouillaient les eaux boueuses à la recherche de minuscules paillettes du précieux métal. Au début, elles ne voulaient pas être photographiées. Mais lorsque j’ai sorti le premier paquet de cigarettes elles ont accouru et j’ai pu travailler. Seul problème, elles avaient tendance à poser, raides comme des piquets, l'oeil rivé sur l'objectif. Heureusement, mon interprète, à qui j’avais expliqué quel type de photos je voulais réaliser, à fait son boulot et elles se sont remises au travail tout en riant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A un moment, j’ai frisé la catastrophe… Pour mon matériel photo. Quatre jeunes filles accompagnées de leur père viennent d’arriver. Le petit groupe installe à l’extrémité de la concession. Pour les rejoindre j’ai une distance de 300 mètres à parcourir en terrain difficile. Pas d’hésitation, je suis là pour faire des photos. Le sol imbibé n’est pas stable. Je parviens néanmoins à leur hauteur en titubant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’engage la conversation. Les jeunes filles ne comprennent pas mes propos. Mon interprète ne m’a pas suivi. Ce n'est pas grave. Le barrage de la langue et le sens de la conversation sont secondaires. C'est le contact direct qui est essentiel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je distribue des cigarettes et commence à photographier. L’ambiance est détendue. Je veux changer d’angle en faisant un pas de côté. Et là, c’est le drame. Ma jambe droite s’enfonce dans la vase jusqu’en haut le la cuisse. J’ai le temps de changer de main pour tenir mon boîtier à bout de bras. Mon bras droit est lui aussi enfoncé jusqu'à l'épaule. En essayant de me dégager je m'affale littéralement sur le dos… Dans l’hilarité générale. Je suis coincé. Impossible de me relever.  Les jeunes filles viennent à mon secours et m’extirpent de ce « mauvais pas ». Je suis couvert d'une boue gluante des pieds à la taille. J’en ai aussi plein le dos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;br /&gt;
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Le guide arrive et me propose d’aller laver mon pantalon et mes chaussures dans la rivière qui se trouve derrière les monticules de terre. Ce que je fais. Trempé, mais presque propre, je peux reprendre mes prises de vues. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Mais cette petite mésaventure m’a attiré la sympathie des orpailleurs avec qui se suis resté plusieurs heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai ainsi pu apprendre, avec l’aide de mon interprète, que les concessions doivent se trouver à proximité d'une rivière dont le cours est dévié pour apporter l’eau nécessaire au travail de prospection. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La technique est totalement artisanale. Seule l’eau permet de mettre en évidence le scintillement de la poudre d’or. Pas de produits chimiques polluant comme le mercure. De toute façon, ces produits toxiques sont trop chers et l’investissement ne serait pas rentable. Ici pas de pépites de plusieurs grammes juste de la poudre de métal jaune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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Tous les jeudis, un collecteur vient d’Ambositra pour acheter la "récolte" de la semaine. Il achète le gramme d’or à 120.000 ariary (28,5 euros) qu’il revendra plus de 200.000 à Antananarivo, la capitale. Si les prospecteurs se déplacent eux-mêmes jusqu’à son bureau d’Ambositra, à 40 km ; le gramme sera acheté 140.000 ariary. Mais les orpailleurs ont peur de se faire voler leurs précieuses récoltes sur la route et préfèrent que le collecteur vienne sur place. Quitte à gagner un peu moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un homme m’a montré sa collecte de la veille. 0,3 gramme. "Une bonne journée", selon lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Mexique : Le pays où la photographie est un sport</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4708836</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2025-04-27,post-4708836</guid>
    <pubDate>Sun, 27 Apr 2025 12:15:03 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Pour la photographie, le Mexique n’est pas l’Inde, ni l’Asie en général. Voyons l’aspect positif : Je ne suis pas assailli de demandes de selfies. Mais d’un autre côté, mes demandes de photos sont refusées à quatre-vingt-dix-neuf pour cent. Surtout par les indiens. De nombreuses chouettes images n’iront pas remplir mes disques durs et resteront dans ma tête. La moisson de portraits sera d’autant plus maigre que pour ce genre d’images, sans autorisation, pas de photo. &lt;em&gt;Nada ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;Si je ne veux pas rentrer bredouille, je suis obligé de faire ce que je me refuse habituellement : voler les images. Je n’ai pas d’autre solution que d’adopter la technique de la photo de rue. Mon reflex restera dans le sac, la plupart du temps, au profit d’un hybride expert plus discret, le zoom (18-55 mm) définitivement calé sur la position grand-angle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’appareil à hauteur de la poitrine, on s’approche du sujet, on déclenche sans cadrer, comme si de rien n’était. Ça marche une fois sur cinq. Et encore, les jours de chance. Cadres pourris, images floues, nombreux éléments parasites… Aucun contrôle sur quoi que ce soit. Hormis une vitesse rarement inférieure au 250è/seconde car je suis souvent en mouvement au moment du déclenchement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En revanche, quand ça fonctionne, on obtient des images plus dynamiques que celles cadrées au millimètre. Pas facile pour moi qui aime les cadres aux petits oignons. Mais cet inconvénient présente un autre avantage qu’un surplus de dynamique - lié aussi à l’usage du grand angle et surtout à la visée en contre-plongée : Ces photos sont différentes de celles que je fais habituellement. Et en photo, c’est comme tout, il faut savoir se renouveler, sortir de sa zone de confort, se remettre en question. Ça tombe bien, les Mexicains m’imposent de changer mes habitudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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En milieu hostile, la photographie de voyage s’apparente parfois à du sport. Surtout si on est pris la main dans le sac, à voler une photo. Malgré un déploiement de ruses de sioux pour rester discret, il y a quand même de grandes chances de se faire repérer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au Mexique, je n’ai pas eu à piquer un cent mètres. Mais j’envisageais cette éventualité. Il faut dire que malgré ma toute relative maîtrise de l’espagnol, dès que c’était possible, j’échangeais quelques mots avec la personne que je voulais immortaliser sans lui avoir demandé son consentement. Histoire de désamorcer une réaction violente, toujours possible si j'étais démasqué, à en croire les nombreux témoignages recueillis auprès d’autres photographes-voyageurs. Il faut toujours s’attendre au pire quand on s’écarte des clous. Ne dit-on pas que la photo, c’est l’anticipation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Une autre technique pour subtiliser une photo &lt;em&gt;ni vi ni connu&lt;/em&gt;, est le recours à un téléobjectif ou un zoom de bonne amplitude. Le tout est de l’utiliser intelligemment. Pas comme une paire de jumelles. Là, il ne sert pas à faire des gros plans, mais à intégrer le sujet principal dans son environnement. Comme on le ferait avec un grand-angle, mais d’un peu plus loin, en raison le recul imposé par ce type de focale. Ce qui présente aussi l'avantage de limiter les risques de se prendre des oeufs ou des fruits pourris voire un coup de poing. Au pire, on a plus de chance de les voir venir. Et pour les réactions les plus agressives, cette distance de sécurité permet d'avoir quelques mètres d'avance sur un éventuel poursuivant, dans un sprint improvisé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Sur un marché grouillant de monde, le téléobjectif est inopérant. Là, on est « battu » à tous les coups. Au moment du déclenchement, il y aura toujours quelqu’un pour passer devant l’objectif. C’est déjà un outil assez compliqué à utiliser dans des conditions normales quand on n’a pas l’habitude. De nombreux photographes puristes -dont j’ai tendance à faire partie-, détestent le téléobjectif. Hors du grand-angle, jusqu’au 50 mm, point de salut. Mais il y a des circonstances où il faut savoir transiger avec ses principes. A moins d’accepter de ne pas faire de photos. C’est un point de vue qui se défend. Mais ce n’est pas le mien, pourvu que la photo ne porte pas atteinte à la dignité et aux convictions des populations locales. Et puis il y a des scènes où l’on sent intuitivement qu'il est préférable de s'abstenir de prendre, même discrètement, la moindre image. Je l’ai ressenti lors d’une cérémonie rituelle au Chiapas où ma présence était tout juste tolérée car j’étais accompagné par des autochtones. Il faut savoir s'imposer des limites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si je fais de la photo, c’est pour mettre en avant les bons côtés de l’humanité. J’essaie de démontrer qu’il y a de la poésie dans la banalité du quotidien. Même dans les lieux les plus sordides. Des instants de grâce que seule la photo est en mesure de restituer et de conserver dans le temps. Le tout est de capter l’un des nombreux &lt;em&gt;instants décisifs&lt;/em&gt; qui s’offrent à moi. Mais avec les photos volées, c’est le hasard qui mène le jeu, puisqu’on n’a pas la possibilité d’attendre, l’oeil rivé dans le viseur, que le monde s’harmonise de lui même dans le cadre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bon, toutes les photos prises au Mexique ne sont pas volées. Cette méthode de la &lt;em&gt;street photo&lt;/em&gt;, je l’ai surtout utilisée sur les marchés et les villages indiens où le photographe est définitivement &lt;em&gt;persona non grata&lt;/em&gt;. Ce qui ne veut pas dire que les indiens ne sont pas sympathiques. J’ai pu discuter longuement avec deux indiennes qui vendaient des légumes. Elles voulaient voir la photo qu’elles m’avaient vu prendre d’un commerçant ambulant, alors que je pensais avoir été d’une efficace discrétion. Discussion agréable, même si elles ne comprenaient pas l’intérêt de photographier des inconnus. Convaincu que je les avais dans la poche, je leur ai demandé si je pouvais les photographier ? Refus courtois, mais sans appel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Dans les villes, il est plus facile d’utiliser moins hypocritement son appareil photo. A Oaxaca par exemple, sur le Zocalo, il y a de nombreux mariachis qui acceptent d’être photographiés. Pour cause, ils vivent en grande partie du tourisme, offrant à la demande des sérénades aux terrasses des restaurants, moyennant quelques dizaines de pesos. Et puis, il y a de nombreuses fanfares qui défilent les jours de fêtes. Et des fiestas, au Mexique, il y en a presque tous les jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Là, on photographie normalement. En revanche, on se retrouve systématiquement dans une foule compacte où il faut jouer des coudes dans une marée de smartphones. Oui, les mexicains n’aiment pas être photographiés, mais ils photographient. &lt;em&gt;« Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Là aussi, le taux d’images ratées pourrait être impressionnant si, avec l’expérience, j'ai appris à ne déclencher qu’avec parcimonie. Une habitude héritée du temps de l’argentique. Epoque où le budget films pour un mois de voyage coûtait un bras. Un budget équivalent  au prix du billet d’avion. Ça calme et oblige à réfléchir avant d’appuyer sur le déclencheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Même avec le numérique, pratiquer la photo dans la foule ne permet pas d’obtenir plus de trois ou quatre photos potables après plusieurs heures de déambulation. On pourrait en prendre cent fois plus, que le taux de réussite n’en serait pas supérieur. Au Mexique, plus qu’ailleurs, une bonne photo ça se mérite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.ipernity.com/doc/1922040/album/1187662" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.ipernity.com/doc/1922040/album/1187662&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Mexique : Le pays où la photographie est un sport</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Pour la photographie, le Mexique n’est pas l’Inde, ni l’Asie en général. Voyons l’aspect positif : Je ne suis pas assailli de demandes de selfies. Mais d’un autre côté, mes demandes de photos sont refusées à quatre-vingt-dix-neuf pour cent. Surtout par les indiens. De nombreuses chouettes images n’iront pas remplir mes disques durs et resteront dans ma tête. La moisson de portraits sera d’autant plus maigre que pour ce genre d’images, sans autorisation, pas de photo. &lt;em&gt;Nada ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;Si je ne veux pas rentrer bredouille, je suis obligé de faire ce que je me refuse habituellement : voler les images. Je n’ai pas d’autre solution que d’adopter la technique de la photo de rue. Mon reflex restera dans le sac, la plupart du temps, au profit d’un hybride expert plus discret, le zoom (18-55 mm) définitivement calé sur la position grand-angle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’appareil à hauteur de la poitrine, on s’approche du sujet, on déclenche sans cadrer, comme si de rien n’était. Ça marche une fois sur cinq. Et encore, les jours de chance. Cadres pourris, images floues, nombreux éléments parasites… Aucun contrôle sur quoi que ce soit. Hormis une vitesse rarement inférieure au 250è/seconde car je suis souvent en mouvement au moment du déclenchement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En revanche, quand ça fonctionne, on obtient des images plus dynamiques que celles cadrées au millimètre. Pas facile pour moi qui aime les cadres aux petits oignons. Mais cet inconvénient présente un autre avantage qu’un surplus de dynamique - lié aussi à l’usage du grand angle et surtout à la visée en contre-plongée : Ces photos sont différentes de celles que je fais habituellement. Et en photo, c’est comme tout, il faut savoir se renouveler, sortir de sa zone de confort, se remettre en question. Ça tombe bien, les Mexicains m’imposent de changer mes habitudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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En milieu hostile, la photographie de voyage s’apparente parfois à du sport. Surtout si on est pris la main dans le sac, à voler une photo. Malgré un déploiement de ruses de sioux pour rester discret, il y a quand même de grandes chances de se faire repérer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au Mexique, je n’ai pas eu à piquer un cent mètres. Mais j’envisageais cette éventualité. Il faut dire que malgré ma toute relative maîtrise de l’espagnol, dès que c’était possible, j’échangeais quelques mots avec la personne que je voulais immortaliser sans lui avoir demandé son consentement. Histoire de désamorcer une réaction violente, toujours possible si j'étais démasqué, à en croire les nombreux témoignages recueillis auprès d’autres photographes-voyageurs. Il faut toujours s’attendre au pire quand on s’écarte des clous. Ne dit-on pas que la photo, c’est l’anticipation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Une autre technique pour subtiliser une photo &lt;em&gt;ni vi ni connu&lt;/em&gt;, est le recours à un téléobjectif ou un zoom de bonne amplitude. Le tout est de l’utiliser intelligemment. Pas comme une paire de jumelles. Là, il ne sert pas à faire des gros plans, mais à intégrer le sujet principal dans son environnement. Comme on le ferait avec un grand-angle, mais d’un peu plus loin, en raison le recul imposé par ce type de focale. Ce qui présente aussi l'avantage de limiter les risques de se prendre des oeufs ou des fruits pourris voire un coup de poing. Au pire, on a plus de chance de les voir venir. Et pour les réactions les plus agressives, cette distance de sécurité permet d'avoir quelques mètres d'avance sur un éventuel poursuivant, dans un sprint improvisé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Sur un marché grouillant de monde, le téléobjectif est inopérant. Là, on est « battu » à tous les coups. Au moment du déclenchement, il y aura toujours quelqu’un pour passer devant l’objectif. C’est déjà un outil assez compliqué à utiliser dans des conditions normales quand on n’a pas l’habitude. De nombreux photographes puristes -dont j’ai tendance à faire partie-, détestent le téléobjectif. Hors du grand-angle, jusqu’au 50 mm, point de salut. Mais il y a des circonstances où il faut savoir transiger avec ses principes. A moins d’accepter de ne pas faire de photos. C’est un point de vue qui se défend. Mais ce n’est pas le mien, pourvu que la photo ne porte pas atteinte à la dignité et aux convictions des populations locales. Et puis il y a des scènes où l’on sent intuitivement qu'il est préférable de s'abstenir de prendre, même discrètement, la moindre image. Je l’ai ressenti lors d’une cérémonie rituelle au Chiapas où ma présence était tout juste tolérée car j’étais accompagné par des autochtones. Il faut savoir s'imposer des limites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si je fais de la photo, c’est pour mettre en avant les bons côtés de l’humanité. J’essaie de démontrer qu’il y a de la poésie dans la banalité du quotidien. Même dans les lieux les plus sordides. Des instants de grâce que seule la photo est en mesure de restituer et de conserver dans le temps. Le tout est de capter l’un des nombreux &lt;em&gt;instants décisifs&lt;/em&gt; qui s’offrent à moi. Mais avec les photos volées, c’est le hasard qui mène le jeu, puisqu’on n’a pas la possibilité d’attendre, l’oeil rivé dans le viseur, que le monde s’harmonise de lui même dans le cadre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bon, toutes les photos prises au Mexique ne sont pas volées. Cette méthode de la &lt;em&gt;street photo&lt;/em&gt;, je l’ai surtout utilisée sur les marchés et les villages indiens où le photographe est définitivement &lt;em&gt;persona non grata&lt;/em&gt;. Ce qui ne veut pas dire que les indiens ne sont pas sympathiques. J’ai pu discuter longuement avec deux indiennes qui vendaient des légumes. Elles voulaient voir la photo qu’elles m’avaient vu prendre d’un commerçant ambulant, alors que je pensais avoir été d’une efficace discrétion. Discussion agréable, même si elles ne comprenaient pas l’intérêt de photographier des inconnus. Convaincu que je les avais dans la poche, je leur ai demandé si je pouvais les photographier ? Refus courtois, mais sans appel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Dans les villes, il est plus facile d’utiliser moins hypocritement son appareil photo. A Oaxaca par exemple, sur le Zocalo, il y a de nombreux mariachis qui acceptent d’être photographiés. Pour cause, ils vivent en grande partie du tourisme, offrant à la demande des sérénades aux terrasses des restaurants, moyennant quelques dizaines de pesos. Et puis, il y a de nombreuses fanfares qui défilent les jours de fêtes. Et des fiestas, au Mexique, il y en a presque tous les jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Là, on photographie normalement. En revanche, on se retrouve systématiquement dans une foule compacte où il faut jouer des coudes dans une marée de smartphones. Oui, les mexicains n’aiment pas être photographiés, mais ils photographient. &lt;em&gt;« Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Là aussi, le taux d’images ratées pourrait être impressionnant si, avec l’expérience, j'ai appris à ne déclencher qu’avec parcimonie. Une habitude héritée du temps de l’argentique. Epoque où le budget films pour un mois de voyage coûtait un bras. Un budget équivalent  au prix du billet d’avion. Ça calme et oblige à réfléchir avant d’appuyer sur le déclencheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Même avec le numérique, pratiquer la photo dans la foule ne permet pas d’obtenir plus de trois ou quatre photos potables après plusieurs heures de déambulation. On pourrait en prendre cent fois plus, que le taux de réussite n’en serait pas supérieur. Au Mexique, plus qu’ailleurs, une bonne photo ça se mérite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.ipernity.com/doc/1922040/album/1187662" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.ipernity.com/doc/1922040/album/1187662&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Le sikhisme, une philosophie tolérante et égalitaire dans un gant de fer</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4727318</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2024-04-29,post-4727318</guid>
    <pubDate>Mon, 29 Apr 2024 14:35:25 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Construit en 1601 par Gurû Arjan, le cinquième maître spirituel du sikhisme, le temple est localisé au centre d'un bassin sacré, &lt;em&gt;« l' Amrit Sarovar »&lt;/em&gt;, qui donne son nom à la ville et signifie &lt;em&gt;« Bassin au Nectar »&lt;/em&gt;. Les pèlerins y accèdent en empruntant un pont de marbre. Le surnom de &lt;em&gt;« Golden Temple »&lt;/em&gt; (Temple d'Or) a été donné par les anglais, en raison de la fine pellicule d'or dont la toiture en forme de dôme, a été recouverte au XIXème siècle. Les façades sont couvertes de cuivre. Quant aux fondations, elles sont en marbre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si l'édifice fait l'objet d'une grande dévotion de la part des Shiks, il est également fréquenté par les musulmans et les hindous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Outre les poèmes sacrés récités et chantés en guise de prières, au coeur du temple, le &lt;em&gt;Bassin du Nectar&lt;/em&gt; qui l'entoure, revêt également une signification spirituelle. Hommes et femmes viennent s'y baigner pour se purifier. Les eaux auraient une vertus curative selon les dévots et faciliteraient la réalisation des voeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce bain purificateur est l'un des rares rites observés par les Sikhs. En effet, le sikhisme est une religion sans véritable clergé, ni rituels imposés. Hormis ces bains et l'obligation pour les hommes de ne jamais se couper les cheveux, ni la barbe, les Sikhs ne croient pas au paradis, ni à l'enfer. Pas plus qu'à la réincarnation comme obligation. Pour eux,  mieux vaut avoir une bonne conduite dans sa vie terrestre pour limiter les « transmigrations » de l'âme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ils sont généralement pragmatiques et en prise avec les réalités du monde. S'ils croient en un dieu unique, celui-ci ne peut pas leur venir en aide. Les pratiquants ne lui demandent donc rien. En revanche, il est source d'inspiration pour sa conduite individuelle au quotidien. En suivant ses préceptes, il aide à vivre en totale harmonie avec les autres, sans distinction de race, de religion ou de sexe. La tolérance et l’entraide étant deux des principes fondateurs du sikhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Profondément égalitaire, cette religion monothéiste a été fondée par &lt;em&gt;Gurû Nanak&lt;/em&gt; (1469-1539). Il est le premier d'une lignée de dix gourous dont la succession se faisait par cooptation de son prédécesseur. La lignée des gourous prend fin en 1708, lorsque le neuvième du nom, &lt;em&gt;Gobind Singh&lt;/em&gt;, désigna le livre saint, le &lt;em&gt;« Guru Granth Sahib »&lt;/em&gt; pour lui succéder. Il venait de faire de ce livre, le maître éternel du sikhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;em&gt;Une philosophie originale &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
inspirée du meilleur de l’hindouisme et de l’islam&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Gurû Nanak,&lt;/em&gt; le premier maître, déçu par l'hindouisme et l'islam à qui il reprochait d'exacerber les haines et de générer de profondes inégalités, se serait employé, selon la légende, à ne prendre que ce qu'il estimait positif dans ces deux religions. Loin de se résumer à un simple mélange de religions, le sikhisme est une philosophie véritablement originale, qui prône la tolérance et l'égalité. Avec ses vingt-cinq millions d'adeptes dans le monde, il se place au cinquième rang des religions par le nombre de pratiquants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Malgré ces généreux préceptes, le gourou, &lt;em&gt;Gobind Singh&lt;/em&gt;, créa un ordre guerrier à la fin du XVII ème siècle pour s’opposer à l’oppression exercée par le pouvoir moghol. Cet ordre est inspiré par l'un des textes du sikhisme qui précise en substance, qu'il est légitime de tirer l'épée, si tous les recours ont été épuisés. Dès lors, le métier des armes devient une tradition. Aujourd'hui encore, nombre de Sikhs sont membres de l'armée et de la police. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au cours de l'histoire, ces fougueux combattants, cavalier émérites, qui ont également une fonction religieuse en colportant oralement les textes sacrés, se distinguèrent par leur bravoure contre les Moghols, les Afghans, puis les Anglais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Si cette philosophie tend à promouvoir un monde fraternel, cela n'a pas empêché les moines-guerriers sikhs de massacrer nombre de musulmans lors de la partition de l'Inde, après l'indépendance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;em&gt;Opération Blue star&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le Temple d'Or a lui aussi été le théâtre d'un massacre en juin 1984, dont les Shiks ont été les victimes à leur tour. Occupé par un groupe d'indépendantistes sikhs sous les ordres de &lt;em&gt;Jarnail Singh Bhindranwale&lt;/em&gt;, après l'échec des négociations avec la Fédération indienne, l'assaut est ordonné par le premier ministre de l'époque : &lt;em&gt;Indira Gandhi&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A l'issue de la bataille, on déplore 493 tués chez les mutins, dont 100 femmes et 75 enfants. Auxquels il faut ajouter les 86 blessés qui n'ont pas été exécutés. Les militaires indiens quant à eux, auraient perdu 334 hommes, dont 86 morts et 248 blessés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le Temple d'Or souillé du sang des insurgés et profané par les bottes des assaillants, est considéré comme une insulte irréparable par les extrémistes sikhs. Cet attaque militaire appelée&lt;em&gt; « Opération Blue star »&lt;/em&gt;, ne pouvait rester impunie selon les Sikhs. Elle aura pour conséquence le 31 octobre de la même année, l'assassinat d&lt;em&gt;'Indira Gandhi&lt;/em&gt;, abattue par ses deux gardes du corps de confession sikhe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, Sikhs et Hindous ont enterré la hache de guerre et évitent d’évoquer cet épisode tragique de leur récente histoire. La raison l'a emporté face aux ressentiments. Dans leur Temple sacré, les Sikhs accueillent de nouveau tous les visiteurs, offrant le gîte et le couvert à ceux qui en font la demande. Sans distinction de statut social ou de religion. Un principe à méditer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Le sikhisme, une philosophie tolérante et égalitaire dans un gant de fer</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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Construit en 1601 par Gurû Arjan, le cinquième maître spirituel du sikhisme, le temple est localisé au centre d'un bassin sacré, &lt;em&gt;« l' Amrit Sarovar »&lt;/em&gt;, qui donne son nom à la ville et signifie &lt;em&gt;« Bassin au Nectar »&lt;/em&gt;. Les pèlerins y accèdent en empruntant un pont de marbre. Le surnom de &lt;em&gt;« Golden Temple »&lt;/em&gt; (Temple d'Or) a été donné par les anglais, en raison de la fine pellicule d'or dont la toiture en forme de dôme, a été recouverte au XIXème siècle. Les façades sont couvertes de cuivre. Quant aux fondations, elles sont en marbre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Si l'édifice fait l'objet d'une grande dévotion de la part des Shiks, il est également fréquenté par les musulmans et les hindous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Outre les poèmes sacrés récités et chantés en guise de prières, au coeur du temple, le &lt;em&gt;Bassin du Nectar&lt;/em&gt; qui l'entoure, revêt également une signification spirituelle. Hommes et femmes viennent s'y baigner pour se purifier. Les eaux auraient une vertus curative selon les dévots et faciliteraient la réalisation des voeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce bain purificateur est l'un des rares rites observés par les Sikhs. En effet, le sikhisme est une religion sans véritable clergé, ni rituels imposés. Hormis ces bains et l'obligation pour les hommes de ne jamais se couper les cheveux, ni la barbe, les Sikhs ne croient pas au paradis, ni à l'enfer. Pas plus qu'à la réincarnation comme obligation. Pour eux,  mieux vaut avoir une bonne conduite dans sa vie terrestre pour limiter les « transmigrations » de l'âme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Ils sont généralement pragmatiques et en prise avec les réalités du monde. S'ils croient en un dieu unique, celui-ci ne peut pas leur venir en aide. Les pratiquants ne lui demandent donc rien. En revanche, il est source d'inspiration pour sa conduite individuelle au quotidien. En suivant ses préceptes, il aide à vivre en totale harmonie avec les autres, sans distinction de race, de religion ou de sexe. La tolérance et l’entraide étant deux des principes fondateurs du sikhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Profondément égalitaire, cette religion monothéiste a été fondée par &lt;em&gt;Gurû Nanak&lt;/em&gt; (1469-1539). Il est le premier d'une lignée de dix gourous dont la succession se faisait par cooptation de son prédécesseur. La lignée des gourous prend fin en 1708, lorsque le neuvième du nom, &lt;em&gt;Gobind Singh&lt;/em&gt;, désigna le livre saint, le &lt;em&gt;« Guru Granth Sahib »&lt;/em&gt; pour lui succéder. Il venait de faire de ce livre, le maître éternel du sikhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;em&gt;Une philosophie originale &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
inspirée du meilleur de l’hindouisme et de l’islam&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;Gurû Nanak,&lt;/em&gt; le premier maître, déçu par l'hindouisme et l'islam à qui il reprochait d'exacerber les haines et de générer de profondes inégalités, se serait employé, selon la légende, à ne prendre que ce qu'il estimait positif dans ces deux religions. Loin de se résumer à un simple mélange de religions, le sikhisme est une philosophie véritablement originale, qui prône la tolérance et l'égalité. Avec ses vingt-cinq millions d'adeptes dans le monde, il se place au cinquième rang des religions par le nombre de pratiquants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Malgré ces généreux préceptes, le gourou, &lt;em&gt;Gobind Singh&lt;/em&gt;, créa un ordre guerrier à la fin du XVII ème siècle pour s’opposer à l’oppression exercée par le pouvoir moghol. Cet ordre est inspiré par l'un des textes du sikhisme qui précise en substance, qu'il est légitime de tirer l'épée, si tous les recours ont été épuisés. Dès lors, le métier des armes devient une tradition. Aujourd'hui encore, nombre de Sikhs sont membres de l'armée et de la police. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au cours de l'histoire, ces fougueux combattants, cavalier émérites, qui ont également une fonction religieuse en colportant oralement les textes sacrés, se distinguèrent par leur bravoure contre les Moghols, les Afghans, puis les Anglais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Si cette philosophie tend à promouvoir un monde fraternel, cela n'a pas empêché les moines-guerriers sikhs de massacrer nombre de musulmans lors de la partition de l'Inde, après l'indépendance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;em&gt;Opération Blue star&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Le Temple d'Or a lui aussi été le théâtre d'un massacre en juin 1984, dont les Shiks ont été les victimes à leur tour. Occupé par un groupe d'indépendantistes sikhs sous les ordres de &lt;em&gt;Jarnail Singh Bhindranwale&lt;/em&gt;, après l'échec des négociations avec la Fédération indienne, l'assaut est ordonné par le premier ministre de l'époque : &lt;em&gt;Indira Gandhi&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A l'issue de la bataille, on déplore 493 tués chez les mutins, dont 100 femmes et 75 enfants. Auxquels il faut ajouter les 86 blessés qui n'ont pas été exécutés. Les militaires indiens quant à eux, auraient perdu 334 hommes, dont 86 morts et 248 blessés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le Temple d'Or souillé du sang des insurgés et profané par les bottes des assaillants, est considéré comme une insulte irréparable par les extrémistes sikhs. Cet attaque militaire appelée&lt;em&gt; « Opération Blue star »&lt;/em&gt;, ne pouvait rester impunie selon les Sikhs. Elle aura pour conséquence le 31 octobre de la même année, l'assassinat d&lt;em&gt;'Indira Gandhi&lt;/em&gt;, abattue par ses deux gardes du corps de confession sikhe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, Sikhs et Hindous ont enterré la hache de guerre et évitent d’évoquer cet épisode tragique de leur récente histoire. La raison l'a emporté face aux ressentiments. Dans leur Temple sacré, les Sikhs accueillent de nouveau tous les visiteurs, offrant le gîte et le couvert à ceux qui en font la demande. Sans distinction de statut social ou de religion. Un principe à méditer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Viki, mon ami</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4743832</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2024-02-01,post-4743832</guid>
    <pubDate>Thu, 01 Feb 2024 09:58:20 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;New-Delhi (Inde) - Je rencontre Viki pour la première fois en 2008. Il a à peine 16 ans. Il cire et répare les chaussures à l’entrée du restaurant où j’ai mes habitudes quand je suis dans le quartier de Paharganj. A l’époque, il travaillait à même le sol. Pieds-nus. Un comble pour un cordonnier. Dès que je franchissais le seuil du restaurant, il voulait systématiquement cirer mes chaussures de trek. Des chaussures en toile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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A la fin du séjour, après un long périple au Gujarat, je passais plusieurs jours à New-Delhi avant de rependre l’avion. Viki était toujours là et avait l’air content de nous revoir. Ma femme qui venait de s’acheter une paire de chaussures en cuir lui a demandé qu’il renforce les semelles. Il a fait du bon travail. Elle lui donné un gros billet. Nettement plus que ce qu’il demandait. Moi, je lui ai offert mes chaussures de marches que j’envisageais de changer. J’ai eu l’impression que je lui donnais un lingot d’or. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le gamin qui parlait plutôt bien l’anglais appris dans la rue, nous a raconté son histoire. Il avait quitté 3 ans plus tôt sa famille originaire d’Agra pour, à défaut de faire fortune, pour tenter tout simplement de gagner sa vie à Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je suis revenu en Inde l'année suivante. Il était toujours là. A mon départ, je lui ai donné 100 euros. Mauvais idée. Il s’est mis à jouer, à parier et à prendre des stupéfiants. Ses amis du quartier s’inquiétaient pour lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Quand je l'ai revu quelques mois plus tard, je lui a fait la morale sans grande conviction. Je le revoyais pratiquement chaque année et assistais impuissant à sa descente aux enfers. Je l’invitais régulièrement au restaurant qu’il puisse avoir un vrai repas, mais je ne lui donnais plus d’argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Puis en 2016, il semblait remonter la pente. Il avait trouvé un travail de manutentionnaire. Il était sorti de la drogue et commençait à mettre de l’argent de côté. Informations confirmée par l’un de ses amis chauffeur de taxi qui l’avait pris sous son aile. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il avait pour projet de devenir chauffeur de rickshaw. Sa maitrise de l’anglais lui permettrait de travailler avec les touristes. Je lui ai redonné une centaine d’euros pour l’aider à louer un rickshaw, précisant que s’il utilisait l’argent pour jouer ou se droguer, il ne faudrait plus compter sur moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cette photo a été prise l’année suivante en 2017, devant son véhicule (à droite sur la photo). Il avait tenu parole en menant son projet à terme. Il était devenu chauffeur de rickshaw. Cette année là je lui ai loué ses services pendant 3 jours. A chaque fois je lui donnais le double de la somme qu’il me demandait. Cette même année je lui ai envoyé 3 couples d’amis qui l’ont fait travailler plusieurs jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Lorsque je l’ai revu la dernière fois en octobre 2018, il ne louait plus de rickshaw et était devenu propriétaire d’un vélo-pousse, payé 500 euros d’occasion. Il m’a dit que le prix des carburants et la location du tuk-tuk l’obligeaient à travailler plus de 20 heures par jour. Et de peur qu’on ne lui vole son véhicule, il dormait dans son minuscule véhicule. Avec son vélo-pousse, même si le travail est plus pénible physiquement, il dégageait une meilleure marge. Il pouvait envoyer de l’argent à ses parents et à sa soeur restés à Agra, qu’il n’avait revus qu’une seule fois depuis 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je ne l’ai plus revu depuis 2018. Lorsque je suis passé brièvement à New-Delhi en octobre 2023, il n’était pas là. Je me suis inquiété pensant qu’il avait peut-être été victime du Covid ? Mais un de ses collègues m’a dit qu’il était reparti dans sa famille à Agra au moment de la pandémie, mais qu’il devait revenir travailler à New-Delhi. J’espère le revoir quand je retournerai en Inde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:right;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Jean-Luc Drouin&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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    <media:title>Viki, mon ami</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;New-Delhi (Inde) - Je rencontre Viki pour la première fois en 2008. Il a à peine 16 ans. Il cire et répare les chaussures à l’entrée du restaurant où j’ai mes habitudes quand je suis dans le quartier de Paharganj. A l’époque, il travaillait à même le sol. Pieds-nus. Un comble pour un cordonnier. Dès que je franchissais le seuil du restaurant, il voulait systématiquement cirer mes chaussures de trek. Des chaussures en toile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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A la fin du séjour, après un long périple au Gujarat, je passais plusieurs jours à New-Delhi avant de rependre l’avion. Viki était toujours là et avait l’air content de nous revoir. Ma femme qui venait de s’acheter une paire de chaussures en cuir lui a demandé qu’il renforce les semelles. Il a fait du bon travail. Elle lui donné un gros billet. Nettement plus que ce qu’il demandait. Moi, je lui ai offert mes chaussures de marches que j’envisageais de changer. J’ai eu l’impression que je lui donnais un lingot d’or. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le gamin qui parlait plutôt bien l’anglais appris dans la rue, nous a raconté son histoire. Il avait quitté 3 ans plus tôt sa famille originaire d’Agra pour, à défaut de faire fortune, pour tenter tout simplement de gagner sa vie à Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je suis revenu en Inde l'année suivante. Il était toujours là. A mon départ, je lui ai donné 100 euros. Mauvais idée. Il s’est mis à jouer, à parier et à prendre des stupéfiants. Ses amis du quartier s’inquiétaient pour lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Quand je l'ai revu quelques mois plus tard, je lui a fait la morale sans grande conviction. Je le revoyais pratiquement chaque année et assistais impuissant à sa descente aux enfers. Je l’invitais régulièrement au restaurant qu’il puisse avoir un vrai repas, mais je ne lui donnais plus d’argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Puis en 2016, il semblait remonter la pente. Il avait trouvé un travail de manutentionnaire. Il était sorti de la drogue et commençait à mettre de l’argent de côté. Informations confirmée par l’un de ses amis chauffeur de taxi qui l’avait pris sous son aile. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il avait pour projet de devenir chauffeur de rickshaw. Sa maitrise de l’anglais lui permettrait de travailler avec les touristes. Je lui ai redonné une centaine d’euros pour l’aider à louer un rickshaw, précisant que s’il utilisait l’argent pour jouer ou se droguer, il ne faudrait plus compter sur moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cette photo a été prise l’année suivante en 2017, devant son véhicule (à droite sur la photo). Il avait tenu parole en menant son projet à terme. Il était devenu chauffeur de rickshaw. Cette année là je lui ai loué ses services pendant 3 jours. A chaque fois je lui donnais le double de la somme qu’il me demandait. Cette même année je lui ai envoyé 3 couples d’amis qui l’ont fait travailler plusieurs jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Lorsque je l’ai revu la dernière fois en octobre 2018, il ne louait plus de rickshaw et était devenu propriétaire d’un vélo-pousse, payé 500 euros d’occasion. Il m’a dit que le prix des carburants et la location du tuk-tuk l’obligeaient à travailler plus de 20 heures par jour. Et de peur qu’on ne lui vole son véhicule, il dormait dans son minuscule véhicule. Avec son vélo-pousse, même si le travail est plus pénible physiquement, il dégageait une meilleure marge. Il pouvait envoyer de l’argent à ses parents et à sa soeur restés à Agra, qu’il n’avait revus qu’une seule fois depuis 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je ne l’ai plus revu depuis 2018. Lorsque je suis passé brièvement à New-Delhi en octobre 2023, il n’était pas là. Je me suis inquiété pensant qu’il avait peut-être été victime du Covid ? Mais un de ses collègues m’a dit qu’il était reparti dans sa famille à Agra au moment de la pandémie, mais qu’il devait revenir travailler à New-Delhi. J’espère le revoir quand je retournerai en Inde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Jean-Luc Drouin&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Les artistes de rue rendent les armes face aux promoteurs</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4743762</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2024-01-23,post-4743762</guid>
    <pubDate>Tue, 23 Jan 2024 10:47:51 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Les habitants qui cédaient aux pressions des promoteurs étaient contraints à vivre quelques temps encore sur les ruines de leur maison&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Originaires pour la plupart du Rajasthan, ces familles d’artistes vivaient ici depuis 1950. Ils étaient marionnettistes, charmeurs de serpents, avaleurs de sabres, jongleurs, magiciens, musiciens, danseurs, chanteurs, lanceurs de couteaux, cracheurs de feu… Certains étaient montreurs d'ours, jusqu'au jour où la possession d'un animal sauvage a été interdite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;Ce marionnettiste a organisé le combat contre le projet &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
de réaménagement urbain. Il a été le dernier à quitter le bidonville&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En 2010, dans le cadre un projet public-privé, de réaménagement urbain, la municipalité de Delhi à vendu à des promoteurs pour plusieurs millions d’euros, les 5 hectares de terrains où s’érigeait la colonie. Le projet prévoyait la construction 2.800 appartements dans des immeubles de dix étages. Un complexe commercial était aussi inscrit au programme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les promoteurs et le gouvernement indien promettaient d’indemniser ou de reloger les habitants de la colonie dans des appartement jugés plus salubres. Malgré la précarité du lieu la résistance s'organise dès 2014. Les manifestations qui s'en suivent sont très médiatisées. Sous la pression, les harcèlements et les menaces musclées, certaines familles ont commencé à accepter de partir. Dès qu’un accord était trouvé, le lendemain, les bulldozers entraient en action pour raser les maisonnettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Les marionnettes sont fabriquées par l'artiste lui-même et par sa femme. En Inde, le théâtre de marionnettes est un art très populaire &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les derniers opposants au projet ont dû déposer les armes, faute de combattants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, le projet immobilier est en cours d’achèvement et les habitants de la colonie de Kathputli qui sont éligibles ont commencé à être relogés dans une tour qui leur est dédiée, selon un article du Time of India en date du 5 Octobre 2023.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En 2017, par l’intermédiaire d’un ami commun, une famille d’une lignée de huit générations de marionnettistes avait accepté de me recevoir chez elle pour m’accorder une interview sur la situation de la colonie. La famille fabriquait elle-même ses marionnettes en bois et en soie avec lesquelles elle se produit dans les rues et sur scène. Afin d’améliorer son ordinaire, elle les vendait également aux touristes. Malgré les apparences, l’homme sur la photo - l’un des leaders de l’opposition au projet-, est un marionnettiste de renom qui a été invité à se produire à plusieurs reprises dans des festivals en France et en Suisse.&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Les artistes de rue rendent les armes face aux promoteurs</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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Originaires pour la plupart du Rajasthan, ces familles d’artistes vivaient ici depuis 1950. Ils étaient marionnettistes, charmeurs de serpents, avaleurs de sabres, jongleurs, magiciens, musiciens, danseurs, chanteurs, lanceurs de couteaux, cracheurs de feu… Certains étaient montreurs d'ours, jusqu'au jour où la possession d'un animal sauvage a été interdite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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de réaménagement urbain. Il a été le dernier à quitter le bidonville&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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En 2010, dans le cadre un projet public-privé, de réaménagement urbain, la municipalité de Delhi à vendu à des promoteurs pour plusieurs millions d’euros, les 5 hectares de terrains où s’érigeait la colonie. Le projet prévoyait la construction 2.800 appartements dans des immeubles de dix étages. Un complexe commercial était aussi inscrit au programme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les promoteurs et le gouvernement indien promettaient d’indemniser ou de reloger les habitants de la colonie dans des appartement jugés plus salubres. Malgré la précarité du lieu la résistance s'organise dès 2014. Les manifestations qui s'en suivent sont très médiatisées. Sous la pression, les harcèlements et les menaces musclées, certaines familles ont commencé à accepter de partir. Dès qu’un accord était trouvé, le lendemain, les bulldozers entraient en action pour raser les maisonnettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Les marionnettes sont fabriquées par l'artiste lui-même et par sa femme. En Inde, le théâtre de marionnettes est un art très populaire &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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Les derniers opposants au projet ont dû déposer les armes, faute de combattants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, le projet immobilier est en cours d’achèvement et les habitants de la colonie de Kathputli qui sont éligibles ont commencé à être relogés dans une tour qui leur est dédiée, selon un article du Time of India en date du 5 Octobre 2023.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En 2017, par l’intermédiaire d’un ami commun, une famille d’une lignée de huit générations de marionnettistes avait accepté de me recevoir chez elle pour m’accorder une interview sur la situation de la colonie. La famille fabriquait elle-même ses marionnettes en bois et en soie avec lesquelles elle se produit dans les rues et sur scène. Afin d’améliorer son ordinaire, elle les vendait également aux touristes. Malgré les apparences, l’homme sur la photo - l’un des leaders de l’opposition au projet-, est un marionnettiste de renom qui a été invité à se produire à plusieurs reprises dans des festivals en France et en Suisse.&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Les glaneurs de charbon du Dhanbad</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4743392</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2023-10-23,post-4743392</guid>
    <pubDate>Mon, 23 Oct 2023 16:54:01 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Jharia (Inde) – Le site minier de Jharia est l'une des plus importantes mines de charbon à ciel ouvert de la région du Dhanbad. C'était ma destination initiale pour réaliser mon reportage. J’ai pu passer sans trop de difficultés les différents contrôles, en échange de quelques cigarettes offertes aux policiers, militaires et vigiles qui filtrent les différents accès à la mine. J’ai aussi dû accepter plusieurs selfies. Un étranger ici, on n’en voit jamais. Pour les Indiens, ça mérite une photo. En me laissant l’accès libre, on me précise cependant que si je peux photographier les engins mécaniques en action, en revanche, il est strictement interdit de braquer mon objectif sur les travailleurs clandestins qui tentent illégalement de récupérer quelques blocs de charbon pour les revendre en ville. Leur seul moyen de subsistance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si les illégaux sont plus ou moins tolérés à Jharia, c’est que les services de sécurité n’ont pas envie de passer leur temps à leur courir derrière. De là à autoriser un journaliste à leur faire de la « publicité », pas question ! Je me dis intérieurement "cause toujours, quand je serai sur le site, j’aurai bien l’occasion de photographier ces glaneurs de charbon".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au début j’avance au milieu de gigantesques camions miniers qui circulent en tous sens et à vive allure. Ils arrivent du cœur du site d’excavation et déversent leur chargement de charbon un peu n’importe où. En tout cas, c'est ce que je crois. Quelques instants plus tard, des pelleteuses se mettent en action pour charger le minerai à peine déversé au sol, en remplissant les bennes de camions de moindre taille. Ce sont ces véhicules qui achemineront le minerai noir vers une plateforme ferroviaire. De là, le précieux et polluant minerai sera expédié dans tout le pays et à l’exportation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je poursuis tant bien que mal ma progression en zigzagant entre les monstrueux camions miniers qui me semblent aussi hauts qu’un immeuble de trois étages. Quinze minutes plus tard, j’aperçois sur un monticule mes premiers mineurs clandestins. Ce sont des enfants et des adolescents. Ils descendent du monticule minéral en courant, s’emparent d’un bloc de charbon au sol, le posent avec précipitation sur leur tête et remontent aussi vite qu'ils sont venus. Je fais une première photo. Je suis un peu loin et cette image, grâce à un ciel nuageux et dramatique, est plus proche du paysage que de la photo humaniste que j'affectionne et que je recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Plus haut, d’autres illégaux semblent avoir des pioches et tentent d’arracher du minerai. Je me dirige vers eux. Sans me précipiter pour ne pas attirer l’attention. Ils sont tentés de s’enfuir, mais mon interprète, dont j’ai loué les services et qui m’accompagne depuis Varanasi, les en dissuade. Il affirme qu’ils n’ont rien à craindre de moi. Je m’apprête à prendre des photos de ces enfants qui prennent la pose, quand une voix autoritaire m’arrête dans mon élan. Je me retourne et vois un homme en civil descendre de sa moto. Mon interprète traduit « il ne veut pas que tu les prennes en photo ». J'avais compris au ton de sa voix et à son attitude martiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Avec l'arrivée inopinée de cet homme, les enfants se sont enfuis comme une volée de moineaux. Je ne les reverrai pas. L’homme s’approche d'un pas décidé tout en s'adressant à moi dans un mélange d’hindi et d’anglais. Je comprends le sens de son propos, mais Pappu, mon interprète, apporte des précisions : "il est contremaître. Il sait que tu as l’autorisation de photographier l’exploitation officielle avec les engins mécaniques, mais il ne veut pas qu’on expose la misère des illégaux. Cette misère nuit à l’image des compagnies minières. Tu m'étonnes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Avant que je ne reprenne le chemin en sens inverse, contre toute attente le contremaître qui s’était montré intraitable me demande – ou plutôt m’impose – un selfie où nous apparaîtrons en nous serrant la main. Incompréhensible. Il repart satisfait. Moi pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Des maladies respiratoires chroniques,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
toujours mortelles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Cette interdiction formelle de photographier ces travailleurs clandestins qui résident aux abords des mines ne date que de quelques années seulement ; depuis que certains villages ont commencé à se révolter. Tous les habitants souffrent ou souffriront de maladies respiratoires chroniques allant de l’asthme au cancer. Sans parler des problèmes physiques, musculaires et articulaires, liés au port de charges lourdes comme des blocs de charbon sur la tête, pouvant dépasser les 50 kilos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Déménager ? Pour aller où quand on n’a pas d’argent et qu’on a passé sa vie à ramasser du minerai ? Il faut bien vivre et le charbon reste à portée de main. Alors les illégaux et leurs familles manifestent régulièrement pour demander des indemnisations aux compagnies minières afin qu’ils puissent se soigner. En vain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Moi, je quitte le site de Jharia, d’autant que la pluie menace et que le jour décline. Je n’y reviendrai pas. Trop compliqué pour travailler sereinement et je n’ai pas envie de jouer à cache-cache avec les services de sécurité. Et puis des mines à ciel ouvert, il y en a des centaines dans la région. Non loin de la ville de Dhanbad, sur le bord de la route en me dirigeant vers Jharia, j’ai vu des villages jouxtant d’autres sites de moindre importance. Il y a fort à parier que ces villageois sont aussi des glaneurs de charbon. J’en parle à mon interprète qui traduit mon propos à notre chauffeur de tuk-tuk dont nous nous sommes assurés les services à la journée. Ça tombe bien, il a un ami qui a un poste à responsabilité dans une autre mine. Il insiste pour qu’on s’y arrête avant de nous déposer à l’hôtel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Là, l’accueil est chaleureux. L’ami du chauffeur est responsable de la circulation des camions sur le site. Il me présente à tout ce que la mine compte de petits chefs. Je dois une nouvelle fois sacrifier au rite des selfies à répétition. Pendant qu’un contremaître me photographie à ses côtés avec son smartphone, je vois Pappu, mon interprète, discuter en aparté avec le chauffeur de tuk-tuk et son ami salarié de la compagnie minière. Quand Pappu revient vers moi, il me dit avec un large sourire, qu’ici on veut bien que je photographie les illégaux. Inespéré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Rendez-vous est pris pour le lendemain matin car il fait déjà presque nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
De retour sur le site minier tôt dans la matinée, je veux comprendre pourquoi ici on m’autorise à photographier les glaneurs de charbon ? J’apprends qu’à la suite des manifestations de villageois, quelques chefs d’équipe ont pris l’initiative de passer un accord avec les illégaux du secteur. Ils les font travailler gratuitement pendant 5 heures par jour pour charger dans des camions des blocs de charbon qui passent entre les mailles des engins mécaniques. Moyennant quoi, ils ont le droit de récupérer des miettes de charbon le reste de la journée. Un accord gagnant-gagnant, dit en substance un contremaître. Et en Inde comme en Occident, dans un accord gagnant-gagnant, il y en a toujours un pour qui l’accord est plus profitable. Cherchez l’erreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Luc Drouin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Les glaneurs de charbon du Dhanbad</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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Jharia (Inde) – Le site minier de Jharia est l'une des plus importantes mines de charbon à ciel ouvert de la région du Dhanbad. C'était ma destination initiale pour réaliser mon reportage. J’ai pu passer sans trop de difficultés les différents contrôles, en échange de quelques cigarettes offertes aux policiers, militaires et vigiles qui filtrent les différents accès à la mine. J’ai aussi dû accepter plusieurs selfies. Un étranger ici, on n’en voit jamais. Pour les Indiens, ça mérite une photo. En me laissant l’accès libre, on me précise cependant que si je peux photographier les engins mécaniques en action, en revanche, il est strictement interdit de braquer mon objectif sur les travailleurs clandestins qui tentent illégalement de récupérer quelques blocs de charbon pour les revendre en ville. Leur seul moyen de subsistance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si les illégaux sont plus ou moins tolérés à Jharia, c’est que les services de sécurité n’ont pas envie de passer leur temps à leur courir derrière. De là à autoriser un journaliste à leur faire de la « publicité », pas question ! Je me dis intérieurement "cause toujours, quand je serai sur le site, j’aurai bien l’occasion de photographier ces glaneurs de charbon".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au début j’avance au milieu de gigantesques camions miniers qui circulent en tous sens et à vive allure. Ils arrivent du cœur du site d’excavation et déversent leur chargement de charbon un peu n’importe où. En tout cas, c'est ce que je crois. Quelques instants plus tard, des pelleteuses se mettent en action pour charger le minerai à peine déversé au sol, en remplissant les bennes de camions de moindre taille. Ce sont ces véhicules qui achemineront le minerai noir vers une plateforme ferroviaire. De là, le précieux et polluant minerai sera expédié dans tout le pays et à l’exportation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je poursuis tant bien que mal ma progression en zigzagant entre les monstrueux camions miniers qui me semblent aussi hauts qu’un immeuble de trois étages. Quinze minutes plus tard, j’aperçois sur un monticule mes premiers mineurs clandestins. Ce sont des enfants et des adolescents. Ils descendent du monticule minéral en courant, s’emparent d’un bloc de charbon au sol, le posent avec précipitation sur leur tête et remontent aussi vite qu'ils sont venus. Je fais une première photo. Je suis un peu loin et cette image, grâce à un ciel nuageux et dramatique, est plus proche du paysage que de la photo humaniste que j'affectionne et que je recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Plus haut, d’autres illégaux semblent avoir des pioches et tentent d’arracher du minerai. Je me dirige vers eux. Sans me précipiter pour ne pas attirer l’attention. Ils sont tentés de s’enfuir, mais mon interprète, dont j’ai loué les services et qui m’accompagne depuis Varanasi, les en dissuade. Il affirme qu’ils n’ont rien à craindre de moi. Je m’apprête à prendre des photos de ces enfants qui prennent la pose, quand une voix autoritaire m’arrête dans mon élan. Je me retourne et vois un homme en civil descendre de sa moto. Mon interprète traduit « il ne veut pas que tu les prennes en photo ». J'avais compris au ton de sa voix et à son attitude martiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Avec l'arrivée inopinée de cet homme, les enfants se sont enfuis comme une volée de moineaux. Je ne les reverrai pas. L’homme s’approche d'un pas décidé tout en s'adressant à moi dans un mélange d’hindi et d’anglais. Je comprends le sens de son propos, mais Pappu, mon interprète, apporte des précisions : "il est contremaître. Il sait que tu as l’autorisation de photographier l’exploitation officielle avec les engins mécaniques, mais il ne veut pas qu’on expose la misère des illégaux. Cette misère nuit à l’image des compagnies minières. Tu m'étonnes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Avant que je ne reprenne le chemin en sens inverse, contre toute attente le contremaître qui s’était montré intraitable me demande – ou plutôt m’impose – un selfie où nous apparaîtrons en nous serrant la main. Incompréhensible. Il repart satisfait. Moi pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Cette interdiction formelle de photographier ces travailleurs clandestins qui résident aux abords des mines ne date que de quelques années seulement ; depuis que certains villages ont commencé à se révolter. Tous les habitants souffrent ou souffriront de maladies respiratoires chroniques allant de l’asthme au cancer. Sans parler des problèmes physiques, musculaires et articulaires, liés au port de charges lourdes comme des blocs de charbon sur la tête, pouvant dépasser les 50 kilos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Déménager ? Pour aller où quand on n’a pas d’argent et qu’on a passé sa vie à ramasser du minerai ? Il faut bien vivre et le charbon reste à portée de main. Alors les illégaux et leurs familles manifestent régulièrement pour demander des indemnisations aux compagnies minières afin qu’ils puissent se soigner. En vain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Moi, je quitte le site de Jharia, d’autant que la pluie menace et que le jour décline. Je n’y reviendrai pas. Trop compliqué pour travailler sereinement et je n’ai pas envie de jouer à cache-cache avec les services de sécurité. Et puis des mines à ciel ouvert, il y en a des centaines dans la région. Non loin de la ville de Dhanbad, sur le bord de la route en me dirigeant vers Jharia, j’ai vu des villages jouxtant d’autres sites de moindre importance. Il y a fort à parier que ces villageois sont aussi des glaneurs de charbon. J’en parle à mon interprète qui traduit mon propos à notre chauffeur de tuk-tuk dont nous nous sommes assurés les services à la journée. Ça tombe bien, il a un ami qui a un poste à responsabilité dans une autre mine. Il insiste pour qu’on s’y arrête avant de nous déposer à l’hôtel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Là, l’accueil est chaleureux. L’ami du chauffeur est responsable de la circulation des camions sur le site. Il me présente à tout ce que la mine compte de petits chefs. Je dois une nouvelle fois sacrifier au rite des selfies à répétition. Pendant qu’un contremaître me photographie à ses côtés avec son smartphone, je vois Pappu, mon interprète, discuter en aparté avec le chauffeur de tuk-tuk et son ami salarié de la compagnie minière. Quand Pappu revient vers moi, il me dit avec un large sourire, qu’ici on veut bien que je photographie les illégaux. Inespéré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Rendez-vous est pris pour le lendemain matin car il fait déjà presque nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
De retour sur le site minier tôt dans la matinée, je veux comprendre pourquoi ici on m’autorise à photographier les glaneurs de charbon ? J’apprends qu’à la suite des manifestations de villageois, quelques chefs d’équipe ont pris l’initiative de passer un accord avec les illégaux du secteur. Ils les font travailler gratuitement pendant 5 heures par jour pour charger dans des camions des blocs de charbon qui passent entre les mailles des engins mécaniques. Moyennant quoi, ils ont le droit de récupérer des miettes de charbon le reste de la journée. Un accord gagnant-gagnant, dit en substance un contremaître. Et en Inde comme en Occident, dans un accord gagnant-gagnant, il y en a toujours un pour qui l’accord est plus profitable. Cherchez l’erreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Jean-Luc Drouin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Périple à la malgache au royaume de Siam</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4741886</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2023-04-08,post-4741886</guid>
    <pubDate>Sat, 08 Apr 2023 14:03:27 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;u&gt;Ce bus est neuf et bien entretenu, contrairement à celui que j'ai emprunté&lt;/u&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:xx-small;"&gt;&lt;u&gt;. &lt;/u&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bien entendu, mon bus est arrivé avec une heure de retard. Quand je l’ai vu, j’ai cru être de retour à Madagascar. Ou à une mauvaise blague. On aurait dit un énorme taxi de brousse complètement déglingué. Il manquait plusieurs morceaux de la carrosserie et ce qui en restait, n’était que rafistolage. Le pire bus de ceux que je venais de voir passer dans la gare routière depuis plus d’une heure. Je me suis dit que si le moteur était dans le même état de vétusté, ou les 10 h de voyage annoncées joueraient les prolongations, ou bien il rendrait l’âme avant la fin du voyage. L’histoire démontrera que mes craintes étaient fondées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dès que le bus a démarré et que le chauffeur à enclenché la seconde, la boîte de vitesse s’est mise à craquer pendant plus de dix secondes. C'est long des pignons de boîte qui grincent pendant plus de dix secondes. Un vrai râle d’agonie. J’ai bien cru que le voyage allait se terminer avant d’avoir commencé. Finalement il a pu s’élancer. Ce qui ne me rassurait pas pour autant, car plusieurs centaines de kilomètres nous séparaient du terminus. Heureusement, les sièges eux, étaient relativement confortables avec assez d'espace pour ne pas se retrouver avec les genoux sous le menton. J’ai connu ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Moi qui connaissais la Thaïlande pour la qualité de ses transports, la crise est passée par là. Le pays a terriblement souffert des effets de la pandémie. On n’invertit plus, on n’entretient plus. On fait durer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les interminables bouchons pour sortir de Bangkok ont un temps occulté ce que j’avais soupçonné au départ. Le moteur était rincé, à l’instar de la carrosserie. Au bout d’une heure trente, après être sorti des embouteillages, le bus en pleine ligne droite, roulait à peine plus vite. Les reprises se faisaient difficilement. Bien lancé, il plafonnait à cinquante km/h. Soixante-dix... dans les descentes. Il aurait pu être un peu plus rapide, mais les freins étaient peu efficaces pour un freinage d’urgence. C’est le chauffeur avec qui j’ai sympathisé, qui m’a avoué plus tard, qu’il préférait appliquer ce principe de précaution. Sage décision. Sans compter que les sinistres craquements, accompagnés de mouvements d'oscillation, proches du roulis d'un navire, laissaient présager qu'un logeron pouvait cèder à tout moment. Au mieux, les amortisseurs étaient morts. Moi, je pense que c'était tous ces symptômes à la fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après trois heures de route et une petite centaine de kilomètres plus loin, premier arrêt pour que les voyageurs puissent se restaurer. Quand je suis descendu, j’ai vu un énorme nuage de vapeur s’échapper du moteur à l’arrière. "&lt;em&gt;Ça y est !&lt;/em&gt; me suis-je dit, &lt;em&gt;le radiateur a rendu l’âme&lt;/em&gt; ». Pas du tout ! C‘était l’assistant du chauffeur qui aspergeait le moteur avec un jet d’eau pour le refroidir. Peu conventionnel et encore moins efficace, à mon avis, pour un moteur en phase terminale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A voir ma tête, le chauffeur a éclaté de rire. « &lt;em&gt;Ne t’inquiète pas, on devrait arriver à destination&lt;/em&gt; » dit-il pour me rassurer. La traduction est approximative, mais l’emploi du conditionnel était induit dans son propos et surtout dans son regard. Pas de quoi me réconforter. Bien au contraire. Même si nous arrivions à Ubon-Ratchathani, n’ayant pas réservé, je n’étais pas certain de trouver une chambre d'hôtel libre en pleine nuit. Ici, en Thaïlande, ce sont le vacances scolaires et le habitants de Bangkok retournent souvent dans leurs familles en province. Si j’avais opté pour le bus, c’est que tous les trains étaient complets sur plusieurs jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Ce qui devait arriver, arriva !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Plus nous avancions, plus la progression se faisait plus lente. A chaque changement de vitesse, on perdait de la puissance. J’ai été définitivement convaincu que les choses allaient mal finir, quand nous avons attaqué une petite montagne. Dans la montée, sur 10 kilomètres, nous ne dépassions pas les 20 km/h. A en croire compteur du véhicule. Moi, j’étais convaincu que le compteur mentait et qu’on roulait à moins de 10km/h. On aurait pu cueillir des fleurs sur la bas côté de la route tout en roulant. Le tout était désormais de savoir quand le moteur allaient définitivement rendre l’âme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
C’est arrivé alors que nous roulions depuis plus de 15 heures. Quand le bus s’est arrêté, m’étant habitué à ce "train de sénateur", je croyais naïvement que nous étions arrivés. Ne parlant pas le thaï, le chauffeur, le seul à parler quelques mots d’anglais, est venu me dire que nous changions de bus. Il m’indiquait avec une pointe d’humour, que le sien ne respecterait pas l’horaire. Je m’en étais douté. Nous avions déjà 5 heures de retard. Et il nous restait une bonne soixantaine de kilomètres à parcourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En guise de bus de remplacement, c’est un mini-van de luxe, offert par la compagnie (c'est la moindre des choses), qui allait prendre en charge les six derniers passagers. Tous les autres étaient descendus dans les différentes stations sur notre route. Vous l’aviez compris, ce n’était pas un bus express.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Finalement tout est bien qui finit bien. A la gare routière de Ubon-Ratchathani, un taxi nous a conduit à l’hôtel que j’avais choisi et il y avait des chambres libres avec un excellent rapport qualité-prix. Pour se remettre de ce périple épuisant, mais pas si terrible que ça - j’en ai vu d’autres -, nous avons décidé de rester trois jours à Ubon-Ratchathani. Le Laos peut attendre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Périple à la malgache au royaume de Siam</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;u&gt;Ce bus est neuf et bien entretenu, contrairement à celui que j'ai emprunté&lt;/u&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:xx-small;"&gt;&lt;u&gt;. &lt;/u&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bien entendu, mon bus est arrivé avec une heure de retard. Quand je l’ai vu, j’ai cru être de retour à Madagascar. Ou à une mauvaise blague. On aurait dit un énorme taxi de brousse complètement déglingué. Il manquait plusieurs morceaux de la carrosserie et ce qui en restait, n’était que rafistolage. Le pire bus de ceux que je venais de voir passer dans la gare routière depuis plus d’une heure. Je me suis dit que si le moteur était dans le même état de vétusté, ou les 10 h de voyage annoncées joueraient les prolongations, ou bien il rendrait l’âme avant la fin du voyage. L’histoire démontrera que mes craintes étaient fondées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dès que le bus a démarré et que le chauffeur à enclenché la seconde, la boîte de vitesse s’est mise à craquer pendant plus de dix secondes. C'est long des pignons de boîte qui grincent pendant plus de dix secondes. Un vrai râle d’agonie. J’ai bien cru que le voyage allait se terminer avant d’avoir commencé. Finalement il a pu s’élancer. Ce qui ne me rassurait pas pour autant, car plusieurs centaines de kilomètres nous séparaient du terminus. Heureusement, les sièges eux, étaient relativement confortables avec assez d'espace pour ne pas se retrouver avec les genoux sous le menton. J’ai connu ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Moi qui connaissais la Thaïlande pour la qualité de ses transports, la crise est passée par là. Le pays a terriblement souffert des effets de la pandémie. On n’invertit plus, on n’entretient plus. On fait durer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les interminables bouchons pour sortir de Bangkok ont un temps occulté ce que j’avais soupçonné au départ. Le moteur était rincé, à l’instar de la carrosserie. Au bout d’une heure trente, après être sorti des embouteillages, le bus en pleine ligne droite, roulait à peine plus vite. Les reprises se faisaient difficilement. Bien lancé, il plafonnait à cinquante km/h. Soixante-dix... dans les descentes. Il aurait pu être un peu plus rapide, mais les freins étaient peu efficaces pour un freinage d’urgence. C’est le chauffeur avec qui j’ai sympathisé, qui m’a avoué plus tard, qu’il préférait appliquer ce principe de précaution. Sage décision. Sans compter que les sinistres craquements, accompagnés de mouvements d'oscillation, proches du roulis d'un navire, laissaient présager qu'un logeron pouvait cèder à tout moment. Au mieux, les amortisseurs étaient morts. Moi, je pense que c'était tous ces symptômes à la fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après trois heures de route et une petite centaine de kilomètres plus loin, premier arrêt pour que les voyageurs puissent se restaurer. Quand je suis descendu, j’ai vu un énorme nuage de vapeur s’échapper du moteur à l’arrière. "&lt;em&gt;Ça y est !&lt;/em&gt; me suis-je dit, &lt;em&gt;le radiateur a rendu l’âme&lt;/em&gt; ». Pas du tout ! C‘était l’assistant du chauffeur qui aspergeait le moteur avec un jet d’eau pour le refroidir. Peu conventionnel et encore moins efficace, à mon avis, pour un moteur en phase terminale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A voir ma tête, le chauffeur a éclaté de rire. « &lt;em&gt;Ne t’inquiète pas, on devrait arriver à destination&lt;/em&gt; » dit-il pour me rassurer. La traduction est approximative, mais l’emploi du conditionnel était induit dans son propos et surtout dans son regard. Pas de quoi me réconforter. Bien au contraire. Même si nous arrivions à Ubon-Ratchathani, n’ayant pas réservé, je n’étais pas certain de trouver une chambre d'hôtel libre en pleine nuit. Ici, en Thaïlande, ce sont le vacances scolaires et le habitants de Bangkok retournent souvent dans leurs familles en province. Si j’avais opté pour le bus, c’est que tous les trains étaient complets sur plusieurs jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Ce qui devait arriver, arriva !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Plus nous avancions, plus la progression se faisait plus lente. A chaque changement de vitesse, on perdait de la puissance. J’ai été définitivement convaincu que les choses allaient mal finir, quand nous avons attaqué une petite montagne. Dans la montée, sur 10 kilomètres, nous ne dépassions pas les 20 km/h. A en croire compteur du véhicule. Moi, j’étais convaincu que le compteur mentait et qu’on roulait à moins de 10km/h. On aurait pu cueillir des fleurs sur la bas côté de la route tout en roulant. Le tout était désormais de savoir quand le moteur allaient définitivement rendre l’âme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
C’est arrivé alors que nous roulions depuis plus de 15 heures. Quand le bus s’est arrêté, m’étant habitué à ce "train de sénateur", je croyais naïvement que nous étions arrivés. Ne parlant pas le thaï, le chauffeur, le seul à parler quelques mots d’anglais, est venu me dire que nous changions de bus. Il m’indiquait avec une pointe d’humour, que le sien ne respecterait pas l’horaire. Je m’en étais douté. Nous avions déjà 5 heures de retard. Et il nous restait une bonne soixantaine de kilomètres à parcourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En guise de bus de remplacement, c’est un mini-van de luxe, offert par la compagnie (c'est la moindre des choses), qui allait prendre en charge les six derniers passagers. Tous les autres étaient descendus dans les différentes stations sur notre route. Vous l’aviez compris, ce n’était pas un bus express.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Finalement tout est bien qui finit bien. A la gare routière de Ubon-Ratchathani, un taxi nous a conduit à l’hôtel que j’avais choisi et il y avait des chambres libres avec un excellent rapport qualité-prix. Pour se remettre de ce périple épuisant, mais pas si terrible que ça - j’en ai vu d’autres -, nous avons décidé de rester trois jours à Ubon-Ratchathani. Le Laos peut attendre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Solidarité avec l’Ukraine</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4739604</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2022-06-08,post-4739604</guid>
    <pubDate>Wed, 08 Jun 2022 09:54:11 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il m’était devenu insupportable de rester spectateur passif devant les images de cette guerre. Certes, dès la première heure, de nombreux convois humanitaires s’étaient déjà rendus aux différentes frontières européennes avec l’Ukraine. Charger un Renault trafic de matériel de première nécessité pouvait sembler dérisoire face à l’aide internationale. Participer à ce vaste mouvement de solidarité n’allait pas changer le cours du conflit, mais je voulais agir à mon niveau. Une mission pour laquelle j’ai proposé à mon ami Alain Lefebvre de m’accompagner. Il a accepté et l’opération a été montée en 10 jours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai eu plusieurs expériences de missions humanitaires où nous avions emporté tout et n’importe quoi dont les populations que nous voulions aider, n’avaient pas besoin. Là, il fallait aller à l’essentiel en récupérant des médicaments, du matériel paramédical et des produits d’hygiène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques coups de téléphone plus tard, une partie du chargement était trouvée grâce à nos contacts et au Club de la presse de Normandie. Mais le plus gros du chargement a été fourni par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 76) qui centralise l’aide humanitaire pour l’Ukraine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;Alain réorganise le chargement après avoir donné 20 kilos de compresses strériles à la Croix rouge internationale du poste frontière&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
10 mai 2022, 7h du matin - Le véhicule chargé de 600 kg de matériel, prend la route de Vysné Nemecké en Slovaquie, poste frontière avec l’Ukraine. Deux jours de route, 2000 km après avoir traversé la France, l’Allemagne, la Tchéquie et la Slovaquie… Nous sommes enfin sur place. Notre contact est un médecin anglais. Manque de chance, il est reparti à Londres. Le médecin qui le remplace ne veut pas de nos médicaments, prétextant qu’il en a trop ! Moment de solitude. J’envisage déjà d’avoir fait ce voyage pour jeter plusieurs centaines de kilos d’aide humanitaire dans une benne à ordures. Un comble. Finalement, en discutant avec les responsables de la Croix Rouge internationale, ils acceptent une vingtaine de kilos de compresses stériles et de pansements contenus dans deux énormes sacs. Vingt kilos de compresses, ça fait du volume malgré tout. Nous ne serons pas venus pour rien. Ou presque. Ça m’aurait cependant couté moins cher de les envoyer par Chronopost.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Heureusement, plus tard dans la journée, lorsque nous somme allés au Camp de Transit de Michalovce à 20 km à l’Ouest de la frontière, les ONG et la Sécurité civile ont accepté tout le chargement. Ouf !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;On se demande si on a tout compris ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Retour au poste frontière, au moment où je suis un peu désespéré du peu de cas fait par le médecin de permanence pour mes médicaments. Puisque nous sommes là, avec Alain nous décidons, malgré tout, de commencer à faire des photos. Quelques rares réfugiés qui sont arrivés dans la nuit attendent le départ du car qui sert de navette pour les acheminer au camp de transit où ils pourront demander à bénéficier de l’aide internationale pour rejoindre un pays européen de leur choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques photos plus tard, j’aperçois deux adultes et deux enfants, qui s’apprêtent à monter dans une voiture. Je pense naturellement que des amis sont venus les chercher. Je demande à la mère qui parle quelques mots d’anglais, s’ils sont réfugiés ? Elle répond par l’affirmative.  : « Vous aller en Allemagne ou en Autriche ? ». « Non, me répond-t-elle, nous retournons en Ukraine » (!!!???). Je me demande si j’ai bien compris. « Oui, poursuit-elle en voyant mon étonnement, les Russes ont quitté la région où nous avons notre maison. Ils attaquent le Donbass maintenant à l’autre bout de l’Ukraine à plusieurs centaines de kilomètres, alors nous retournons chez nous. » J’en viens à me demander ce que je fais à ce poste frontière à 2.000 km de chez moi ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Dès la frontière passée, les réfugiés reçoivent les premières informations pour la suite de leur voyage vers le pays d'accueil de leur choix&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les deux jours de voyage avec seulement 4 heures de sommeil, coincé sous le volant de mon véhicule utilitaire auraient-ils altéré ma perception de la situation ? C’est à ce moment qu’Alain vient me sortir de ma torpeur en m'annonçant que la frontière vient d’ouvrir et que des réfugiés arrivent. Ah ! Tous les Ukrainiens ne rentrent donc pas tous chez eux. Il y en a encore qui fuient leur pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si j’étais arrivé à la frontière et qu’on m’apprenne que les Russes ont cessé la guerre, j’aurais compris. J’aurais surtout été ravi pour les Ukrainiens et j’aurais fait la fête avec eux. Là, j’aurais tenu un bon reportage. Mais à peine arrivé on me dit qu’on ne veut pas de mon aide humanitaire et les premiers réfugiés que je rencontre rentrent chez eux… Il y a de quoi être déboussolé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Chaque jour 100 à 200 réfugiés &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
franchissent encore la frontière slovaque&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques réfugiés, seuls ou en famille, franchissent la frontière à pied. Rien à voir avec l’afflux vus les semaines précédentes sur les chaines d’information. Non, ils arrivent au compte-goutte. Mais comme je viens de l’apprendre, la guerre s’est déplacée à l’Est de l’Ukraine, il est donc logique que les Ukrainiens soient moins nombreux à fuir leur pays. Depuis, j’ai appris que sur 6 millions d’expatriés, un million de réfugiés sont déjà retournés en Ukraine. Mais à ce moment, au poste frontière, ce n’est que le début du processus de retour pour ceux qui résident dans des régions délaissées par les Russes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les réfugiés qui arrivent en Slovaquie, passent devant moi avec leurs valises à roulettes ou leurs sacs à dos. Ils sont aussitôt accueillis par le Haut comité pour les réfugiés (HCR) qui leur explique que les démarches ont été simplifiées à l’extrême pour être pris en charge, afin de rejoindre le pays de leur choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si les Ukrainiens sont moins nombreux à fuir, ils sont encore 100 à 200 quotidiennement à passer en Slovaquie pour rejoindre le Camp de transit de Michalovce, seul habilité pour faire bénéficier les réfugiés d’une prise en charge officielle et gratuite. Ici, l’Allemagne où se trouve une importante communauté ukrainienne, arrive en tête des demandes d’asile. Une simple carte d’identité Ukrainienne suffit. La Sécurité civile slovaque se charge d’enregistrer les demandes des Ukrainiens et de les acheminer jusqu’à la gare. Des bénévoles sont aussi dans la gare et les trains pour les assister et servir d’interprètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Maksim, l'un des responsables de l'accueil du camp de transit de Michalovce&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pendant les deux jours passés à Michalovce, Maksim, l’un des responsables de l’accueil du camp de transit a été notre contact. « Vous seriez venus il y a encore 3 semaines, l’enregistrement fonctionnait 24h/24, me dit-il. Les Ukrainiens qui arrivaient par milliers aux postes frontières de l’Europe, avaient tous été témoins ou victimes des bombardements. Nombreux étaient ceux qui avaient perdu un ou plusieurs proches. Tous souffraient de syndromes post-traumatiques. La cellule psychologique du camp ne désemplissait pas ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au début de la crise, les permanents de la Sécurité civiles, les ONG et les bénévoles sont restés plus d’un mois au camp de transit sans rentrer chez eux. Ils dormaient sur place. « Nous accueillions à cette époque, plus de 1.000 réfugiés par jour. Aujourd’hui, c’est plus calme. La nuit il n’y a qu’une permanence et un réfugié qui arrive ici, se retrouve dans le train en moins de 3 heures. Mais nous restons mobilisés, car lorsque le Donbass sera tombé, les Russes seront peut-être tentés de revenir aux portes de l’Union européenne ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si aux frontières de l’Union européenne on observe une accalmie, la guerre est loin d’être terminée. Et comme Poutine est imprévisible, l’afflux de réfugiés pourrait reprendre à tout moment.&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Solidarité avec l’Ukraine</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il m’était devenu insupportable de rester spectateur passif devant les images de cette guerre. Certes, dès la première heure, de nombreux convois humanitaires s’étaient déjà rendus aux différentes frontières européennes avec l’Ukraine. Charger un Renault trafic de matériel de première nécessité pouvait sembler dérisoire face à l’aide internationale. Participer à ce vaste mouvement de solidarité n’allait pas changer le cours du conflit, mais je voulais agir à mon niveau. Une mission pour laquelle j’ai proposé à mon ami Alain Lefebvre de m’accompagner. Il a accepté et l’opération a été montée en 10 jours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai eu plusieurs expériences de missions humanitaires où nous avions emporté tout et n’importe quoi dont les populations que nous voulions aider, n’avaient pas besoin. Là, il fallait aller à l’essentiel en récupérant des médicaments, du matériel paramédical et des produits d’hygiène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques coups de téléphone plus tard, une partie du chargement était trouvée grâce à nos contacts et au Club de la presse de Normandie. Mais le plus gros du chargement a été fourni par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 76) qui centralise l’aide humanitaire pour l’Ukraine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;Alain réorganise le chargement après avoir donné 20 kilos de compresses strériles à la Croix rouge internationale du poste frontière&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
10 mai 2022, 7h du matin - Le véhicule chargé de 600 kg de matériel, prend la route de Vysné Nemecké en Slovaquie, poste frontière avec l’Ukraine. Deux jours de route, 2000 km après avoir traversé la France, l’Allemagne, la Tchéquie et la Slovaquie… Nous sommes enfin sur place. Notre contact est un médecin anglais. Manque de chance, il est reparti à Londres. Le médecin qui le remplace ne veut pas de nos médicaments, prétextant qu’il en a trop ! Moment de solitude. J’envisage déjà d’avoir fait ce voyage pour jeter plusieurs centaines de kilos d’aide humanitaire dans une benne à ordures. Un comble. Finalement, en discutant avec les responsables de la Croix Rouge internationale, ils acceptent une vingtaine de kilos de compresses stériles et de pansements contenus dans deux énormes sacs. Vingt kilos de compresses, ça fait du volume malgré tout. Nous ne serons pas venus pour rien. Ou presque. Ça m’aurait cependant couté moins cher de les envoyer par Chronopost.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Heureusement, plus tard dans la journée, lorsque nous somme allés au Camp de Transit de Michalovce à 20 km à l’Ouest de la frontière, les ONG et la Sécurité civile ont accepté tout le chargement. Ouf !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Retour au poste frontière, au moment où je suis un peu désespéré du peu de cas fait par le médecin de permanence pour mes médicaments. Puisque nous sommes là, avec Alain nous décidons, malgré tout, de commencer à faire des photos. Quelques rares réfugiés qui sont arrivés dans la nuit attendent le départ du car qui sert de navette pour les acheminer au camp de transit où ils pourront demander à bénéficier de l’aide internationale pour rejoindre un pays européen de leur choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques photos plus tard, j’aperçois deux adultes et deux enfants, qui s’apprêtent à monter dans une voiture. Je pense naturellement que des amis sont venus les chercher. Je demande à la mère qui parle quelques mots d’anglais, s’ils sont réfugiés ? Elle répond par l’affirmative.  : « Vous aller en Allemagne ou en Autriche ? ». « Non, me répond-t-elle, nous retournons en Ukraine » (!!!???). Je me demande si j’ai bien compris. « Oui, poursuit-elle en voyant mon étonnement, les Russes ont quitté la région où nous avons notre maison. Ils attaquent le Donbass maintenant à l’autre bout de l’Ukraine à plusieurs centaines de kilomètres, alors nous retournons chez nous. » J’en viens à me demander ce que je fais à ce poste frontière à 2.000 km de chez moi ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Les deux jours de voyage avec seulement 4 heures de sommeil, coincé sous le volant de mon véhicule utilitaire auraient-ils altéré ma perception de la situation ? C’est à ce moment qu’Alain vient me sortir de ma torpeur en m'annonçant que la frontière vient d’ouvrir et que des réfugiés arrivent. Ah ! Tous les Ukrainiens ne rentrent donc pas tous chez eux. Il y en a encore qui fuient leur pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si j’étais arrivé à la frontière et qu’on m’apprenne que les Russes ont cessé la guerre, j’aurais compris. J’aurais surtout été ravi pour les Ukrainiens et j’aurais fait la fête avec eux. Là, j’aurais tenu un bon reportage. Mais à peine arrivé on me dit qu’on ne veut pas de mon aide humanitaire et les premiers réfugiés que je rencontre rentrent chez eux… Il y a de quoi être déboussolé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Chaque jour 100 à 200 réfugiés &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
franchissent encore la frontière slovaque&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelques réfugiés, seuls ou en famille, franchissent la frontière à pied. Rien à voir avec l’afflux vus les semaines précédentes sur les chaines d’information. Non, ils arrivent au compte-goutte. Mais comme je viens de l’apprendre, la guerre s’est déplacée à l’Est de l’Ukraine, il est donc logique que les Ukrainiens soient moins nombreux à fuir leur pays. Depuis, j’ai appris que sur 6 millions d’expatriés, un million de réfugiés sont déjà retournés en Ukraine. Mais à ce moment, au poste frontière, ce n’est que le début du processus de retour pour ceux qui résident dans des régions délaissées par les Russes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les réfugiés qui arrivent en Slovaquie, passent devant moi avec leurs valises à roulettes ou leurs sacs à dos. Ils sont aussitôt accueillis par le Haut comité pour les réfugiés (HCR) qui leur explique que les démarches ont été simplifiées à l’extrême pour être pris en charge, afin de rejoindre le pays de leur choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si les Ukrainiens sont moins nombreux à fuir, ils sont encore 100 à 200 quotidiennement à passer en Slovaquie pour rejoindre le Camp de transit de Michalovce, seul habilité pour faire bénéficier les réfugiés d’une prise en charge officielle et gratuite. Ici, l’Allemagne où se trouve une importante communauté ukrainienne, arrive en tête des demandes d’asile. Une simple carte d’identité Ukrainienne suffit. La Sécurité civile slovaque se charge d’enregistrer les demandes des Ukrainiens et de les acheminer jusqu’à la gare. Des bénévoles sont aussi dans la gare et les trains pour les assister et servir d’interprètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Maksim, l'un des responsables de l'accueil du camp de transit de Michalovce&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pendant les deux jours passés à Michalovce, Maksim, l’un des responsables de l’accueil du camp de transit a été notre contact. « Vous seriez venus il y a encore 3 semaines, l’enregistrement fonctionnait 24h/24, me dit-il. Les Ukrainiens qui arrivaient par milliers aux postes frontières de l’Europe, avaient tous été témoins ou victimes des bombardements. Nombreux étaient ceux qui avaient perdu un ou plusieurs proches. Tous souffraient de syndromes post-traumatiques. La cellule psychologique du camp ne désemplissait pas ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au début de la crise, les permanents de la Sécurité civiles, les ONG et les bénévoles sont restés plus d’un mois au camp de transit sans rentrer chez eux. Ils dormaient sur place. « Nous accueillions à cette époque, plus de 1.000 réfugiés par jour. Aujourd’hui, c’est plus calme. La nuit il n’y a qu’une permanence et un réfugié qui arrive ici, se retrouve dans le train en moins de 3 heures. Mais nous restons mobilisés, car lorsque le Donbass sera tombé, les Russes seront peut-être tentés de revenir aux portes de l’Union européenne ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si aux frontières de l’Union européenne on observe une accalmie, la guerre est loin d’être terminée. Et comme Poutine est imprévisible, l’afflux de réfugiés pourrait reprendre à tout moment.&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Youki story</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4737092</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2021-09-03,post-4737092</guid>
    <pubDate>Fri, 03 Sep 2021 15:43:24 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Elle vivait, croyait-on, dans la guest-house où nous résidions ; avec toute une meute hétéroclite de chiens semi-errants. Tous bâtards. Ou plutôt corniots. La multiplicité et les aléas des croisements donnaient aux chiens du coin, des morphologies pour le moins insolites. De sorte que l'endroit avait des airs de "cour des miracles  canines". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Youki, sortait du lot. Elle aussi, avait des origines diverses. Pourtant, contrairement à ses congénères, elle avait de l'allure. Elle était étonnement bien proportionnée. Un bel animal. Et visiblement, malgré son jeune âge, elle régnait sur la meute en femelle dominante. Une femelle Alpha.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dès notre arrivée, avant même d'avoir pris possession de nos bungalows, la petite chienne sollicitait notre attention. Mieux, elle s’imposait. Se postant devant nous, dressée sur ses pattes arrières, le dos cambré, les pattes avant tendues comme des bambous, posées sur nos jambes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Sa tête cherchait frénétiquement nos mains pour une séance de caresses. Son regard de braise pétillant d'intelligence se faisait suppliant. Comment résister ?! Mais dès que nous voulions mettre un terme à cette cérémonie de bienvenue, Youki, toujours dressée sur ses pattes arrières, agitait la patte avant droite comme pour dire : "Eh, les amis, encore quelques gratouilles". Il fallut bien dix minutes pour parvenir à nos chambres, suivis par la meute de chiens. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A peine installés, nous nous sommes empressés d'aller retrouver notre nouvelle copine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pendant notre trop bref séjour à Bang Saphang Yai, Youki attendait nos retours de balades devant la cour de la guest-house et accourait dès qu'elle nous reconnaissait sur nos scooters. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si, fait rarissime, elle n'était pas là, il suffisait de siffler pour la voir sortir d'un buisson où elle avait trouvé refuge pour échapper aux fortes chaleurs en cette saison. Et c'était reparti pour une séance de caresses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Elle dormait devant notre porte, mais refusait obstinément de rentrer dans la chambre, malgré nos invitation répétées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Devant notre amicale insistance, l'échine courbée, les oreilles et la queue basses, elle se remémorait, sans doute, les coups de bâtons assénés par les propriétaires de l'hôtel, en guise d'apprentissage des préceptes de « bonnes conduites canines ».  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quand il fallu repartir quatre jours plus tard, ce fut un déchirement pour toute la famille. Nous avions le sentiment confus d'abandonner notre chien dans un pays lointain. Pendant les deux années qui ont suivies, Youki revenait régulièrement dans nos conversations. Un bon souvenir, mêlé d’amertume et de culpabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;strong&gt;Le retour&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quand en 2015, ma femme m'a proposé de retourner en Thaïlande. J'ai dit oui, sans hésitation, alors que moi, j'envisageais un nouveau voyage en Inde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Mon épouse, reine de l'organisation et de la logistique, en exposant son projet, avait rapidement évoqué une étape à Bang Saphang Yai. Tant pis pour l'Inde, mais en Thaïlande, on pourrait peut-être retrouver Youki !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans nos régulières évocations de la petite chienne, le regret de n'avoir rien fait pour la ramener en France, revenait sans cesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A défaut d'engager une telle démarche cette fois encore - conscient qu'une exfiltration, nécessiterait un voyage spécifique, en raison des difficultés administratives à surmonter -, ce voyage pourrait servir de repérage afin de mettre en place une stratégie. Encore fallait-il que Youki soit toujours là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La première partie du voyage, s'est déroulée dans le Nord de l'ancien Royaume de Siam, avec une incursion de quelques jours au Laos. Sur les rives du mythique Mékong. Un fleuve dont la simple évocation est un appel au voyage, à la découverte et à l’aventure. Mêmes si la réalité est moins romanesque. Dans ces contrées, aujourd'hui, la véritable aventure consiste plutôt à dénicher une guest-house, ne disposant ni de l'air conditionné, ni de la wifi. Autant dire, mission impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bref, l'escapade nordiste arrivée à son terme, nous mettons le cap sur Bang Saphang Yai. Départ de Nong Kai, sympathique bourgade somnolente et frontalière avec le Laos. Douze heures de voyage dans le train frigorifique de nuit qui nous ramène à Bangkok. Arrivée à six heures du matin. Le temps de prendre un petit-déjeuner. Changement de quai… Et c'est reparti pour cinq heures de transport dans un tortillard de troisième classe aux ventilateurs poussifs. Quatre cents kilomètres plus au Sud, sur la côte Est, le train s'arrête enfin en gare de « Youkiland ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A part nous, seul un couple anglo-saxon quinquagénaire, descend du train. Eux, prennent le seul taxi pour les emmener à 20 kilomètres de là. Nous, on va moins loin. Mais le « Nipan beach bungalows" se trouve tout de même à trois bons kilomètres de la gare. Pourtant ici, en guise de transport, il n'y a plus que des taxi-mobylettes. Pas même un bon vieux tuk-tuk rouillé. Nous, avec nos six sacs à dos pour trois, d'un poids total ressenti avoisinant les deux cents quarante kilos ; la mobylette, ce n'est pas la peine d'y penser. Même si ça n'a pas l'air de faire peur aux mobylettes-drivers qui ici, plus qu'ailleurs en ThaïIande, ne parlent pas un traitre mot d'anglais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Sous un soleil de plomb, après un bon quart-d'heure d'incompréhension, le chef de gare qui était parti -sans qu'on y prête attention- après le départ du train, réapparaît soudain au volant d'une voiture. Il s'adresse à moi en thaï. Bien entendu, si lui ne parle pas l'anglais, il faut bien reconnaître qu'hormis pour dire bonjour, je ne suis pas plus brillant dans la pratique du thaï. Je mets un certain temps à comprendre qu'il a troqué sa casquette de cheminot pour se faire de taxi-driver. Le temps d'une course. En attendant le prochain train, prévu dans une douzaine d'heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Tassés dans la voiture et coincés entre nos sacs à dos, dont seuls les deux plus gros ont pu se loger dans le coffre, nous arrivons à la guest-house.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En deux ans, le lieux n'a pas changé. Les boiseries et peintures des bungalows sont juste un peu défraîchies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A peine installé, je pars à la recherche de Youki dans les environ. Je constate avec inquiétude qu’il n’y a plus un seul chien dans la cour de l’établissement. Sauf le vieux teckel de la gérante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Deux jours se passent et toujours pas de trace de Youki. Je me désespère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et puis, le troisième jour au retour d’une longue balade en scooter j’aperçois un chien qui pourrait correspondre à celui que je recherche. Il est allongé devant le portail d’une maison située à moins de 100 mètres de ma guest-house. J’arrête mon scooter et je siffle ! Le chien tourne instantanément la tête vers moi. Je l’appelle : « Youki ! », l’animal se dresse immédiatement sur ses pattes et traverse la route à toute allure pour me rejoindre. Deux ans se sont passés, mais la petite chienne m’a reconnu. Comme autrefois, elle se dresse sur ses pattes arrières et pose ses pattes avant sur mes jambes alors que je suis encore sur le scooter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Elle tourne sur elle-même, elle jappe… Visiblement elle est heureuse de me retrouver. Moi aussi. J’en ai les larmes aux yeux. Je retire mon casque et je m’accroupis, elle me lèche le visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Je suis resté deux jours supplémentaires sur place pour profiter de ma copine que je gave de gâteaux, et de viande de poulet. Elle n’est pas bien grosse, mais visiblement elle ne semble pas sous-alimentée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je découvrirai plus tard qu’une vieille dame qui réside à proximité passe tous les soir pour nourrir les chiens des rues dont Youki fait partie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai la confirmation que Youki n’appartient à personne. Elle tente bien de se faire accepter par les touristes thaïs venus de Bangkok pour louer une maison l’espace d’un week-end. Mais la plupart du temps, elle «niche » dans un trou sous les fondations d’une cabane en bambou abandonnée à proximité de la plage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai voulu qu’elle vienne devant mon bungalow. Elle restait obstinément assise sur le bord de la route comme pour me faire comprendre qu’elle n’était pas la bienvenue habituellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les deux jours qui s’en sont suivis je les ai passés avec Youki à nous balader sur la plage, à la défendre des attaques des autres chiens vagabonds qui voulaient lui voler les biscuits dont je la gavais. Elle était pourtant de taille à assurer sa propre sécurité, habituée à donner de la mâchoire et à esquiver les crocs de ses agresseurs. En revanche j’ai pu constater qu’elle avait peur de certains humains. Mais tant que j’étais là, elle n’avait rien à craindre de ces imbéciles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
J’ai pris le temps d’aller au poste de police du coin pour savoir comment je pouvais ramener Youki avec moi. Quitte à revenir exclusivement en Thaïlande pour cette mission de sauvetage. J’ai même contacté le service de presse de l’ambassade de France à Bangkok. Démarches Kafkaïennes. Il aurait été plus facile de m’installer en Thaïlande. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le jour du départ est arrivé. Je reprenais l’avion le lendemain. Un pick-up réservé la veille devait nous emmener à la gare pour prendre le train de 7h30 à destination de Bangkok. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A 4 heures j’étais debout pour dire au revoir à Youki. Je me demandais si elle serait à proximité ? Dès que j’ai ouvert la porte je l’ai aperçue qui s’éloignait. Elle avait dormi devant la porte. En entendant le bruit que je faisais dans le bungalow, elle s’éclipsait délicatement. Je l’ai appelée. Elle s’est arrêtée, s’est assises et m’a regardé. Je crois qu’elle avait compris que cet au-revoir serait un adieu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Youki story</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Elle vivait, croyait-on, dans la guest-house où nous résidions ; avec toute une meute hétéroclite de chiens semi-errants. Tous bâtards. Ou plutôt corniots. La multiplicité et les aléas des croisements donnaient aux chiens du coin, des morphologies pour le moins insolites. De sorte que l'endroit avait des airs de "cour des miracles  canines". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Youki, sortait du lot. Elle aussi, avait des origines diverses. Pourtant, contrairement à ses congénères, elle avait de l'allure. Elle était étonnement bien proportionnée. Un bel animal. Et visiblement, malgré son jeune âge, elle régnait sur la meute en femelle dominante. Une femelle Alpha.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dès notre arrivée, avant même d'avoir pris possession de nos bungalows, la petite chienne sollicitait notre attention. Mieux, elle s’imposait. Se postant devant nous, dressée sur ses pattes arrières, le dos cambré, les pattes avant tendues comme des bambous, posées sur nos jambes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Sa tête cherchait frénétiquement nos mains pour une séance de caresses. Son regard de braise pétillant d'intelligence se faisait suppliant. Comment résister ?! Mais dès que nous voulions mettre un terme à cette cérémonie de bienvenue, Youki, toujours dressée sur ses pattes arrières, agitait la patte avant droite comme pour dire : "Eh, les amis, encore quelques gratouilles". Il fallut bien dix minutes pour parvenir à nos chambres, suivis par la meute de chiens. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A peine installés, nous nous sommes empressés d'aller retrouver notre nouvelle copine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pendant notre trop bref séjour à Bang Saphang Yai, Youki attendait nos retours de balades devant la cour de la guest-house et accourait dès qu'elle nous reconnaissait sur nos scooters. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si, fait rarissime, elle n'était pas là, il suffisait de siffler pour la voir sortir d'un buisson où elle avait trouvé refuge pour échapper aux fortes chaleurs en cette saison. Et c'était reparti pour une séance de caresses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Elle dormait devant notre porte, mais refusait obstinément de rentrer dans la chambre, malgré nos invitation répétées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Devant notre amicale insistance, l'échine courbée, les oreilles et la queue basses, elle se remémorait, sans doute, les coups de bâtons assénés par les propriétaires de l'hôtel, en guise d'apprentissage des préceptes de « bonnes conduites canines ».  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quand il fallu repartir quatre jours plus tard, ce fut un déchirement pour toute la famille. Nous avions le sentiment confus d'abandonner notre chien dans un pays lointain. Pendant les deux années qui ont suivies, Youki revenait régulièrement dans nos conversations. Un bon souvenir, mêlé d’amertume et de culpabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;&lt;strong&gt;Le retour&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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Quand en 2015, ma femme m'a proposé de retourner en Thaïlande. J'ai dit oui, sans hésitation, alors que moi, j'envisageais un nouveau voyage en Inde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Mon épouse, reine de l'organisation et de la logistique, en exposant son projet, avait rapidement évoqué une étape à Bang Saphang Yai. Tant pis pour l'Inde, mais en Thaïlande, on pourrait peut-être retrouver Youki !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans nos régulières évocations de la petite chienne, le regret de n'avoir rien fait pour la ramener en France, revenait sans cesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A défaut d'engager une telle démarche cette fois encore - conscient qu'une exfiltration, nécessiterait un voyage spécifique, en raison des difficultés administratives à surmonter -, ce voyage pourrait servir de repérage afin de mettre en place une stratégie. Encore fallait-il que Youki soit toujours là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La première partie du voyage, s'est déroulée dans le Nord de l'ancien Royaume de Siam, avec une incursion de quelques jours au Laos. Sur les rives du mythique Mékong. Un fleuve dont la simple évocation est un appel au voyage, à la découverte et à l’aventure. Mêmes si la réalité est moins romanesque. Dans ces contrées, aujourd'hui, la véritable aventure consiste plutôt à dénicher une guest-house, ne disposant ni de l'air conditionné, ni de la wifi. Autant dire, mission impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bref, l'escapade nordiste arrivée à son terme, nous mettons le cap sur Bang Saphang Yai. Départ de Nong Kai, sympathique bourgade somnolente et frontalière avec le Laos. Douze heures de voyage dans le train frigorifique de nuit qui nous ramène à Bangkok. Arrivée à six heures du matin. Le temps de prendre un petit-déjeuner. Changement de quai… Et c'est reparti pour cinq heures de transport dans un tortillard de troisième classe aux ventilateurs poussifs. Quatre cents kilomètres plus au Sud, sur la côte Est, le train s'arrête enfin en gare de « Youkiland ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A part nous, seul un couple anglo-saxon quinquagénaire, descend du train. Eux, prennent le seul taxi pour les emmener à 20 kilomètres de là. Nous, on va moins loin. Mais le « Nipan beach bungalows" se trouve tout de même à trois bons kilomètres de la gare. Pourtant ici, en guise de transport, il n'y a plus que des taxi-mobylettes. Pas même un bon vieux tuk-tuk rouillé. Nous, avec nos six sacs à dos pour trois, d'un poids total ressenti avoisinant les deux cents quarante kilos ; la mobylette, ce n'est pas la peine d'y penser. Même si ça n'a pas l'air de faire peur aux mobylettes-drivers qui ici, plus qu'ailleurs en ThaïIande, ne parlent pas un traitre mot d'anglais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Sous un soleil de plomb, après un bon quart-d'heure d'incompréhension, le chef de gare qui était parti -sans qu'on y prête attention- après le départ du train, réapparaît soudain au volant d'une voiture. Il s'adresse à moi en thaï. Bien entendu, si lui ne parle pas l'anglais, il faut bien reconnaître qu'hormis pour dire bonjour, je ne suis pas plus brillant dans la pratique du thaï. Je mets un certain temps à comprendre qu'il a troqué sa casquette de cheminot pour se faire de taxi-driver. Le temps d'une course. En attendant le prochain train, prévu dans une douzaine d'heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Tassés dans la voiture et coincés entre nos sacs à dos, dont seuls les deux plus gros ont pu se loger dans le coffre, nous arrivons à la guest-house.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En deux ans, le lieux n'a pas changé. Les boiseries et peintures des bungalows sont juste un peu défraîchies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A peine installé, je pars à la recherche de Youki dans les environ. Je constate avec inquiétude qu’il n’y a plus un seul chien dans la cour de l’établissement. Sauf le vieux teckel de la gérante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Deux jours se passent et toujours pas de trace de Youki. Je me désespère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et puis, le troisième jour au retour d’une longue balade en scooter j’aperçois un chien qui pourrait correspondre à celui que je recherche. Il est allongé devant le portail d’une maison située à moins de 100 mètres de ma guest-house. J’arrête mon scooter et je siffle ! Le chien tourne instantanément la tête vers moi. Je l’appelle : « Youki ! », l’animal se dresse immédiatement sur ses pattes et traverse la route à toute allure pour me rejoindre. Deux ans se sont passés, mais la petite chienne m’a reconnu. Comme autrefois, elle se dresse sur ses pattes arrières et pose ses pattes avant sur mes jambes alors que je suis encore sur le scooter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Elle tourne sur elle-même, elle jappe… Visiblement elle est heureuse de me retrouver. Moi aussi. J’en ai les larmes aux yeux. Je retire mon casque et je m’accroupis, elle me lèche le visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Je suis resté deux jours supplémentaires sur place pour profiter de ma copine que je gave de gâteaux, et de viande de poulet. Elle n’est pas bien grosse, mais visiblement elle ne semble pas sous-alimentée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je découvrirai plus tard qu’une vieille dame qui réside à proximité passe tous les soir pour nourrir les chiens des rues dont Youki fait partie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai la confirmation que Youki n’appartient à personne. Elle tente bien de se faire accepter par les touristes thaïs venus de Bangkok pour louer une maison l’espace d’un week-end. Mais la plupart du temps, elle «niche » dans un trou sous les fondations d’une cabane en bambou abandonnée à proximité de la plage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J’ai voulu qu’elle vienne devant mon bungalow. Elle restait obstinément assise sur le bord de la route comme pour me faire comprendre qu’elle n’était pas la bienvenue habituellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les deux jours qui s’en sont suivis je les ai passés avec Youki à nous balader sur la plage, à la défendre des attaques des autres chiens vagabonds qui voulaient lui voler les biscuits dont je la gavais. Elle était pourtant de taille à assurer sa propre sécurité, habituée à donner de la mâchoire et à esquiver les crocs de ses agresseurs. En revanche j’ai pu constater qu’elle avait peur de certains humains. Mais tant que j’étais là, elle n’avait rien à craindre de ces imbéciles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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J’ai pris le temps d’aller au poste de police du coin pour savoir comment je pouvais ramener Youki avec moi. Quitte à revenir exclusivement en Thaïlande pour cette mission de sauvetage. J’ai même contacté le service de presse de l’ambassade de France à Bangkok. Démarches Kafkaïennes. Il aurait été plus facile de m’installer en Thaïlande. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le jour du départ est arrivé. Je reprenais l’avion le lendemain. Un pick-up réservé la veille devait nous emmener à la gare pour prendre le train de 7h30 à destination de Bangkok. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A 4 heures j’étais debout pour dire au revoir à Youki. Je me demandais si elle serait à proximité ? Dès que j’ai ouvert la porte je l’ai aperçue qui s’éloignait. Elle avait dormi devant la porte. En entendant le bruit que je faisais dans le bungalow, elle s’éclipsait délicatement. Je l’ai appelée. Elle s’est arrêtée, s’est assises et m’a regardé. Je crois qu’elle avait compris que cet au-revoir serait un adieu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Les héros des hautes cimes</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4731498</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2021-05-17,post-4731498</guid>
    <pubDate>Mon, 17 May 2021 07:25:47 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Une route de près de 500 km dans un décor minéral grandiose (photo prise en 1995)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans l’Himalaya, la route qui relie Manali (Himachal Pradesh) à Leh, la capitale du Ladakh, est la deuxième route civile la plus haute du monde. Longtemps interdite, elle était exclusivement réservée au transport des troupes militaires en raison de sa localisation dans la zone frontalière avec la Chine (ex-Tibet). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Jusque dans la moitié des années 1980, pour se rendre dans l’ancien royaume himalayen, il fallait passer par le Cachemire. Au départ de Srinagar, au Nord-Ouest du pays. Quand les tensions avec le Pakistan se sont ravivées autour de la partition de cet État à majorité musulmane, cette route de 420 kilomètres a été interdite à son tour. Aujourd’hui, elle est de nouveau accessible, mais fortement déconseillée. La frontière pakistanaise est à portée de canon et il arrive encore que quelques obus de forts calibres s’abattent sur la route, à 4.000 mètres d’altitude, dans la région de Kargil. Il faut dire que les indiens ne sont jamais en reste et qu’ils ont la riposte facile. De sorte que la route peut être fermée à tout moment pour une durée indéterminée pour cause de “duel d’artillerie”.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Comme les relations avec la Chine se sont relativement normalisées et qu’il fallait impérativement un axe sécurisé pour ravitailler les Ladakhis - qui hormis le tourisme et une maigre production agricole, ne produisent rien -, la route Manali-Leh a finalement été démilitarisée. Son entretien est cependant toujours supervisé par les militaires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En 1986, les premiers camions saturés de marchandises, escortés par l’armée, ouvraient pour la première fois cette voie aux civils. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Depuis cette époque, de mi-mai à mi-octobre pour les 4X4 et de mi-juin à mi-septembre pour les bus et les camions, si les conditions météorologiques sont favorables, on assiste à un ballet incessant de véhicules sur cet axe ténue, qui s’étire sur plus de 400 km. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour rallier Leh, il faut franchir six cols, dont deux culminent à plus de 5000 mètres: le Tangland-La (5.360 mètres) et le Lachung-La (5.079 mètres). Les autres oscillent entre 4.000 et 4.800 mètres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En hiver, la nature reprend ses droits. La route est totalement impraticable en raison de l’enneigement et des températures entre 35 et 45 degrés inférieures à zéro. Le Ladakh est alors pratiquement coupé du monde jusqu’au printemps. Le seul lien qui subsiste reste l’avion. Liaison précaire en raison des aléas météorologiques. Les appareils peuvent parfois rester bloqués au sol pendant plusieurs semaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Maintenir la route ouverte à tout prix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Des hommes sont chargés de maintenir cette route en état pour limiter les ruptures de trafic. Des obscurs, des sans grades auxquels nul ne prête attention et qui se fondent dans un décor minéral grandiose. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pourtant, dès la belle saison,  pour eux, c’est une course contre la montre qui s’engage. Il faut restaurer ou reconstruire au plus vite les passages effondrés sous le poids de la neige, emportés par les pluies torrentielles ou les rivières en crue ; déblayer les millions de mètres cubes des coulées boue provoquées par le dégel. Quand il s’agit d’avalanches d’énormes blocs de roches de forte densité, la dynamite est le seul recours… Et si l’homme et les explosifs deviennent impuissants devant l’ampleur de la tâche, on contourne l’obstacle avec un nouveau tracé… Ici, pas besoin de bureaux d’études. Le contournement se fait au bulldozer. Au ras de l’avalanche finissante. Une fine incision dans la montagne, suffisante pour laisser passer un camion… Souvent, les véhicules de transport attendent à quelques dizaines de mètres derrière le “bull”. Les temps d’attente peuvent prendre plusieurs heures, quelques jours voire plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si l’attente excède quarante-huit heures, les bus fassent demi-tour. Les camionneurs, jamais ! Eux, ils ne sont payés qu’une fois leur chargement acheminé. Pas d’énervement. Les professionnels de la route sont rodés pour organiser un campement sommaire. Et surtout, contrairement aux touristes, ils disposent de suffisamment de nourriture pour tenir un siège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Un travail sans cesse recommencé&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Entretenir une route aussi fragile que précieuse sur près de 500 km, n’est pas une mince affaire. D’autant que les ouvriers des Travaux publics indiens ne disposent que de peu d’engins mécaniques, au regard de l’immensité du travail à accomplir. Même si ces dernières années, en dépit de la crise internationale, l’insolante croissance à deux chiffres de la plus grande démocratie du monde, lui a permis d’équiper un peu mieux ses brigades himalayennes. L’aide internationale a également permis l’arrivée sur les contreforts himalayens, d’engins de travaux publics, notamment grâce au Japon et à la Chine qui lorgnent avec instance sur le faramineux marché indien, fort de plus d’un milliard d’habitants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En 2013, les autorités indiennes annonçaient au moins deux bulldozers, une pelle-mécanique et un rouleau compresseur, tous les 20 km. Des super-marteaux piqueurs, appelés “griffeurs de montagnes”, font leur apparition. Mais quand on emprunte cette route, on réalise que la pioche et l’huile de coude des ouvriers ont encore un bel avenir dans cette région perdue sur le toit du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Scènes surréalistes que de voir ces hommes seuls ou en petits groupes, errer à pied, une énorme clé anglaise, une simple pelle ou une pioche sur l’épaule. Toujours en guenilles, ils ne disposent que de cagoules de laine grossière ou de simples capuches pour se protéger des affres du soleil et du froid, qui cohabitent souvent à ces altitudes… Et où l’oxygène manque cruellement leur donnant un air hagard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;Souvent à pied, vétus de guenilles ces terrassiers des hautes cimes entretiennent la route, à la pelle et à la pioche (1995)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si les casques sont rares, ici, nul n’a jamais entendu parler de chaussures de sécurité. Certains ouvriers ne sont chaussés que d’une simple paire de tongs. Les plus nantis disposent tout au plus de bottes en caoutchouc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Plus loin, au détour d’un virage, des forçats des cimes cassent de la rocaille en plein milieu de la route. À la masse, quand ce n’est pas à l’aide d’un gros marteau ou d’un objet indéterminé. Réduites en blocs d’au moins une dizaine de kilos, ces roches sont alors transportées à la main ou au mieux dans une antique brouette, pour combler les ornières alentour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;L'entretien de la route est vitale pour l'économie du Ladakh. Si les camions ne passent plus, cette région du nord de l'inde n'est plus ravitaillée (1995)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un travail de bagnard réduit a néant, dès que le premier camion brinquebalant, surchargé à l’extrême, roule sur cette improbable rustine de voirie. Il n’y a alors qu’une chose à faire : recommencer. Recommencer encore et toujours. Ils ne rechignent pas. A quoi bon, ils sont là pour ça. Conscients que si le chauffeur avait fait une embardée pour éviter leur rafistolage à peine terminé, il risquait de verser dans le ravin. Tout le long de la route, de nombreuses carcasses échouées trois à quatre cents mètres en contrebas, attestent de la dangerosité de la profession de “truck driver”. Un métier de trompe-la-mort. Alors on ne prend aucun risque inutile et on roule sans état d’âme sur la chaussée fraichement rafistolée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Surtout qu’en Inde, l’entretien d’un véhicule est une vue de l’esprit. Jamais de vidange. Quand le niveau d’huile baisse, on se contente de faire le complément. On change les plaquettes quand tout le circuit de frein a rendu l’âme. La plupart du temps, on bricole sur le bord de la route, jusqu’au moment ou le camion daignera repartir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;Il faudra une semaine pour que le chauffeur reçoive les pièces détachées nécessaires à la réparation de son véhicule (1995)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si la panne est plus grave, il faudra attendre parfois plus de dix jours pour que les pièces de rechange, souvent d’occasion, parviennent de Delhi. Pièces qui seront immanquablement remplacées sur place par le chauffeur et son accompagnateur qui fait office de “guetteur” et est chargé de surveiller le “driver” pour qu’il ne s’endorme pas au volant. À l’occasion, ils pourront se faire aider par les “passagers clandestins” qu’ils acceptent dans la cabine ou à l’arrière du véhicule au milieu des marchandises. Une pratique courante qui permet d’améliorer les fins de mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Une centaine de victimes par an&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Seuls les abords des nombreux camps militaires, check-points obligatoires pour les usagers de la route, bénéficient d’un revêtement asphalté. Souvent implantés sur les hauts et larges plateaux, ils sont moins exposés aux effets dévastateurs des avalanches. Les autres secteurs, plus difficiles d’accès, sont maintenus à l’état de piste. Sans plus. Ici, ni le confort des chauffeurs indiens, ni la préservation des organes mécaniques des véhicules -déjà mal en point - n’ont d’importance. Encore moins l’intégrité physique des touristes qui se risquent sur cette route. Les indiens le savent d’expérience ; ici, la nature ne fait pas de sentiment. Elle aura toujours le dernier mot. Alors, on va à l’essentiel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;PHOTO MANQUANTE&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Surnommée "la route de la mort", cet axe routier qui se faufile dans l'Himalaya est chaque année le théâtre d'une centaine d'accidents mortels&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Souvent à la recherche des ultimes frissons de l’aventure, dans un monde qui s’aseptise d’année en année, ces touristes là sont servis. Ici, ils gagnent leurs galons de “voyageurs”. On est loin du voyage organisé. Après un tel périple qui, selon les caprices de la météo, nécessite entre deux jours et une semaine, nombres d’entre-eux, courbaturés et déprimés, repartiront de Leh en avion. Les moins argentés seront obligés de prendre la route en sens inverse. Les genoux pliés sous le menton dans un bus local poussif, dont les amortisseurs ont depuis longtemps perdu toute efficacité, se transformant en objet de torture pour les passagers… Et rendant la conduite aléatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si les chauffeurs de bus et de camions affirment gagner correctement leur vie sur cette route (30 % de plus que dans le reste du pays), les terrassiers de l’impossible eux, sont payés à peine cinquante roupies par jour (environ 0,80 €). Cent pour un conducteur d’engin de travaux publics et moins de deux-cents pour un chef d’équipe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Comme les chauffeurs, ces forçats des cimes ne disposent d’aucune assurance en cas d’accidents, pourtant fréquents et souvent fatals. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Outre l’absence de règlementation sur les conditions de travail, les hautes cimes ne parviennent pas toujours à stopper la mousson venue du Sud. Les effets des pluies diluviennes qui s’en suivent provoquent des avalanches de rocailles, principales causes de mortalité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les ouvriers affectés à l’entretien de la route, à l’instar des camionneurs ravitailleurs, payent à ce titre un lourd tribut, avec une centaine de décès accidentels chaque année. C’est la raison pour laquelle, ils l’ont surnommée : “La route de la mort”.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Éloignés de leur famille six mois par an, terrassier et camionneurs travaillent parfois plus de quinze heures, sept jours sur sept. Les premiers dormant sur les chantiers itinérants dans des tentes de coton ou des habitations rudimentaires faites de cailloux et de bâches ; les seconds dans leur véhicule. Ils se chauffent et cuisinent à plus de 4000 mètres d’altitude avec des bras zéro alimentés au goudron. Ces hommes n’en ont pas conscience ; mais ils sont faits de l’étoffe des héros. Respect !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Les héros des hautes cimes</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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Dans l’Himalaya, la route qui relie Manali (Himachal Pradesh) à Leh, la capitale du Ladakh, est la deuxième route civile la plus haute du monde. Longtemps interdite, elle était exclusivement réservée au transport des troupes militaires en raison de sa localisation dans la zone frontalière avec la Chine (ex-Tibet). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Jusque dans la moitié des années 1980, pour se rendre dans l’ancien royaume himalayen, il fallait passer par le Cachemire. Au départ de Srinagar, au Nord-Ouest du pays. Quand les tensions avec le Pakistan se sont ravivées autour de la partition de cet État à majorité musulmane, cette route de 420 kilomètres a été interdite à son tour. Aujourd’hui, elle est de nouveau accessible, mais fortement déconseillée. La frontière pakistanaise est à portée de canon et il arrive encore que quelques obus de forts calibres s’abattent sur la route, à 4.000 mètres d’altitude, dans la région de Kargil. Il faut dire que les indiens ne sont jamais en reste et qu’ils ont la riposte facile. De sorte que la route peut être fermée à tout moment pour une durée indéterminée pour cause de “duel d’artillerie”.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Comme les relations avec la Chine se sont relativement normalisées et qu’il fallait impérativement un axe sécurisé pour ravitailler les Ladakhis - qui hormis le tourisme et une maigre production agricole, ne produisent rien -, la route Manali-Leh a finalement été démilitarisée. Son entretien est cependant toujours supervisé par les militaires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En 1986, les premiers camions saturés de marchandises, escortés par l’armée, ouvraient pour la première fois cette voie aux civils. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Depuis cette époque, de mi-mai à mi-octobre pour les 4X4 et de mi-juin à mi-septembre pour les bus et les camions, si les conditions météorologiques sont favorables, on assiste à un ballet incessant de véhicules sur cet axe ténue, qui s’étire sur plus de 400 km. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour rallier Leh, il faut franchir six cols, dont deux culminent à plus de 5000 mètres: le Tangland-La (5.360 mètres) et le Lachung-La (5.079 mètres). Les autres oscillent entre 4.000 et 4.800 mètres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En hiver, la nature reprend ses droits. La route est totalement impraticable en raison de l’enneigement et des températures entre 35 et 45 degrés inférieures à zéro. Le Ladakh est alors pratiquement coupé du monde jusqu’au printemps. Le seul lien qui subsiste reste l’avion. Liaison précaire en raison des aléas météorologiques. Les appareils peuvent parfois rester bloqués au sol pendant plusieurs semaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Maintenir la route ouverte à tout prix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Des hommes sont chargés de maintenir cette route en état pour limiter les ruptures de trafic. Des obscurs, des sans grades auxquels nul ne prête attention et qui se fondent dans un décor minéral grandiose. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pourtant, dès la belle saison,  pour eux, c’est une course contre la montre qui s’engage. Il faut restaurer ou reconstruire au plus vite les passages effondrés sous le poids de la neige, emportés par les pluies torrentielles ou les rivières en crue ; déblayer les millions de mètres cubes des coulées boue provoquées par le dégel. Quand il s’agit d’avalanches d’énormes blocs de roches de forte densité, la dynamite est le seul recours… Et si l’homme et les explosifs deviennent impuissants devant l’ampleur de la tâche, on contourne l’obstacle avec un nouveau tracé… Ici, pas besoin de bureaux d’études. Le contournement se fait au bulldozer. Au ras de l’avalanche finissante. Une fine incision dans la montagne, suffisante pour laisser passer un camion… Souvent, les véhicules de transport attendent à quelques dizaines de mètres derrière le “bull”. Les temps d’attente peuvent prendre plusieurs heures, quelques jours voire plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si l’attente excède quarante-huit heures, les bus fassent demi-tour. Les camionneurs, jamais ! Eux, ils ne sont payés qu’une fois leur chargement acheminé. Pas d’énervement. Les professionnels de la route sont rodés pour organiser un campement sommaire. Et surtout, contrairement aux touristes, ils disposent de suffisamment de nourriture pour tenir un siège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Un travail sans cesse recommencé&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Entretenir une route aussi fragile que précieuse sur près de 500 km, n’est pas une mince affaire. D’autant que les ouvriers des Travaux publics indiens ne disposent que de peu d’engins mécaniques, au regard de l’immensité du travail à accomplir. Même si ces dernières années, en dépit de la crise internationale, l’insolante croissance à deux chiffres de la plus grande démocratie du monde, lui a permis d’équiper un peu mieux ses brigades himalayennes. L’aide internationale a également permis l’arrivée sur les contreforts himalayens, d’engins de travaux publics, notamment grâce au Japon et à la Chine qui lorgnent avec instance sur le faramineux marché indien, fort de plus d’un milliard d’habitants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En 2013, les autorités indiennes annonçaient au moins deux bulldozers, une pelle-mécanique et un rouleau compresseur, tous les 20 km. Des super-marteaux piqueurs, appelés “griffeurs de montagnes”, font leur apparition. Mais quand on emprunte cette route, on réalise que la pioche et l’huile de coude des ouvriers ont encore un bel avenir dans cette région perdue sur le toit du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Scènes surréalistes que de voir ces hommes seuls ou en petits groupes, errer à pied, une énorme clé anglaise, une simple pelle ou une pioche sur l’épaule. Toujours en guenilles, ils ne disposent que de cagoules de laine grossière ou de simples capuches pour se protéger des affres du soleil et du froid, qui cohabitent souvent à ces altitudes… Et où l’oxygène manque cruellement leur donnant un air hagard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;Souvent à pied, vétus de guenilles ces terrassiers des hautes cimes entretiennent la route, à la pelle et à la pioche (1995)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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Si les casques sont rares, ici, nul n’a jamais entendu parler de chaussures de sécurité. Certains ouvriers ne sont chaussés que d’une simple paire de tongs. Les plus nantis disposent tout au plus de bottes en caoutchouc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Plus loin, au détour d’un virage, des forçats des cimes cassent de la rocaille en plein milieu de la route. À la masse, quand ce n’est pas à l’aide d’un gros marteau ou d’un objet indéterminé. Réduites en blocs d’au moins une dizaine de kilos, ces roches sont alors transportées à la main ou au mieux dans une antique brouette, pour combler les ornières alentour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;L'entretien de la route est vitale pour l'économie du Ladakh. Si les camions ne passent plus, cette région du nord de l'inde n'est plus ravitaillée (1995)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un travail de bagnard réduit a néant, dès que le premier camion brinquebalant, surchargé à l’extrême, roule sur cette improbable rustine de voirie. Il n’y a alors qu’une chose à faire : recommencer. Recommencer encore et toujours. Ils ne rechignent pas. A quoi bon, ils sont là pour ça. Conscients que si le chauffeur avait fait une embardée pour éviter leur rafistolage à peine terminé, il risquait de verser dans le ravin. Tout le long de la route, de nombreuses carcasses échouées trois à quatre cents mètres en contrebas, attestent de la dangerosité de la profession de “truck driver”. Un métier de trompe-la-mort. Alors on ne prend aucun risque inutile et on roule sans état d’âme sur la chaussée fraichement rafistolée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Surtout qu’en Inde, l’entretien d’un véhicule est une vue de l’esprit. Jamais de vidange. Quand le niveau d’huile baisse, on se contente de faire le complément. On change les plaquettes quand tout le circuit de frein a rendu l’âme. La plupart du temps, on bricole sur le bord de la route, jusqu’au moment ou le camion daignera repartir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;Il faudra une semaine pour que le chauffeur reçoive les pièces détachées nécessaires à la réparation de son véhicule (1995)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si la panne est plus grave, il faudra attendre parfois plus de dix jours pour que les pièces de rechange, souvent d’occasion, parviennent de Delhi. Pièces qui seront immanquablement remplacées sur place par le chauffeur et son accompagnateur qui fait office de “guetteur” et est chargé de surveiller le “driver” pour qu’il ne s’endorme pas au volant. À l’occasion, ils pourront se faire aider par les “passagers clandestins” qu’ils acceptent dans la cabine ou à l’arrière du véhicule au milieu des marchandises. Une pratique courante qui permet d’améliorer les fins de mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Une centaine de victimes par an&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Seuls les abords des nombreux camps militaires, check-points obligatoires pour les usagers de la route, bénéficient d’un revêtement asphalté. Souvent implantés sur les hauts et larges plateaux, ils sont moins exposés aux effets dévastateurs des avalanches. Les autres secteurs, plus difficiles d’accès, sont maintenus à l’état de piste. Sans plus. Ici, ni le confort des chauffeurs indiens, ni la préservation des organes mécaniques des véhicules -déjà mal en point - n’ont d’importance. Encore moins l’intégrité physique des touristes qui se risquent sur cette route. Les indiens le savent d’expérience ; ici, la nature ne fait pas de sentiment. Elle aura toujours le dernier mot. Alors, on va à l’essentiel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;div&gt;PHOTO MANQUANTE&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Surnommée "la route de la mort", cet axe routier qui se faufile dans l'Himalaya est chaque année le théâtre d'une centaine d'accidents mortels&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Souvent à la recherche des ultimes frissons de l’aventure, dans un monde qui s’aseptise d’année en année, ces touristes là sont servis. Ici, ils gagnent leurs galons de “voyageurs”. On est loin du voyage organisé. Après un tel périple qui, selon les caprices de la météo, nécessite entre deux jours et une semaine, nombres d’entre-eux, courbaturés et déprimés, repartiront de Leh en avion. Les moins argentés seront obligés de prendre la route en sens inverse. Les genoux pliés sous le menton dans un bus local poussif, dont les amortisseurs ont depuis longtemps perdu toute efficacité, se transformant en objet de torture pour les passagers… Et rendant la conduite aléatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si les chauffeurs de bus et de camions affirment gagner correctement leur vie sur cette route (30 % de plus que dans le reste du pays), les terrassiers de l’impossible eux, sont payés à peine cinquante roupies par jour (environ 0,80 €). Cent pour un conducteur d’engin de travaux publics et moins de deux-cents pour un chef d’équipe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Comme les chauffeurs, ces forçats des cimes ne disposent d’aucune assurance en cas d’accidents, pourtant fréquents et souvent fatals. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Outre l’absence de règlementation sur les conditions de travail, les hautes cimes ne parviennent pas toujours à stopper la mousson venue du Sud. Les effets des pluies diluviennes qui s’en suivent provoquent des avalanches de rocailles, principales causes de mortalité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les ouvriers affectés à l’entretien de la route, à l’instar des camionneurs ravitailleurs, payent à ce titre un lourd tribut, avec une centaine de décès accidentels chaque année. C’est la raison pour laquelle, ils l’ont surnommée : “La route de la mort”.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Éloignés de leur famille six mois par an, terrassier et camionneurs travaillent parfois plus de quinze heures, sept jours sur sept. Les premiers dormant sur les chantiers itinérants dans des tentes de coton ou des habitations rudimentaires faites de cailloux et de bâches ; les seconds dans leur véhicule. Ils se chauffent et cuisinent à plus de 4000 mètres d’altitude avec des bras zéro alimentés au goudron. Ces hommes n’en ont pas conscience ; mais ils sont faits de l’étoffe des héros. Respect !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>« Action Bénarès, pour l’Amour des intouchables » La conception d’un livre</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4729830</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2020-02-02,post-4729830</guid>
    <pubDate>Sun, 02 Feb 2020 09:31:16 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;em&gt;Quand je suis arrivé à Varanasi en octobre 2018 avec le projet de réaliser un livre sur l’ONG Action Bénarès, je connaissais déjà l’association, sur laquelle j’avais écrit un article il y a plusieurs années. Cette fois, l’idée initiale était de faire un documentaire télévisé pour lui venir en aide. Le projet n’ayant pu aboutir, je me suis dit qu’un livre serait plus aisément réalisable. Quand je suis arrivé sur place, je dois reconnaître que je n’avais pas d’idée bien arrêtée sur ce que serait ce livre, une fois sorti de l’imprimerie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Pour un livre, l’approche n’est pas la même que pour un reportage photographique destiné à un magazine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour un reportage de presse écrite il faut bien entendu s’investir à fond, entrer dans son sujet, en comprendre toutes les facettes afin de rapporter les images et les mots qui restituent la réalité avec précision. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour l’aspect photographique, si à l’issue de l’editing vous obtenez une série d’un minimum d’une vingtaine d’images différentes, c’est gagné ! Il faut un choix suffisant avec « une image d’ouverture », des plan larges, des plans serrés, des cadrages verticaux et horizontaux pour diversifier la mise en page. Mais rares sont les magazines qui publient beaucoup de photos. Si ils en publient entre 5 et 10, on peut s’estimer heureux. Mais ce n’est pas une raison pour bâcler le travail. Si les photos sont fortes, complémentaires et diversifiées, on augmente ses chances d’être diffusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le livre, lui, nécessite une démarche différente. Là, il faut sélectionner entre 100 et 200 images. On ne joue plus dans la même catégorie. Même un livre de 84 pages comme « Bénarès, pour l’Amour des intouchable », on doit « nourrir » la maquette, sans lasser le futur lecteur. Ça demande une implication sans faille. Et un travail d’autant plus acharné que je n’avais pas 6 mois devant moi pour ce reportage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Comme j’ai la chance de travailler vite, j’avais envisagé que cette aventure me prendrait au moins 15 jours. In fine, je suis resté presque 5 semaines à Varanasi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’expérience m’a démontré que si vous revenez plusieurs jours de suite au même endroit, vous aurez toujours de nouvelles opportunités de faire des photos très différentes de celles prises les jours précédents. Prendre son temps permet de mettre toutes les chances de son côté. Malgré ça, je trouvais qu’il me manquait toujours quelques chose. D’où ce séjour prolongé pour tenter de revenir avec un travail abouti. S’il manque une photo quand on est rentré chez soi, c’est trop tard. A moins d’avoir les moyens illimités et se payer un nouveau billet d’avion pour réparer « l’oubli ». Ce n’est pas mon cas et les frais étaient à ma charge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;La réflexion issue du terrain&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour m’imprégner du « sujet », je me fais guider sur les lieux d’interventions par l’équipe soignante d’Action Bénarès. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le lendemain de mon arrivée, tôt le matin, je suis déjà à pied-d’oeuvre dans le bidonville de La Khabuza. Je veux bénéficier de la douce luminosité matinale car en Inde, les lumières sont souvent très violentes et contrastées si on se lève trop tard. Je passe la matinée à observer le travail des soignants, le comportement des résidents du bidonville vis à vis de l’équipe et comment ils me perçoivent en ma qualité d’étranger. Dès le début, je suis étonné de la gaité qui règnent en ce lieu, pourtant symbole de misère. Je fais quand même quelques photos « pour me chauffer ». L’une d’entre-elles a quand même été sélectionnée pour le livre. Je trouve même que c’est l'une des meilleures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Je fais connaissance avec les personnes qui viennent se faire soigner. Elles m’identifient immédiatement avec bienveillance comme un membre de l’ONG. J’ai préalablement pris le précaution de demander aux soignants d’expliquer la raison de ma présence. Elles savent que je suis journaliste et que je prépare un livre. Jouer la transparence est indispensable pour tisser une relation de confiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au fil des jours et en consultant tous les soirs ma production photographique, le livre commence à prendre forme dans ma tête. Les longues soirées à discuter avec l’équipe m’aident aussi à faire avancer le projet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Très vite, il m’apparaît qu’il faut aller au-delà du simple témoignage sur le remarquable dévouement de l’équipe médicale. Les « héros » de cette aventure sont aussi les « intouchables ». Ces hommes et ces femmes, ces enfants qui viennent se faire soigner et qui vivent dans la plus totale précarité. Dans le bidonville, à l’hôpital des grands brûlés, sur les gaths qui mènent sur les rives du Gange ou dans la léproserie de Kashi, ces « cassés de la vie » ne sont pas que de simples patients. Eux aussi ont une histoire à raconter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’est née l’idée d’intégrer dans le livre des portraits de quelques uns de ces pauvres gens. Le livre prend à ce moment une autre dimension. En racontant -avec leur accord- leur vie, je vais croiser leur vécu à celui de l’ONG. Des histoires étroitement liées. Je dois leur rendre hommage en les sortant de l’anonymat. Mettre en évidence leur humanité car comme tout le monde, ils expriment des joies et des souffrances. Il faut éviter que les photos ne les réduisent à une « illustration de la misère du monde sur papier glacé ». Au-delà de leur image, aussi respectueuse soit-elle, c’est le texte qui va leur donner vie et leur rendre leur humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Seul le lecteur pourra dire si j’y suis parvenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si le livre vous intéresse, l'intrégalité du prix de ventre est reversé à Action Bénarès: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://actionbenares.org/index.php?lang=fr" target="_blank" rel="nofollow"&gt;actionbenares.org/index.php?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
English&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
"Benares Action, for the Love of the Untouchables"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
The birth of a book&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Action Bénarès, for the Love of the untouchables "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Book design&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
When I went to Varanasi in October 2018 with the project of producing a book on the NGO Action Bénarès, I already knew the association, on which I had written an article several years ago. This time, the original idea was to make a TV documentary to help him. The project could not succeed, I told myself that a book would be more easily achievable. When I got there, I have to admit that I had no firm idea of ​​what this book would be like after I left the print shop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
For a book, the approach is not the same as for a predominantly photographic report for a magazine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
For a written press report, it is of course necessary to invest yourself thoroughly, to enter into its subject, to understand all its facets in order to relate the images and the words which accurately reproduce reality.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
For the photographic aspect, if at the end of editing you get a series of at least twenty different images, it’s won! You need a sufficient choice with "an opening image", wide shots, close shots, vertical and horizontal framing to diversify the layout. But few magazines publish a lot of photos. If we publish between 5 and 10, we can consider ourselves happy. But that’s no reason to rush the job. If the photos are strong, complementary and diverse, you increase your chances of being published.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
The book itself requires a different approach. There, you have to select between 100 and 200 images. We no longer play in the same category. Even an 84-page book like "Bénarès, pour l'Amour des untouchable", you have to "fill in" the model, without tiring the reader. It requires unwavering involvement. And even more hard work than I had 6 months before me for this report.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
As I am fortunate to work quickly, I planned that this adventure would take me at least 15 days. Ultimately, I stayed almost 5 weeks in Varanasi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;Reflection from the field&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
To immerse myself in the "subject", I am guided to the intervention sites by the Action Bénarès care team.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
The day after my arrival, early in the morning, I was already hard at work in the slum of La Khabuza. I want to benefit from the soft morning light because in India, the lights are often very violent and contrasting if we get up too late. I spend the morning observing the work of caregivers, the behavior of slum residents towards the team and how they perceive me as a foreigner. From the start, I was amazed at the gaiety that reigns in this place, yet a symbol of misery. I still take some photos “to warm myself up”. One of them was nevertheless selected for the book. I even find it to be one of the best.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
I get to know people who come for treatment. They immediately kindly identify me as a member of the NGO. I previously took the precaution of asking the caregivers to explain the reason for my presence. They know that I am a journalist and that I am preparing a book. Play transparency is essential to build a relationship of trust.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
As the days go by and by consulting my photographic production every evening, the book begins to take shape in my head. The long evenings chatting with the team also help me move the project forward.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Very quickly, it seemed to me that it was necessary to go beyond the simple testimony of the remarkable dedication of the medical team. The "heroes" of this adventure are also the "untouchables". These men and women, these children who come for treatment and who live in total insecurity. In the shantytown, in the hospital for burn victims, on the gaths which lead to the banks of the Ganges or in the leper colony of Kashi, these "broken people" are not just simple patients. They too have a story to tell.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
This is how the idea was born to include in the book portraits of some of these poor people. The book then takes on another dimension. By telling - with their agreement - their life, I will cross their experience with that of the NGO. Closely related stories. I must pay tribute to them by exiting them from anonymity. Highlight their humanity because like everyone else, they express joy and suffering. We must avoid that the photos reduce them to an “illustration of the misery of the world on glossy paper”. Beyond their image, as respectful as it is, it is the text that will give them life and give them back their humanity.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Only the reader will be able to tell if I have succeeded.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://actionbenares.org/index.php?lang=en" target="_blank" rel="nofollow"&gt;actionbenares.org/index.php?lang=en&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>« Action Bénarès, pour l’Amour des intouchables » La conception d’un livre</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;em&gt;Quand je suis arrivé à Varanasi en octobre 2018 avec le projet de réaliser un livre sur l’ONG Action Bénarès, je connaissais déjà l’association, sur laquelle j’avais écrit un article il y a plusieurs années. Cette fois, l’idée initiale était de faire un documentaire télévisé pour lui venir en aide. Le projet n’ayant pu aboutir, je me suis dit qu’un livre serait plus aisément réalisable. Quand je suis arrivé sur place, je dois reconnaître que je n’avais pas d’idée bien arrêtée sur ce que serait ce livre, une fois sorti de l’imprimerie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Pour un livre, l’approche n’est pas la même que pour un reportage photographique destiné à un magazine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour un reportage de presse écrite il faut bien entendu s’investir à fond, entrer dans son sujet, en comprendre toutes les facettes afin de rapporter les images et les mots qui restituent la réalité avec précision. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour l’aspect photographique, si à l’issue de l’editing vous obtenez une série d’un minimum d’une vingtaine d’images différentes, c’est gagné ! Il faut un choix suffisant avec « une image d’ouverture », des plan larges, des plans serrés, des cadrages verticaux et horizontaux pour diversifier la mise en page. Mais rares sont les magazines qui publient beaucoup de photos. Si ils en publient entre 5 et 10, on peut s’estimer heureux. Mais ce n’est pas une raison pour bâcler le travail. Si les photos sont fortes, complémentaires et diversifiées, on augmente ses chances d’être diffusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le livre, lui, nécessite une démarche différente. Là, il faut sélectionner entre 100 et 200 images. On ne joue plus dans la même catégorie. Même un livre de 84 pages comme « Bénarès, pour l’Amour des intouchable », on doit « nourrir » la maquette, sans lasser le futur lecteur. Ça demande une implication sans faille. Et un travail d’autant plus acharné que je n’avais pas 6 mois devant moi pour ce reportage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Comme j’ai la chance de travailler vite, j’avais envisagé que cette aventure me prendrait au moins 15 jours. In fine, je suis resté presque 5 semaines à Varanasi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’expérience m’a démontré que si vous revenez plusieurs jours de suite au même endroit, vous aurez toujours de nouvelles opportunités de faire des photos très différentes de celles prises les jours précédents. Prendre son temps permet de mettre toutes les chances de son côté. Malgré ça, je trouvais qu’il me manquait toujours quelques chose. D’où ce séjour prolongé pour tenter de revenir avec un travail abouti. S’il manque une photo quand on est rentré chez soi, c’est trop tard. A moins d’avoir les moyens illimités et se payer un nouveau billet d’avion pour réparer « l’oubli ». Ce n’est pas mon cas et les frais étaient à ma charge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;La réflexion issue du terrain&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour m’imprégner du « sujet », je me fais guider sur les lieux d’interventions par l’équipe soignante d’Action Bénarès. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le lendemain de mon arrivée, tôt le matin, je suis déjà à pied-d’oeuvre dans le bidonville de La Khabuza. Je veux bénéficier de la douce luminosité matinale car en Inde, les lumières sont souvent très violentes et contrastées si on se lève trop tard. Je passe la matinée à observer le travail des soignants, le comportement des résidents du bidonville vis à vis de l’équipe et comment ils me perçoivent en ma qualité d’étranger. Dès le début, je suis étonné de la gaité qui règnent en ce lieu, pourtant symbole de misère. Je fais quand même quelques photos « pour me chauffer ». L’une d’entre-elles a quand même été sélectionnée pour le livre. Je trouve même que c’est l'une des meilleures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Je fais connaissance avec les personnes qui viennent se faire soigner. Elles m’identifient immédiatement avec bienveillance comme un membre de l’ONG. J’ai préalablement pris le précaution de demander aux soignants d’expliquer la raison de ma présence. Elles savent que je suis journaliste et que je prépare un livre. Jouer la transparence est indispensable pour tisser une relation de confiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au fil des jours et en consultant tous les soirs ma production photographique, le livre commence à prendre forme dans ma tête. Les longues soirées à discuter avec l’équipe m’aident aussi à faire avancer le projet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Très vite, il m’apparaît qu’il faut aller au-delà du simple témoignage sur le remarquable dévouement de l’équipe médicale. Les « héros » de cette aventure sont aussi les « intouchables ». Ces hommes et ces femmes, ces enfants qui viennent se faire soigner et qui vivent dans la plus totale précarité. Dans le bidonville, à l’hôpital des grands brûlés, sur les gaths qui mènent sur les rives du Gange ou dans la léproserie de Kashi, ces « cassés de la vie » ne sont pas que de simples patients. Eux aussi ont une histoire à raconter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
C’est ainsi qu’est née l’idée d’intégrer dans le livre des portraits de quelques uns de ces pauvres gens. Le livre prend à ce moment une autre dimension. En racontant -avec leur accord- leur vie, je vais croiser leur vécu à celui de l’ONG. Des histoires étroitement liées. Je dois leur rendre hommage en les sortant de l’anonymat. Mettre en évidence leur humanité car comme tout le monde, ils expriment des joies et des souffrances. Il faut éviter que les photos ne les réduisent à une « illustration de la misère du monde sur papier glacé ». Au-delà de leur image, aussi respectueuse soit-elle, c’est le texte qui va leur donner vie et leur rendre leur humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Seul le lecteur pourra dire si j’y suis parvenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si le livre vous intéresse, l'intrégalité du prix de ventre est reversé à Action Bénarès: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://actionbenares.org/index.php?lang=fr" target="_blank" rel="nofollow"&gt;actionbenares.org/index.php?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
English&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
"Benares Action, for the Love of the Untouchables"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
The birth of a book&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Action Bénarès, for the Love of the untouchables "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Book design&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
When I went to Varanasi in October 2018 with the project of producing a book on the NGO Action Bénarès, I already knew the association, on which I had written an article several years ago. This time, the original idea was to make a TV documentary to help him. The project could not succeed, I told myself that a book would be more easily achievable. When I got there, I have to admit that I had no firm idea of ​​what this book would be like after I left the print shop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
For a book, the approach is not the same as for a predominantly photographic report for a magazine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
For a written press report, it is of course necessary to invest yourself thoroughly, to enter into its subject, to understand all its facets in order to relate the images and the words which accurately reproduce reality.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
For the photographic aspect, if at the end of editing you get a series of at least twenty different images, it’s won! You need a sufficient choice with "an opening image", wide shots, close shots, vertical and horizontal framing to diversify the layout. But few magazines publish a lot of photos. If we publish between 5 and 10, we can consider ourselves happy. But that’s no reason to rush the job. If the photos are strong, complementary and diverse, you increase your chances of being published.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
The book itself requires a different approach. There, you have to select between 100 and 200 images. We no longer play in the same category. Even an 84-page book like "Bénarès, pour l'Amour des untouchable", you have to "fill in" the model, without tiring the reader. It requires unwavering involvement. And even more hard work than I had 6 months before me for this report.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
As I am fortunate to work quickly, I planned that this adventure would take me at least 15 days. Ultimately, I stayed almost 5 weeks in Varanasi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:larger;"&gt;Reflection from the field&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
To immerse myself in the "subject", I am guided to the intervention sites by the Action Bénarès care team.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
The day after my arrival, early in the morning, I was already hard at work in the slum of La Khabuza. I want to benefit from the soft morning light because in India, the lights are often very violent and contrasting if we get up too late. I spend the morning observing the work of caregivers, the behavior of slum residents towards the team and how they perceive me as a foreigner. From the start, I was amazed at the gaiety that reigns in this place, yet a symbol of misery. I still take some photos “to warm myself up”. One of them was nevertheless selected for the book. I even find it to be one of the best.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
I get to know people who come for treatment. They immediately kindly identify me as a member of the NGO. I previously took the precaution of asking the caregivers to explain the reason for my presence. They know that I am a journalist and that I am preparing a book. Play transparency is essential to build a relationship of trust.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
As the days go by and by consulting my photographic production every evening, the book begins to take shape in my head. The long evenings chatting with the team also help me move the project forward.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Very quickly, it seemed to me that it was necessary to go beyond the simple testimony of the remarkable dedication of the medical team. The "heroes" of this adventure are also the "untouchables". These men and women, these children who come for treatment and who live in total insecurity. In the shantytown, in the hospital for burn victims, on the gaths which lead to the banks of the Ganges or in the leper colony of Kashi, these "broken people" are not just simple patients. They too have a story to tell.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
This is how the idea was born to include in the book portraits of some of these poor people. The book then takes on another dimension. By telling - with their agreement - their life, I will cross their experience with that of the NGO. Closely related stories. I must pay tribute to them by exiting them from anonymity. Highlight their humanity because like everyone else, they express joy and suffering. We must avoid that the photos reduce them to an “illustration of the misery of the world on glossy paper”. Beyond their image, as respectful as it is, it is the text that will give them life and give them back their humanity.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Only the reader will be able to tell if I have succeeded.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="http://actionbenares.org/index.php?lang=en" target="_blank" rel="nofollow"&gt;actionbenares.org/index.php?lang=en&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>L’alliance de la modernité et de la tradition pour redonner à Bhaktapur son lustre d’antan</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4727562</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2019-09-22,post-4727562</guid>
    <pubDate>Sun, 22 Sep 2019 09:23:12 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Bhaktapur, ville de 80.000 habitants bénéficie d'une restauration à grande échelle. Le chantier est monumental et se prolongera sur plusieurs décennies.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Située dans la vallées de Katmandou, où cinq autres sites sont inscrits au patrimoine mondial (10 dans tout le Népal), Bhaktapur a entrepris dès 1974, un programme titanesque de rénovation avec l’aide de l’Allemagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il n’a jamais été question de faire de cette ville de 80.000 habitants un musée à ciel ouvert, même si la ville compte sur le tourisme pour assurer son développement. L’objectif est de sauver un précieux patrimoine architectural et culturel, représenté par de multiples temples, palais et maisons traditionnelles, tout en apportant à la population le confort moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il a donc fallu dans un premier temps, améliorer le système d’adduction d’eau, créer un réseau d’égouts et développer un système sanitaire dans les habitations individuelles ou collectives. Mais la partie la plus spectaculaire du programme est la préservation du caractère médiéval de la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:large;"&gt;&lt;em&gt;Formation d’un corps d’artisans hautement qualifiés&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La cité avait mal vieilli en raison des défauts inhérents à la construction traditionnelle. En particulier, la faiblesse des fondations, le manque d’étanchéité des toits ou des joints entre la maçonnerie et les éléments en bois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le travail de sauvegarde  est d’autant plus délicat que les artisans traditionnels avaient quasiment disparus. Il a fallu faire renaître d’anciens métiers. De nombreux artisans et ouvriers du bâtiment ont donc été formés sur la tas, aux nouvelles méthodes et techniques applicables à la construction traditionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Tous les corps de métier ont été formés afin d'allier la tradition à la modernité sur ce chantier de restauration. L'objectif est de rendre son aspect médéval à la ville&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Des sculpteurs ont été initiés à la restauration du patrimoine. Hautement qualifiés, ces artistes utilisent toujours des outils traditionnels&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, un corps hautement qualifié de professionnels est désormais opérationnel. En revanche, le travail du bois est toujours réalisé à la hache plate, à l’herminette ou à l’aide d’outil locaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:large;"&gt;L’alliance de la modernité et de la tradition&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour les constructions proprement dites, le programme privilégie le style et les matériaux originaux qui sont réutilisés pour conserver l’aspect traditionnel des édifices. Cependant, en raison des dommages structurels générés par les techniques ancestrales, il fallait innover pour assurer la pérennité des édifices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’apport de la modernité a consisté, par exemple, à renforcer les fondations par injection de béton ou à traiter les bois. Les toits ont bénéficié d’une attention particulière. Le chevronnage de planches a ainsi été recouvert d’un double carton bitumé appliqué sur du goudron chaud, et d’un boue traitée aux herbicides afin de limiter la formation des mousses. Enfin, l’ensemble a été revêtu de tuiles traditionnelles enduites de « syltrète de silicone », puis d’argile humide pour redonner leur aspect d’antan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Toutes les tuiles d'origine sont nettoyées à la main, une à une, avant d'être réutilisées&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si de nombreux immeubles privés ont été totalement reconstruits, Bhaktapur ne s’interdit pas de nouvelles constructions en lieu et place d’édifices irrécupérables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les hyper-structures en béton sont systématiquement ornées de briques traditionnelle rouges et de sculptures en bois afin de conserver à la cité sa cohérence et son style médiéval.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Afin de fournir les briques rouges pour les besoins du chantier, de nombreuses briqueteries ont été réactivées ou construite dans la vallée. La technique de fabrication est la même que celle utilisée pas les népalais depuis des centaines d’années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bhaktapur est aujourd’hui la ville du Népal qui attire le plus de touristes. Quant aux artisans qui participent à la résurrection de la cité, ils sont considérés comme de véritables artistes et des "dieux-vivants". Ils sont adulés et régulièrement fêtés par la population locale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:small;"&gt;&lt;em&gt;- Note : cet article a été publié fin 2008 dans un magazine professionnel. Je reproduis ici l'article d'origine, n'y apportant qu'une ou deux petites modifications de forme.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>L’alliance de la modernité et de la tradition pour redonner à Bhaktapur son lustre d’antan</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Bhaktapur, ville de 80.000 habitants bénéficie d'une restauration à grande échelle. Le chantier est monumental et se prolongera sur plusieurs décennies.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Située dans la vallées de Katmandou, où cinq autres sites sont inscrits au patrimoine mondial (10 dans tout le Népal), Bhaktapur a entrepris dès 1974, un programme titanesque de rénovation avec l’aide de l’Allemagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il n’a jamais été question de faire de cette ville de 80.000 habitants un musée à ciel ouvert, même si la ville compte sur le tourisme pour assurer son développement. L’objectif est de sauver un précieux patrimoine architectural et culturel, représenté par de multiples temples, palais et maisons traditionnelles, tout en apportant à la population le confort moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il a donc fallu dans un premier temps, améliorer le système d’adduction d’eau, créer un réseau d’égouts et développer un système sanitaire dans les habitations individuelles ou collectives. Mais la partie la plus spectaculaire du programme est la préservation du caractère médiéval de la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:large;"&gt;&lt;em&gt;Formation d’un corps d’artisans hautement qualifiés&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La cité avait mal vieilli en raison des défauts inhérents à la construction traditionnelle. En particulier, la faiblesse des fondations, le manque d’étanchéité des toits ou des joints entre la maçonnerie et les éléments en bois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le travail de sauvegarde  est d’autant plus délicat que les artisans traditionnels avaient quasiment disparus. Il a fallu faire renaître d’anciens métiers. De nombreux artisans et ouvriers du bâtiment ont donc été formés sur la tas, aux nouvelles méthodes et techniques applicables à la construction traditionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Tous les corps de métier ont été formés afin d'allier la tradition à la modernité sur ce chantier de restauration. L'objectif est de rendre son aspect médéval à la ville&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Des sculpteurs ont été initiés à la restauration du patrimoine. Hautement qualifiés, ces artistes utilisent toujours des outils traditionnels&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Aujourd’hui, un corps hautement qualifié de professionnels est désormais opérationnel. En revanche, le travail du bois est toujours réalisé à la hache plate, à l’herminette ou à l’aide d’outil locaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:large;"&gt;L’alliance de la modernité et de la tradition&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour les constructions proprement dites, le programme privilégie le style et les matériaux originaux qui sont réutilisés pour conserver l’aspect traditionnel des édifices. Cependant, en raison des dommages structurels générés par les techniques ancestrales, il fallait innover pour assurer la pérennité des édifices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’apport de la modernité a consisté, par exemple, à renforcer les fondations par injection de béton ou à traiter les bois. Les toits ont bénéficié d’une attention particulière. Le chevronnage de planches a ainsi été recouvert d’un double carton bitumé appliqué sur du goudron chaud, et d’un boue traitée aux herbicides afin de limiter la formation des mousses. Enfin, l’ensemble a été revêtu de tuiles traditionnelles enduites de « syltrète de silicone », puis d’argile humide pour redonner leur aspect d’antan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Toutes les tuiles d'origine sont nettoyées à la main, une à une, avant d'être réutilisées&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si de nombreux immeubles privés ont été totalement reconstruits, Bhaktapur ne s’interdit pas de nouvelles constructions en lieu et place d’édifices irrécupérables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les hyper-structures en béton sont systématiquement ornées de briques traditionnelle rouges et de sculptures en bois afin de conserver à la cité sa cohérence et son style médiéval.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Afin de fournir les briques rouges pour les besoins du chantier, de nombreuses briqueteries ont été réactivées ou construite dans la vallée. La technique de fabrication est la même que celle utilisée pas les népalais depuis des centaines d’années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bhaktapur est aujourd’hui la ville du Népal qui attire le plus de touristes. Quant aux artisans qui participent à la résurrection de la cité, ils sont considérés comme de véritables artistes et des "dieux-vivants". Ils sont adulés et régulièrement fêtés par la population locale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:small;"&gt;&lt;em&gt;- Note : cet article a été publié fin 2008 dans un magazine professionnel. Je reproduis ici l'article d'origine, n'y apportant qu'une ou deux petites modifications de forme.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Procès du « Cuba Libre » à Rouen</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4727544</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2019-09-20,post-4727544</guid>
    <pubDate>Fri, 20 Sep 2019 17:17:04 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Une vingtaine d'avocats étaient présents lors de ce procés hors-normes &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les deux gérants du « Cuba Libre », deux frères, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Rouen (Seine-Maritime) pour « homicide involontaire » avec circonstance aggravantes en raison d’une &lt;em&gt;« violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence »&lt;/em&gt;. Une négligence et une légèreté qui auront pour conséquence la mort de 14 personnes. Mortes par asphyxie pour l’essentiel, mais dont les corps ont ensuite été carbonisés par les flammes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les prévenus n’ont jamais contesté leur responsabilité dans ce drame. Ils ont reconnu - conformément à l’enquête judiciaire et aux constatations des experts - avoir aménagé la cave exigüe de leur bar, en discothèque. Une exploration commerciale sans autorisation et dans la plus parfaite illégalité. Pire, pour insonoriser les lieux à moindre frais, ils ont utilisé des matériaux hautement inflammables. C’est justement les bougies d’un gâteau d’anniversaire qui a déclenché l’incendie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En raison de la configuration des lieux, les consommateurs ont été pris au piège. Les matériaux sous l’effet du feu ont immédiatement dégagé une épaisse fumée noire, terriblement toxique. Ce qui a empêché les victimes qui ne voyaient pas à 10 centimètres, de se diriger pour s’échapper par l’escalier glissant et étroit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Il fallait se contorsionner pour accéder à la piste de danse au sous-sol »,&lt;/em&gt; a témoigné l’un des deux seuls rescapés qui n’ont dû leur salut qu’en se jetant par réflexe dans le mur de flamme. &lt;em&gt;« Je suis tombé plusieurs fois et je me suis brûlé les mains sur les marches en fusion. Je tenais ma cousine par le bras, mais elle a glissé elle aussi et je l’ai perdue. Je m’en veux de ne pas avoir pu la sauver ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il y avait bien un extincteur dans la cave, mais les pompiers l’ont retrouvé à un endroit où personne ne pouvait le voir. Un extincteur qui n’avait pas été contrôlé depuis… 2012.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:large;"&gt;&lt;em&gt;Un drame qui aurait pu être évité&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A l’audience, les sauveteurs ont indiqué qu’ils n’ont appris qu’au bout d’une heure l’existence d’une issue de secours. Mais elle était fermée à clé. Selon l’officier de la première équipe de sapeurs-pompiers intervenue sur le lieu du drame, &lt;em&gt;« si cette porte avait été ouverte, il n’y aurait probablement eu aucune victime grave ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces 8 jours d’audience, ont été terribles pour les nerfs. Ce même officier évoque son collègue en état de sidération devant les corps inertes de deux jeunes hommes, &lt;em&gt;« visiblement de la même famille. Ils étaient assis contre un mur, enlacés et couverts de suie ».&lt;/em&gt; Le pompier ne pouvait détacher son regard de cette macabre scène. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Emotion encore, lorsque les familles des victimes sont venues parler de leur enfants. &lt;em&gt;« Des jeunes qui ne demandaient qu’à vivre ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce procès sous haute-tension a nécessité à plusieurs reprises l’intervention des secouristes de la Croix-Rouge -en permanence sur place- pour des malaises et des crises de nerfs. Une cellule psychologique était également opérationnelle pour soutenir les familles ravagées par la douleur, à l’issue de leurs dépositions à la barre, où après avoir entendu les sauveteurs expliquer les circonstances dans lesquelles les jeunes étaient morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un procès n’aura laissé personne insensible à la description du drame et à la douleurs des parties civile. Avocats, magistrats et journalistes ont tous eu, à un moment ou à un autre, la larme à l’oeil et la gorge nouée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:large;"&gt;&lt;em&gt;Dix infractions volontaires à la législation&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Lundi 16 septembre, le Pascal Prache, Procureur de la République (représentant la société), dans un réquisitoire synthétique et limpide, à rappelé que si les prévenus n’avaient pas voulu ce drame, ils avaient néanmoins commis dix infractions à la législation sur les établissements recevant du public (ERP). &lt;em&gt;« Dix infractions intentionnelles, a-t-il martelé en s’adressant aux deux gérants. Intentionnelles car vous aviez 10 ans d’expérience dans le gestion d’un bar. Vous n’étiez pas des débutants et ne me dites pas que vous aviez une phobie administrative. Lorsque vous avez voulu avoir une autorisation afin d’obtenir l’élargissement des horaires d’ouverture de votre établissement, vous avez su faire une demande en bonne et due forme auprès de la préfecture. Mais l’existence de cette boîte de nuit, qui a permis une progression de votre chiffre d’affaires de 30 %, vous l’avez toujours dissimulée à l'administration. Vous aviez une notion à géométrie variable de la règlementation ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Conformément au rôle du ministère public de requérir à charge et à décharge, considérant que les prévenus n’avaient pas de casier judiciaire et qu’ils reconnaissaient leur responsabilité dans ce drame mortel, il a requis 4 ans d’emprisonnement ferme, pour les deux frères. Sans aménagement de peine en raison de la gravité des faits et de leurs conséquences. Peine assortie d’une interdiction définitive de gérer des établissements recevant du public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après que les avocats de la défense aient tenté l’impossible, la présidente a levée l’audience et annoncé que l’affaire était mise en délibéré. Le jugement sera rendu le 222 octobre 2019. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Le drame qui s'est traduit par la mort de 14 personnes a été largement médiatisé&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans la salle des pas perdus, les familles et leurs avocats ont acceptés pour la plupart, de donner leur sentiment à la presse, sur le quantum de la peine requise par le procureur de la République. &lt;em&gt;« Je pense que 5 ans, la peine maximale encourue, aurait été méritée, &lt;/em&gt;confie le père d’une des victimes. &lt;em&gt;Mais 5, 10 ou 15 ans, ne nous rendra pas notre enfant (…) Sa chambre restera désespérément vide (…) Mais 4 ans de prison pour 14 décès, Cela fait globalement 3 mois par enfant mort. C’est un peu léger ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le tribunal est souverain et peut aller au-delà des réquiditions du Procureur de la République en prononçant la peine maximale. Mais comme le disent les familles, ce n’est pas ça qui leur rendra leurs enfants. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Procès du « Cuba Libre » à Rouen</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
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Une vingtaine d'avocats étaient présents lors de ce procés hors-normes &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les deux gérants du « Cuba Libre », deux frères, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Rouen (Seine-Maritime) pour « homicide involontaire » avec circonstance aggravantes en raison d’une &lt;em&gt;« violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence »&lt;/em&gt;. Une négligence et une légèreté qui auront pour conséquence la mort de 14 personnes. Mortes par asphyxie pour l’essentiel, mais dont les corps ont ensuite été carbonisés par les flammes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les prévenus n’ont jamais contesté leur responsabilité dans ce drame. Ils ont reconnu - conformément à l’enquête judiciaire et aux constatations des experts - avoir aménagé la cave exigüe de leur bar, en discothèque. Une exploration commerciale sans autorisation et dans la plus parfaite illégalité. Pire, pour insonoriser les lieux à moindre frais, ils ont utilisé des matériaux hautement inflammables. C’est justement les bougies d’un gâteau d’anniversaire qui a déclenché l’incendie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En raison de la configuration des lieux, les consommateurs ont été pris au piège. Les matériaux sous l’effet du feu ont immédiatement dégagé une épaisse fumée noire, terriblement toxique. Ce qui a empêché les victimes qui ne voyaient pas à 10 centimètres, de se diriger pour s’échapper par l’escalier glissant et étroit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Il fallait se contorsionner pour accéder à la piste de danse au sous-sol »,&lt;/em&gt; a témoigné l’un des deux seuls rescapés qui n’ont dû leur salut qu’en se jetant par réflexe dans le mur de flamme. &lt;em&gt;« Je suis tombé plusieurs fois et je me suis brûlé les mains sur les marches en fusion. Je tenais ma cousine par le bras, mais elle a glissé elle aussi et je l’ai perdue. Je m’en veux de ne pas avoir pu la sauver ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il y avait bien un extincteur dans la cave, mais les pompiers l’ont retrouvé à un endroit où personne ne pouvait le voir. Un extincteur qui n’avait pas été contrôlé depuis… 2012.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:large;"&gt;&lt;em&gt;Un drame qui aurait pu être évité&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A l’audience, les sauveteurs ont indiqué qu’ils n’ont appris qu’au bout d’une heure l’existence d’une issue de secours. Mais elle était fermée à clé. Selon l’officier de la première équipe de sapeurs-pompiers intervenue sur le lieu du drame, &lt;em&gt;« si cette porte avait été ouverte, il n’y aurait probablement eu aucune victime grave ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces 8 jours d’audience, ont été terribles pour les nerfs. Ce même officier évoque son collègue en état de sidération devant les corps inertes de deux jeunes hommes, &lt;em&gt;« visiblement de la même famille. Ils étaient assis contre un mur, enlacés et couverts de suie ».&lt;/em&gt; Le pompier ne pouvait détacher son regard de cette macabre scène. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Emotion encore, lorsque les familles des victimes sont venues parler de leur enfants. &lt;em&gt;« Des jeunes qui ne demandaient qu’à vivre ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce procès sous haute-tension a nécessité à plusieurs reprises l’intervention des secouristes de la Croix-Rouge -en permanence sur place- pour des malaises et des crises de nerfs. Une cellule psychologique était également opérationnelle pour soutenir les familles ravagées par la douleur, à l’issue de leurs dépositions à la barre, où après avoir entendu les sauveteurs expliquer les circonstances dans lesquelles les jeunes étaient morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un procès n’aura laissé personne insensible à la description du drame et à la douleurs des parties civile. Avocats, magistrats et journalistes ont tous eu, à un moment ou à un autre, la larme à l’oeil et la gorge nouée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:large;"&gt;&lt;em&gt;Dix infractions volontaires à la législation&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Lundi 16 septembre, le Pascal Prache, Procureur de la République (représentant la société), dans un réquisitoire synthétique et limpide, à rappelé que si les prévenus n’avaient pas voulu ce drame, ils avaient néanmoins commis dix infractions à la législation sur les établissements recevant du public (ERP). &lt;em&gt;« Dix infractions intentionnelles, a-t-il martelé en s’adressant aux deux gérants. Intentionnelles car vous aviez 10 ans d’expérience dans le gestion d’un bar. Vous n’étiez pas des débutants et ne me dites pas que vous aviez une phobie administrative. Lorsque vous avez voulu avoir une autorisation afin d’obtenir l’élargissement des horaires d’ouverture de votre établissement, vous avez su faire une demande en bonne et due forme auprès de la préfecture. Mais l’existence de cette boîte de nuit, qui a permis une progression de votre chiffre d’affaires de 30 %, vous l’avez toujours dissimulée à l'administration. Vous aviez une notion à géométrie variable de la règlementation ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Conformément au rôle du ministère public de requérir à charge et à décharge, considérant que les prévenus n’avaient pas de casier judiciaire et qu’ils reconnaissaient leur responsabilité dans ce drame mortel, il a requis 4 ans d’emprisonnement ferme, pour les deux frères. Sans aménagement de peine en raison de la gravité des faits et de leurs conséquences. Peine assortie d’une interdiction définitive de gérer des établissements recevant du public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après que les avocats de la défense aient tenté l’impossible, la présidente a levée l’audience et annoncé que l’affaire était mise en délibéré. Le jugement sera rendu le 222 octobre 2019. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Dans la salle des pas perdus, les familles et leurs avocats ont acceptés pour la plupart, de donner leur sentiment à la presse, sur le quantum de la peine requise par le procureur de la République. &lt;em&gt;« Je pense que 5 ans, la peine maximale encourue, aurait été méritée, &lt;/em&gt;confie le père d’une des victimes. &lt;em&gt;Mais 5, 10 ou 15 ans, ne nous rendra pas notre enfant (…) Sa chambre restera désespérément vide (…) Mais 4 ans de prison pour 14 décès, Cela fait globalement 3 mois par enfant mort. C’est un peu léger ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le tribunal est souverain et peut aller au-delà des réquiditions du Procureur de la République en prononçant la peine maximale. Mais comme le disent les familles, ce n’est pas ça qui leur rendra leurs enfants. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Rameswaram, la Varanasi du Tamil Nadu</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4725834</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2019-07-20,post-4725834</guid>
    <pubDate>Sat, 20 Jul 2019 16:39:16 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Une étonnante ambiance règne à Rameswaram (ou Rasmeshwaram). Haut lieu de spiritualité et de ferveur religieuse, la vénérable cité indienne du Tamil Nadu, accueille chaque année plusieurs millions de pèlerins. Cette ville sainte, est l’un des lieux de pèlerinages les plus importants de l’Inde… Après Varanasi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Appelée Bénarès du temps de l’empire britannique, Varanasi est placée sous la protection de &lt;em&gt;Shivâ&lt;/em&gt;, considéré comme le dieu suprême de l’hindouisme. C’est sur les rives du Gange que tout hindou doit se faire incinérer et voir ses cendres répandues dans les eaux du fleuve sacré… Histoire d’interrompre, une bonne fois pour toutes, l’infernal cycle des réincarnations. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Mais pour atteindre définitivement le nirvana, la dispersion de ses cendres dans le fleuve sacré n’est pas suffisante. Ce doit être l’aboutissement de toute une vie de dévot. Il faut notamment que son comportement ait été irréprochable et avoir accompli tout au long de son passage sur terre, un nombre incroyable de pèlerinages dans tous les lieux saints de l'inde. Surtout si l'on veut se laver d’actes pas toujours compatibles avec ceux d’un saint homme ou d'une sainte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
Sur l’île de la côte Est de l’Inde du Sud, à quelques kilomètres à vol d’oiseau du Sri Lanka, tout hindou qui se respecte doit venir à Ramsewaram -aussi surnommée la petite Varanasi - pour y prier au moins une fois dans sa vie. Comme Varanasi, ou Rishikesh (où le Gange prend sa source), à Rameswaram un bain dans les eaux sacrées permet de laver les souillures du corps et de l’âme. Mais cette cité religieuse a la particularité d'être l’ultime étape obligatoire, avant de se rendre à Varanasi pour le dernier grand plongeon dans le Gange. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Des premières lueurs de l’aube, aux derniers rayons du soleil, après un circuit ritualisé, les pèlerins venus de toute l’Inde, se réunissent par milliers sur la plage de Rameswaram, pour faire pénitence. Une purification qui ne sera obtenue qu’à l’issue de savantes prières et de longues pratiques ritualisées. Un vrai spectacle ésotérique et multicolore pour les rares profanes venus ici, par hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce pèlerinage pour le &lt;em&gt;« bain de la rédemption »&lt;/em&gt;, fait le bonheurs des Gourous, mages, Sadhus et astrologues qui, moyennant une bonne poignée de roupies, tentent, selon leur spécialité, de prédire l’avenir ou d’attirer sur le croyant, les bonnes grâces de la divinité de son choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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Pourquoi une telle ferveur à Rameswaram ? Selon la légende, c’est dans les eaux qui bordent cette île que le dieu &lt;em&gt;Râma&lt;/em&gt; s’est purifié après avoir tué à Ceylan (Sri-Lanka), le démon &lt;em&gt;Râvana&lt;/em&gt;. Un démon qui avait eu la mauvaise idée de lui enlever son épouse &lt;em&gt;Sitâ&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après avoir été absous dans les eaux sacrées, il érigea un étonnant temple kitch, dans la plus pure tradition de l’art pompier indien, baptisé &lt;em&gt;Ramanatha Swamy&lt;/em&gt;. Lieu de culte qu’il dédia à &lt;em&gt;Shivâ&lt;/em&gt; qu’il avait imploré avant d’affronter &lt;em&gt;Râvana&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Aujourd’hui, Rameswaram abrite quelque trente-sept-mille âmes. L’essentiel est constitué de pêcheurs. Le reste de la population travaille dans le tourisme religieux et l’accueil des pèlerins. Côté ferveur religieuse, l’Inde ne connaît pas la crise.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Rameswaram, la Varanasi du Tamil Nadu</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Une étonnante ambiance règne à Rameswaram (ou Rasmeshwaram). Haut lieu de spiritualité et de ferveur religieuse, la vénérable cité indienne du Tamil Nadu, accueille chaque année plusieurs millions de pèlerins. Cette ville sainte, est l’un des lieux de pèlerinages les plus importants de l’Inde… Après Varanasi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Appelée Bénarès du temps de l’empire britannique, Varanasi est placée sous la protection de &lt;em&gt;Shivâ&lt;/em&gt;, considéré comme le dieu suprême de l’hindouisme. C’est sur les rives du Gange que tout hindou doit se faire incinérer et voir ses cendres répandues dans les eaux du fleuve sacré… Histoire d’interrompre, une bonne fois pour toutes, l’infernal cycle des réincarnations. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Mais pour atteindre définitivement le nirvana, la dispersion de ses cendres dans le fleuve sacré n’est pas suffisante. Ce doit être l’aboutissement de toute une vie de dévot. Il faut notamment que son comportement ait été irréprochable et avoir accompli tout au long de son passage sur terre, un nombre incroyable de pèlerinages dans tous les lieux saints de l'inde. Surtout si l'on veut se laver d’actes pas toujours compatibles avec ceux d’un saint homme ou d'une sainte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Sur l’île de la côte Est de l’Inde du Sud, à quelques kilomètres à vol d’oiseau du Sri Lanka, tout hindou qui se respecte doit venir à Ramsewaram -aussi surnommée la petite Varanasi - pour y prier au moins une fois dans sa vie. Comme Varanasi, ou Rishikesh (où le Gange prend sa source), à Rameswaram un bain dans les eaux sacrées permet de laver les souillures du corps et de l’âme. Mais cette cité religieuse a la particularité d'être l’ultime étape obligatoire, avant de se rendre à Varanasi pour le dernier grand plongeon dans le Gange. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Des premières lueurs de l’aube, aux derniers rayons du soleil, après un circuit ritualisé, les pèlerins venus de toute l’Inde, se réunissent par milliers sur la plage de Rameswaram, pour faire pénitence. Une purification qui ne sera obtenue qu’à l’issue de savantes prières et de longues pratiques ritualisées. Un vrai spectacle ésotérique et multicolore pour les rares profanes venus ici, par hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce pèlerinage pour le &lt;em&gt;« bain de la rédemption »&lt;/em&gt;, fait le bonheurs des Gourous, mages, Sadhus et astrologues qui, moyennant une bonne poignée de roupies, tentent, selon leur spécialité, de prédire l’avenir ou d’attirer sur le croyant, les bonnes grâces de la divinité de son choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Pourquoi une telle ferveur à Rameswaram ? Selon la légende, c’est dans les eaux qui bordent cette île que le dieu &lt;em&gt;Râma&lt;/em&gt; s’est purifié après avoir tué à Ceylan (Sri-Lanka), le démon &lt;em&gt;Râvana&lt;/em&gt;. Un démon qui avait eu la mauvaise idée de lui enlever son épouse &lt;em&gt;Sitâ&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après avoir été absous dans les eaux sacrées, il érigea un étonnant temple kitch, dans la plus pure tradition de l’art pompier indien, baptisé &lt;em&gt;Ramanatha Swamy&lt;/em&gt;. Lieu de culte qu’il dédia à &lt;em&gt;Shivâ&lt;/em&gt; qu’il avait imploré avant d’affronter &lt;em&gt;Râvana&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Aujourd’hui, Rameswaram abrite quelque trente-sept-mille âmes. L’essentiel est constitué de pêcheurs. Le reste de la population travaille dans le tourisme religieux et l’accueil des pèlerins. Côté ferveur religieuse, l’Inde ne connaît pas la crise.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Cham, le guide chantant</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4723898</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2019-06-07,post-4723898</guid>
    <pubDate>Fri, 07 Jun 2019 09:50:58 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;background-color:rgb(255, 255, 255);"&gt;Cham, le sympathique guide chantant et polyglotte&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;« Je suis u-ne poupée de cire... u-ne poupée de son… »&lt;/em&gt; Nous ne sommes pas en 1965, lorsque France Galle &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(1)&lt;/span&gt; a remporté l’Eurovision avec cette chanson écrite par Serge Gainsbourg &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(2)&lt;/span&gt;. Nous sommes dans les montagnes du Mondulkiri (Cambodge). Depuis que le taxi nous a laissé au bord d'une piste, notre guide, Cham, chante à tue-tête les tubes français des années 1960-70. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ça fait plus de trois quart d’heure que nous marchons sur un sentier fortement pentu, en direction du camp des éléphants protégés par l'association &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mondulkiri Project éléphant Sanctury.&lt;/em&gt; Et depuis le départ, il n’a cessé de chanter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Moi qui était venu me ressourcer en pleine nature, me vider la tête et apprécier le silence... Je suis déconcerté. Et déconcentré. La marche n'en est que plus difficile. J’ai l’impression d’avoir emporté avec moi le &lt;em&gt;best off de la variété française&lt;/em&gt;. Claude François &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(3),&lt;/span&gt; Françoise Hardy &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(4),&lt;/span&gt; Dalida &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(5)&lt;/span&gt;, Charles Aznavour &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(6)&lt;/span&gt;, Joe Dassin &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(7)&lt;/span&gt;, Sylvie Vartan &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(8),&lt;/span&gt; Johnny Hallyday &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(9)&lt;/span&gt;... Et même Jean Sablon &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(10)&lt;/span&gt;. Qui aujourd’hui encore connaît Jean Sablon ? Toutes les vedettes de la variété des années 1960 à 1970 y passent. Et lorsque Cham commence une chanson, il la chante jusqu’à la dernière strophe. Il les connaît toutes par coeur. Heureusement qu’il a une belle voix et qu’il chante juste :&lt;em&gt; "J'suis l'poinçonneur des Lilas..."&lt;/em&gt; (Gainsbourg).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cham est un type très sympathique. Je ne me sens pas le courage de lui dire de se taire. Je l’aurais vraisemblablement fait, s’il chantait faux. Comment lui dire, sans le vexer, que je n’ai pas fait des milliers de kilomètres pour écouter un concert en pleine nature, des anciennes stars de la chansonnette française ? Une ambiance pour le moins décalée qui me gâche un peu la quiétude que j'étais venu chercher dans ces montagnes du bout du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Entre deux chansons, il nous donne quand même, dans un français parfait, des explications sur ce que nous allons trouver dans le village de la minorité Bunong. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cette ethnie montagnarde loue des éléphants à l’organisation non gouvernementale (ONG) écologiste, pour que les touristes puissent les observer en pleine nature. A peine a-t-il terminé son explication qu’il entonne une nouvelle chanson. C’est reparti pour un  morceau du répertoire national français. Cette fois, c'est Sylvie Vartan : « Je serai la plus belle pour aller danser ce soir... » Avec nos chaussures de marche pleines de boue, titubant et manquant de chuter à chaque pas et dégoulinant de sueur, je ne pense pas que nous ayons la tenue adaptée pour aller danser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces chansons, je les connais moi aussi. Elles ont baigné mon enfance et mon adolescence. Mais j’étais plutôt adepte des Rolling stones. Je ne connais que les refrains. Lui, il connaît toutes les paroles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Du Johnny plein la tête&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Nous arrivons à proximité du camp des éléphants. Enfin, c’est le guide qui l’affirme car nous débouchons dans une clairière où les montagnards viennent de brûler un hectare de forêt pour en faire des terres cultivables. Cham donne quelques informations sur cette technique de déforestation et ses conséquences néfastes sur l’environnement et la biodiversité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A peine a-il terminé ses explications qu'il s’arrête et me regarde fixement. Il esquisse un sourire, tend le bras vers les troncs calcinés et se met à chanter : &lt;em&gt;« Allumez, le feu… »&lt;/em&gt;. Il a le sens de l’à propos en entonnant une célèbre chanson de Johnny Hallyday, notre rocker national. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je crois que je vais m’effondrer. Mais à ma grande surprise, j’éclate de rire. C'est sans doute nerveux. Dans son regard rieur, j’ai l’impression que Cham se dit :&lt;em&gt; « Ça y est, il commence à se détendre le Français ! »&lt;/em&gt; C'est vrai que je me décoince devant l’incongruité de la situation. C'est la difficulté de la marche qui m'a fait perdre mon sens de l'humour. Le problème, c'est que j’ai le refrain de Johnny imprimé dans la tête. Il ne me quittera plus de la journée. Merci Cham !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Encore un petit effort, et nous arrivons enfin chez les Bunongs. Un tout petit village constitué que quelques maisonnettes. Nous faisons une longue pause avant de rejoindre les éléphants qui se trouvent dans la forêt, sur l'autre rive de la rivière à la sortie du village. (Lire l’article : &lt;a href="https://www.ipernity.com/blog/1922040/4722240)" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.ipernity.com/blog/1922040/4722240&lt;/a&gt; )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je me dis que cette situation est suffisamment baroque pour en tirer profit et que je pourrais faire le portrait de cet étonnant guide. Il faut admettre qu’il n’est pas banal ce garçon. Cette pause tombe à pic pour une interview improvisée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;La chançon française &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
utilisée comme support pédagogique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cham a été élevé chez les Bunongs. Ses parents étaient Khmers, l’ethnie majoritaire à plus de 90 % au Cambodge, mais il a grandi dans l'un des villages de cette ethnie de montagnards. Il parle donc leur langue et plusieurs autres dialectes locaux dont certains ne sont plus parlés que par quelques dizaines de personnes.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:left;"&gt;&lt;em&gt;« Le Bunong, plus répandu, est une langue très difficile,&lt;/em&gt; précise-t-il. &lt;em&gt;Essentiellement orale, elle n’a pas d’alphabet. Il suffit d’accentuer une voyelle pour changer littéralement le sens de la phrase »&lt;/em&gt;. Ça lui a valu de se retrouver parfois en mauvaises situations. &lt;em&gt;« Je faisais un compliment et on a cru que je proférais des insultes. Maintenant, je communique avec les Bunongs dans leur langue, lorsque c’est vraiment indispensable. Surtout avec les anciens qui ne parlent ni le khmer et encore moins l'anglais. Les Bunongs sont des gens susceptibles qui ont la machette facile »&lt;/em&gt;.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et d'où vient cette passion pour la chanson française ? &lt;em&gt;« Le Cambodge, a longtemps été sous protectorat français,&lt;/em&gt; rappelle Cham. &lt;em&gt;Les plus anciens parlent encore un peu cette langue, mais elle se perd au profit de l’Anglais. Notre ancien roi, Norodom Sihanouk &lt;/em&gt;(1922-2012)&lt;em&gt; qui se faisait appeler « Monseigneur papa », était un véritable francophile. Passionné de culture française, il parlait parfaitement votre langue. Il était aussi amoureux de la chanson française. C’est lui qui l’a importée au Cambodge. De sorte qu’aujourd’hui encore, les radios diffusent toujours vos vedettes de cette époque. Tous les Cambodgiens, même les plus jeunes, connaissent ces chansons et leur interprètes. Elles sont systématiquement reprises dans les karaokés, très populaires ici, et chantées dans les repas de familles ». &lt;/em&gt;Incroyable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au-delà de sa passion irraisonnée pour ces chansons, Cham a voulu aller plus loin. Joindre l’utile à l’agréable. Grâce à une application sur son smartphone, il a traduit tous les textes de ses chansons françaises préférées, en khmers. &lt;em&gt;« C’est comme ça que j’ai appris les bases du français et beaucoup de vocabulaire. En pratiquant quotidiennement avec les touristes, j’ai fini par parler correctement au bout de deux ou trois ans ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si Cham a utilisé la variété française comme support pédagogique, il en a fait de même pour le Thaï et l’Anglais et l’Italien. Résultat, il chante également dans ces langues. Si vous envisagez d'aller faiire un tour dans les montagnes de Mondulkiri, vous êtes prévenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(1) France Galle au concours de l'Eurovision 1965 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=7cv9NIzGmSI" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=7cv9NIzGmSI&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(2) Serge Gainsbourg &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=eWkWCFzkOvU" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=eWkWCFzkOvU&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(3) Claude François &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=yfhu5GJq5BQ" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=yfhu5GJq5BQ&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(4) Françoise Hardy &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=XPkBMqehr5k" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=XPkBMqehr5k&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(5) Dalida &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=nSmpbGHe8oE" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=nSmpbGHe8oE&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(6) Charles Aznavour &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=4Z0Os6wXXCc" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=4Z0Os6wXXCc&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(7) Joe Dassin &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=_PDABGJb2og" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=_PDABGJb2og&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(8) Sylvie Vartan &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=mAMPPdBsnt4" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=mAMPPdBsnt4&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(9) Johnny Hallyday &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=zjs80ynE5hE" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=zjs80ynE5hE&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(10) Jean Sablon &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=x1K0G5CJz3A" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=x1K0G5CJz3A&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et cerise sur la gâteau en faisant mes recherches pour trouver ces liens sur internet, je suis tombé sur cette perle. Le prince Norodom Sihanouk chante : &lt;em&gt;Monica &lt;/em&gt;(en français dans le texte) &lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=fbca9auI50E" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=fbca9auI50E&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Cham, le guide chantant</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;background-color:rgb(255, 255, 255);"&gt;Cham, le sympathique guide chantant et polyglotte&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;          &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Je suis u-ne poupée de cire... u-ne poupée de son… »&lt;/em&gt; Nous ne sommes pas en 1965, lorsque France Galle &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(1)&lt;/span&gt; a remporté l’Eurovision avec cette chanson écrite par Serge Gainsbourg &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(2)&lt;/span&gt;. Nous sommes dans les montagnes du Mondulkiri (Cambodge). Depuis que le taxi nous a laissé au bord d'une piste, notre guide, Cham, chante à tue-tête les tubes français des années 1960-70. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ça fait plus de trois quart d’heure que nous marchons sur un sentier fortement pentu, en direction du camp des éléphants protégés par l'association &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mondulkiri Project éléphant Sanctury.&lt;/em&gt; Et depuis le départ, il n’a cessé de chanter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Moi qui était venu me ressourcer en pleine nature, me vider la tête et apprécier le silence... Je suis déconcerté. Et déconcentré. La marche n'en est que plus difficile. J’ai l’impression d’avoir emporté avec moi le &lt;em&gt;best off de la variété française&lt;/em&gt;. Claude François &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(3),&lt;/span&gt; Françoise Hardy &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(4),&lt;/span&gt; Dalida &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(5)&lt;/span&gt;, Charles Aznavour &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(6)&lt;/span&gt;, Joe Dassin &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(7)&lt;/span&gt;, Sylvie Vartan &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(8),&lt;/span&gt; Johnny Hallyday &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(9)&lt;/span&gt;... Et même Jean Sablon &lt;span style="font-size:smaller;"&gt;(10)&lt;/span&gt;. Qui aujourd’hui encore connaît Jean Sablon ? Toutes les vedettes de la variété des années 1960 à 1970 y passent. Et lorsque Cham commence une chanson, il la chante jusqu’à la dernière strophe. Il les connaît toutes par coeur. Heureusement qu’il a une belle voix et qu’il chante juste :&lt;em&gt; "J'suis l'poinçonneur des Lilas..."&lt;/em&gt; (Gainsbourg).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cham est un type très sympathique. Je ne me sens pas le courage de lui dire de se taire. Je l’aurais vraisemblablement fait, s’il chantait faux. Comment lui dire, sans le vexer, que je n’ai pas fait des milliers de kilomètres pour écouter un concert en pleine nature, des anciennes stars de la chansonnette française ? Une ambiance pour le moins décalée qui me gâche un peu la quiétude que j'étais venu chercher dans ces montagnes du bout du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Entre deux chansons, il nous donne quand même, dans un français parfait, des explications sur ce que nous allons trouver dans le village de la minorité Bunong. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cette ethnie montagnarde loue des éléphants à l’organisation non gouvernementale (ONG) écologiste, pour que les touristes puissent les observer en pleine nature. A peine a-t-il terminé son explication qu’il entonne une nouvelle chanson. C’est reparti pour un  morceau du répertoire national français. Cette fois, c'est Sylvie Vartan : « Je serai la plus belle pour aller danser ce soir... » Avec nos chaussures de marche pleines de boue, titubant et manquant de chuter à chaque pas et dégoulinant de sueur, je ne pense pas que nous ayons la tenue adaptée pour aller danser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces chansons, je les connais moi aussi. Elles ont baigné mon enfance et mon adolescence. Mais j’étais plutôt adepte des Rolling stones. Je ne connais que les refrains. Lui, il connaît toutes les paroles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Du Johnny plein la tête&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Nous arrivons à proximité du camp des éléphants. Enfin, c’est le guide qui l’affirme car nous débouchons dans une clairière où les montagnards viennent de brûler un hectare de forêt pour en faire des terres cultivables. Cham donne quelques informations sur cette technique de déforestation et ses conséquences néfastes sur l’environnement et la biodiversité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A peine a-il terminé ses explications qu'il s’arrête et me regarde fixement. Il esquisse un sourire, tend le bras vers les troncs calcinés et se met à chanter : &lt;em&gt;« Allumez, le feu… »&lt;/em&gt;. Il a le sens de l’à propos en entonnant une célèbre chanson de Johnny Hallyday, notre rocker national. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je crois que je vais m’effondrer. Mais à ma grande surprise, j’éclate de rire. C'est sans doute nerveux. Dans son regard rieur, j’ai l’impression que Cham se dit :&lt;em&gt; « Ça y est, il commence à se détendre le Français ! »&lt;/em&gt; C'est vrai que je me décoince devant l’incongruité de la situation. C'est la difficulté de la marche qui m'a fait perdre mon sens de l'humour. Le problème, c'est que j’ai le refrain de Johnny imprimé dans la tête. Il ne me quittera plus de la journée. Merci Cham !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Encore un petit effort, et nous arrivons enfin chez les Bunongs. Un tout petit village constitué que quelques maisonnettes. Nous faisons une longue pause avant de rejoindre les éléphants qui se trouvent dans la forêt, sur l'autre rive de la rivière à la sortie du village. (Lire l’article : &lt;a href="https://www.ipernity.com/blog/1922040/4722240)" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.ipernity.com/blog/1922040/4722240&lt;/a&gt; )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je me dis que cette situation est suffisamment baroque pour en tirer profit et que je pourrais faire le portrait de cet étonnant guide. Il faut admettre qu’il n’est pas banal ce garçon. Cette pause tombe à pic pour une interview improvisée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;La chançon française &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
utilisée comme support pédagogique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cham a été élevé chez les Bunongs. Ses parents étaient Khmers, l’ethnie majoritaire à plus de 90 % au Cambodge, mais il a grandi dans l'un des villages de cette ethnie de montagnards. Il parle donc leur langue et plusieurs autres dialectes locaux dont certains ne sont plus parlés que par quelques dizaines de personnes.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:left;"&gt;&lt;em&gt;« Le Bunong, plus répandu, est une langue très difficile,&lt;/em&gt; précise-t-il. &lt;em&gt;Essentiellement orale, elle n’a pas d’alphabet. Il suffit d’accentuer une voyelle pour changer littéralement le sens de la phrase »&lt;/em&gt;. Ça lui a valu de se retrouver parfois en mauvaises situations. &lt;em&gt;« Je faisais un compliment et on a cru que je proférais des insultes. Maintenant, je communique avec les Bunongs dans leur langue, lorsque c’est vraiment indispensable. Surtout avec les anciens qui ne parlent ni le khmer et encore moins l'anglais. Les Bunongs sont des gens susceptibles qui ont la machette facile »&lt;/em&gt;.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et d'où vient cette passion pour la chanson française ? &lt;em&gt;« Le Cambodge, a longtemps été sous protectorat français,&lt;/em&gt; rappelle Cham. &lt;em&gt;Les plus anciens parlent encore un peu cette langue, mais elle se perd au profit de l’Anglais. Notre ancien roi, Norodom Sihanouk &lt;/em&gt;(1922-2012)&lt;em&gt; qui se faisait appeler « Monseigneur papa », était un véritable francophile. Passionné de culture française, il parlait parfaitement votre langue. Il était aussi amoureux de la chanson française. C’est lui qui l’a importée au Cambodge. De sorte qu’aujourd’hui encore, les radios diffusent toujours vos vedettes de cette époque. Tous les Cambodgiens, même les plus jeunes, connaissent ces chansons et leur interprètes. Elles sont systématiquement reprises dans les karaokés, très populaires ici, et chantées dans les repas de familles ». &lt;/em&gt;Incroyable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au-delà de sa passion irraisonnée pour ces chansons, Cham a voulu aller plus loin. Joindre l’utile à l’agréable. Grâce à une application sur son smartphone, il a traduit tous les textes de ses chansons françaises préférées, en khmers. &lt;em&gt;« C’est comme ça que j’ai appris les bases du français et beaucoup de vocabulaire. En pratiquant quotidiennement avec les touristes, j’ai fini par parler correctement au bout de deux ou trois ans ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si Cham a utilisé la variété française comme support pédagogique, il en a fait de même pour le Thaï et l’Anglais et l’Italien. Résultat, il chante également dans ces langues. Si vous envisagez d'aller faiire un tour dans les montagnes de Mondulkiri, vous êtes prévenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(1) France Galle au concours de l'Eurovision 1965 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=7cv9NIzGmSI" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=7cv9NIzGmSI&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(2) Serge Gainsbourg &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=eWkWCFzkOvU" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=eWkWCFzkOvU&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(3) Claude François &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=yfhu5GJq5BQ" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=yfhu5GJq5BQ&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(4) Françoise Hardy &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=XPkBMqehr5k" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=XPkBMqehr5k&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(5) Dalida &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=nSmpbGHe8oE" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=nSmpbGHe8oE&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(6) Charles Aznavour &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=4Z0Os6wXXCc" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=4Z0Os6wXXCc&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(7) Joe Dassin &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=_PDABGJb2og" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=_PDABGJb2og&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(8) Sylvie Vartan &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=mAMPPdBsnt4" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=mAMPPdBsnt4&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(9) Johnny Hallyday &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=zjs80ynE5hE" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=zjs80ynE5hE&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(10) Jean Sablon &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=x1K0G5CJz3A" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=x1K0G5CJz3A&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et cerise sur la gâteau en faisant mes recherches pour trouver ces liens sur internet, je suis tombé sur cette perle. Le prince Norodom Sihanouk chante : &lt;em&gt;Monica &lt;/em&gt;(en français dans le texte) &lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=fbca9auI50E" target="_blank" rel="nofollow"&gt;www.youtube.com/watch?v=fbca9auI50E&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>De l’hévéa au caoutchouc industriel</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4723474</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2019-05-28,post-4723474</guid>
    <pubDate>Tue, 28 May 2019 16:56:58 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;L'usine est automatisée à 90 %, mais le conditionnement du latex se fait toujours manuellement &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
© Jean-Luc Drouin&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Des hévéas, encore des hévéas, des hévéas à perte de vue. Ça fait plus de 20 minutes que nous sommes cernés par ces arbres, alors que nous circulons en tuk-tuk en direction d’une usine de transformation du latex. En chemin, Sofar, mon guide, commence à me donner des informations historiques sur la plantation qui fait la fierté de la région. &lt;em&gt;« Pendant de la guerre du Vietnam, les américains ont bombardé l’usine, sans parvenir à stopper la production. Les Français, à l’origine de cette activité industrielle, sont définitivement partis en 1975, à l’arrivée des Khmers rouges. Jusqu’en 1979, ces derniers ont utilisé le site pour leur logistique génocidaire. Ils exécutaient leurs victimes dans la cour de l’usine ou dans les plantations et empilaient les cadavres dans la piscine de Monsieur Martinez, le dernier directeur Français de l’usine »&lt;/em&gt;. Mais, même au ralenti, pendant le génocide, la production continue. S’en suit l’occupation vietnamienne. La production ne redémarre réellement qu’au début des années 1990, lorsque le Cambodge retrouve sa souveraineté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A l’évocation de ce bref rappel historique, ma bonne humeur s’est envolée. Sofar, lui, garde le sourire. Il arrête son tuk-tuk en pleine forêt et me fait signe de le suivre. Que va-t-il me montrer, des tombes, des restes humains ou je ne sais quelle horreur? J’ai en tête les images du film Roland Joffé &lt;em&gt;« La Déchirure »&lt;/em&gt;. Un film tiré d’une histoire vraie pendant la période Khmers Rouges, sorti sur les écrans en 1984.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pas du tout. Il s’arrête devant une rangée d’arbres dont les troncs ont été incisés en diagonale. La sève s’écoule très lentement dans des godets en noix de coco. L’intermède historique est clos. On est revenu à la production de la &lt;em&gt;Chup Rubber Plantation&lt;/em&gt;. Selon Sofar &lt;em&gt;« le meilleur moment pour récolter le latex est en pleine nuit. Aux alentours de 3 heures du matin. A cette heure, la matière première est encore fluide et permet d’obtenir la meilleure qualité. Plus tard dans la journée, quand le soleil commence à sévir, le latex durcit. La qualité s’en ressent ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;20.000 hectares d’hévéas&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans cette gigantesque plantation de 20.000 hectares d’hévéas, gourmande en main d’oeuvre car la scarification et la récolte se font manuellement, les ouvriers ne sont visiblement pas passés ce matin. Les godets sont remplis d’un liquide blanc qui commence à se solidifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Hier soir&lt;/em&gt;, m’explique Sofar, avec une pointe d’humour, &lt;em&gt;les ouvriers chargés de la récolte et de l’entretien des arbres, ont sans doute fait la fête. Ils n’ont pas entendu le chant du coq »&lt;/em&gt;. Je me demande si les 6.000 ouvriers et leurs familles qui travaillent et vivent dans la plantation ont tous le gueule de bois ? Les Cambodgiens sont réputés être des fêtards, mais tout de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’au milieu de ces dizaines de milliers d’arbres, nous n’avons pas croisé grand monde. Et il est déjà 9 heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un gardien passe à vélo. Sofa lui fait signe. Il s’arrête et lui demande de répondre à mes questions. J’apprends ainsi qu’un hévéa âgé entre 15 et 35 ans, donne une production optimale de latex. On commence à l’inciser vers l’âge de 10 ans. Les arbres les plus anciens ont une trentaine d’années. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les dizaines de milliers d’hévéas de la plantation délaissés pendant la récente histoire tourmentée du pays, ont progressivement été arrachés pour permettre la plantation de nouveaux arbres. Combien sont réellement exploités sur ces 20.000 hectares ? Le gardien a l’air embêté et avance sans conviction le chiffre de &lt;em&gt;« plusieurs millions »&lt;/em&gt;. Dans son regard il me semble déceler une interrogation : &lt;em&gt;« il n’a pas d’autres questions stupides à me poser ce touriste ?! »&lt;/em&gt;. Il enchaine, affirmant que l’usine de transformation produit quotidiennement entre 30 et 40 tonnes de caoutchouc, quand elle tourne à plein régime. Je lui serre la main en le remerciant et je me dirige vers le tuk-tuk. Il semble franchement soulagé. " &lt;em&gt;Tu lui a fait passer un véritable examen &lt;/em&gt;" me lance Sofar, avec un sourire jusqu'aux oreilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dix minutes plus tard, nous entrons dans la cour de l’usine. Direction la cabane du gardien où nous nous acquittons d’un dollar, en contrepartie d’un badge de &lt;em&gt;visiteur&lt;/em&gt;. Cette usine a l’air vétuste. On se croirait sur un site de production européen de la fin des années 1950. Pourtant, la production est automatisée à 90% et pour les Cambodgiens, cette manufacture est moderne. Je me demande comment on peut produire autant de caoutchouc dans une telle usine. Même à plein régime. En tout cas, aujourd’hui, elle tourne au ralenti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Avant de faire des photos, je fais le tour du site de production, accompagné d’un chef d’équipe qui et m’explique le processus de fabrication. Il est toujours utile de savoir ce que l’on va photographier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Un processus automatisé&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le latex fraîchement récolté arrive dans de mini camions-citernes. Il est aussitôt transbordé dans des cuves d’eau mélangée à de l’ammoniaque et à de l’acide formique. Cette solution dans laquelle le latex restera 24 heures, est destinée à le faire coaguler. Après avoir été malaxé, la matière première passe dans un bassin de décantation. Une dizaine d’heures plus tard, il a gagné en élasticité. Il peut alors passer sous une presse, d’où il ressort sous forme d’une bande, plus ou moins large, en flux continu, entraîné sur un tapis roulant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La bande de latex encore fortement imbibée d’eau, doit être séchée. La matière premièe passe alors dans plusieurs fours dont le premier est réglé à 120°. Lorsque le caoutchouc sort du dernier four, on attend qu’il prenne la température ambiante pour être acheminé, toujours sur des tapis roulants, vers le service conditionnement. Des ouvriers le réceptionnent et en font des ballots de 35 kilos, avant de les placer sur des palettes pouvant supporter 1.200 kilos. Les dimensions des palettes sont calculées pour optimiser le chargement des conteneurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Ouvrier de maintenance qui tente de faire redémarrer une machine&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le chef d’équipe me précise que deux qualités de caoutchouc sortent de l’usine. La première est destinée à l’aéronautique, notamment pour les pneus des trains d’atterrissage et pour les secteurs médicaux et pharmaceutiques. Ce caoutchouc le plus pur, présente une couleur claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La seconde qualité, d’aspect plus ou moins foncé, correspond aux besoins des manufacturiers de pneus automobiles ou du secteur de la chaussure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les conteneurs sont tous expédiés vers la Chine qui se charge de les acheminer par la mer vers d’autres pays d’Asie ou en Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il y a quelques années après une période de croissance continue, la tonne de caoutchouc se négociait 4.000 $ la tonne. Aujourd’hui, les cours se sont effondrés et le prix de la tonne est tombé à 1.500 $.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Une industrie détournée &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces explications techniques données, le chef d’équipe repart vaquer à ses occupations. Il me laisse libre de mes mouvements. Sans la moindre restriction. &lt;em&gt;« Pas de problème, vous photographiez ce que vous voulez »&lt;/em&gt;. Je ne vais pas m’en priver. C’est donc avec les manutentionnaires du service conditionnement que je vais discuter et faire l’essentiel de mes photos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’ambiance a l’air conviviale. Tout le monde semble satisfait de son sort, malgré une température ambiante avoisinant les 40°. Les salariés, pour la plupart, ont le sourire et se laissent photographier. J’ai du mal à faire des images où ils ne sont pas hilares. Cette bonne humeur tient sans doute à la bonne entente générale et à la rémunération mensuelle qui avoisine 250 $ par mois. 20 à 30 % plus élevée que le salaire moyen au Cambodge. De plus, les familles des employés sont logées gratuitement dans des maisonnettes réparties dans la plantations, formant de petits quartiers. J’en ai croisé plusieurs en arrivant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces conditions relativement bonnes pour les ouvriers ne doivent pas faire perdre de vue que l’essentiel de la manne financière issue de la transformation du latex ne profite qu’à un seul homme : l’actuel premier ministre. Dès son arrivée au pouvoir, il a fait main basse sur la&lt;em&gt; Chup Rubber  Plantation&lt;/em&gt;, comme sur l’essentiel des industries du pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, il a vendu des pans entiers de l’économie du pays aux Chinois qui pratiquent un néo-colonialisme offensif. Sihanoukville, au sud-ouest du pays, est désormais une ville chinoise avec ses casinos et ses bordels. Dans le reste du pays, ils prennent le contrôle de nombreux commerces. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les Cambodgiens ne voient pas cette nouvelle &lt;em&gt;« occupation étrangère »&lt;/em&gt; d’un bon oeil. Mais pas le moindre embryon de résistance à l’horizon. Si les Khmers (éthnie majoritaire à plus de 90 %) parlent politique, c’est entre amis ou en famille. Loin des oreilles indiscrètes. Ici, les délateurs sont nombreux et les réseaux sociaux sous surveillance. Sofar, mon guide qui vient de me donner ses informations s’arrête soudainement. Il met son index devant la bouche et dit &lt;em&gt;« Chut ! Ce que je viens de te dire ; c’est un secret ! »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>De l’hévéa au caoutchouc industriel</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;L'usine est automatisée à 90 %, mais le conditionnement du latex se fait toujours manuellement &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
© Jean-Luc Drouin&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Des hévéas, encore des hévéas, des hévéas à perte de vue. Ça fait plus de 20 minutes que nous sommes cernés par ces arbres, alors que nous circulons en tuk-tuk en direction d’une usine de transformation du latex. En chemin, Sofar, mon guide, commence à me donner des informations historiques sur la plantation qui fait la fierté de la région. &lt;em&gt;« Pendant de la guerre du Vietnam, les américains ont bombardé l’usine, sans parvenir à stopper la production. Les Français, à l’origine de cette activité industrielle, sont définitivement partis en 1975, à l’arrivée des Khmers rouges. Jusqu’en 1979, ces derniers ont utilisé le site pour leur logistique génocidaire. Ils exécutaient leurs victimes dans la cour de l’usine ou dans les plantations et empilaient les cadavres dans la piscine de Monsieur Martinez, le dernier directeur Français de l’usine »&lt;/em&gt;. Mais, même au ralenti, pendant le génocide, la production continue. S’en suit l’occupation vietnamienne. La production ne redémarre réellement qu’au début des années 1990, lorsque le Cambodge retrouve sa souveraineté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A l’évocation de ce bref rappel historique, ma bonne humeur s’est envolée. Sofar, lui, garde le sourire. Il arrête son tuk-tuk en pleine forêt et me fait signe de le suivre. Que va-t-il me montrer, des tombes, des restes humains ou je ne sais quelle horreur? J’ai en tête les images du film Roland Joffé &lt;em&gt;« La Déchirure »&lt;/em&gt;. Un film tiré d’une histoire vraie pendant la période Khmers Rouges, sorti sur les écrans en 1984.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pas du tout. Il s’arrête devant une rangée d’arbres dont les troncs ont été incisés en diagonale. La sève s’écoule très lentement dans des godets en noix de coco. L’intermède historique est clos. On est revenu à la production de la &lt;em&gt;Chup Rubber Plantation&lt;/em&gt;. Selon Sofar &lt;em&gt;« le meilleur moment pour récolter le latex est en pleine nuit. Aux alentours de 3 heures du matin. A cette heure, la matière première est encore fluide et permet d’obtenir la meilleure qualité. Plus tard dans la journée, quand le soleil commence à sévir, le latex durcit. La qualité s’en ressent ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;20.000 hectares d’hévéas&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans cette gigantesque plantation de 20.000 hectares d’hévéas, gourmande en main d’oeuvre car la scarification et la récolte se font manuellement, les ouvriers ne sont visiblement pas passés ce matin. Les godets sont remplis d’un liquide blanc qui commence à se solidifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;« Hier soir&lt;/em&gt;, m’explique Sofar, avec une pointe d’humour, &lt;em&gt;les ouvriers chargés de la récolte et de l’entretien des arbres, ont sans doute fait la fête. Ils n’ont pas entendu le chant du coq »&lt;/em&gt;. Je me demande si les 6.000 ouvriers et leurs familles qui travaillent et vivent dans la plantation ont tous le gueule de bois ? Les Cambodgiens sont réputés être des fêtards, mais tout de même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’au milieu de ces dizaines de milliers d’arbres, nous n’avons pas croisé grand monde. Et il est déjà 9 heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un gardien passe à vélo. Sofa lui fait signe. Il s’arrête et lui demande de répondre à mes questions. J’apprends ainsi qu’un hévéa âgé entre 15 et 35 ans, donne une production optimale de latex. On commence à l’inciser vers l’âge de 10 ans. Les arbres les plus anciens ont une trentaine d’années. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les dizaines de milliers d’hévéas de la plantation délaissés pendant la récente histoire tourmentée du pays, ont progressivement été arrachés pour permettre la plantation de nouveaux arbres. Combien sont réellement exploités sur ces 20.000 hectares ? Le gardien a l’air embêté et avance sans conviction le chiffre de &lt;em&gt;« plusieurs millions »&lt;/em&gt;. Dans son regard il me semble déceler une interrogation : &lt;em&gt;« il n’a pas d’autres questions stupides à me poser ce touriste ?! »&lt;/em&gt;. Il enchaine, affirmant que l’usine de transformation produit quotidiennement entre 30 et 40 tonnes de caoutchouc, quand elle tourne à plein régime. Je lui serre la main en le remerciant et je me dirige vers le tuk-tuk. Il semble franchement soulagé. " &lt;em&gt;Tu lui a fait passer un véritable examen &lt;/em&gt;" me lance Sofar, avec un sourire jusqu'aux oreilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dix minutes plus tard, nous entrons dans la cour de l’usine. Direction la cabane du gardien où nous nous acquittons d’un dollar, en contrepartie d’un badge de &lt;em&gt;visiteur&lt;/em&gt;. Cette usine a l’air vétuste. On se croirait sur un site de production européen de la fin des années 1950. Pourtant, la production est automatisée à 90% et pour les Cambodgiens, cette manufacture est moderne. Je me demande comment on peut produire autant de caoutchouc dans une telle usine. Même à plein régime. En tout cas, aujourd’hui, elle tourne au ralenti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Avant de faire des photos, je fais le tour du site de production, accompagné d’un chef d’équipe qui et m’explique le processus de fabrication. Il est toujours utile de savoir ce que l’on va photographier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Un processus automatisé&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le latex fraîchement récolté arrive dans de mini camions-citernes. Il est aussitôt transbordé dans des cuves d’eau mélangée à de l’ammoniaque et à de l’acide formique. Cette solution dans laquelle le latex restera 24 heures, est destinée à le faire coaguler. Après avoir été malaxé, la matière première passe dans un bassin de décantation. Une dizaine d’heures plus tard, il a gagné en élasticité. Il peut alors passer sous une presse, d’où il ressort sous forme d’une bande, plus ou moins large, en flux continu, entraîné sur un tapis roulant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La bande de latex encore fortement imbibée d’eau, doit être séchée. La matière premièe passe alors dans plusieurs fours dont le premier est réglé à 120°. Lorsque le caoutchouc sort du dernier four, on attend qu’il prenne la température ambiante pour être acheminé, toujours sur des tapis roulants, vers le service conditionnement. Des ouvriers le réceptionnent et en font des ballots de 35 kilos, avant de les placer sur des palettes pouvant supporter 1.200 kilos. Les dimensions des palettes sont calculées pour optimiser le chargement des conteneurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;span style="font-size:smaller;"&gt;&lt;em&gt;Ouvrier de maintenance qui tente de faire redémarrer une machine&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le chef d’équipe me précise que deux qualités de caoutchouc sortent de l’usine. La première est destinée à l’aéronautique, notamment pour les pneus des trains d’atterrissage et pour les secteurs médicaux et pharmaceutiques. Ce caoutchouc le plus pur, présente une couleur claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La seconde qualité, d’aspect plus ou moins foncé, correspond aux besoins des manufacturiers de pneus automobiles ou du secteur de la chaussure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les conteneurs sont tous expédiés vers la Chine qui se charge de les acheminer par la mer vers d’autres pays d’Asie ou en Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il y a quelques années après une période de croissance continue, la tonne de caoutchouc se négociait 4.000 $ la tonne. Aujourd’hui, les cours se sont effondrés et le prix de la tonne est tombé à 1.500 $.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style="text-align:center;"&gt;&lt;strong&gt;Une industrie détournée &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces explications techniques données, le chef d’équipe repart vaquer à ses occupations. Il me laisse libre de mes mouvements. Sans la moindre restriction. &lt;em&gt;« Pas de problème, vous photographiez ce que vous voulez »&lt;/em&gt;. Je ne vais pas m’en priver. C’est donc avec les manutentionnaires du service conditionnement que je vais discuter et faire l’essentiel de mes photos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L’ambiance a l’air conviviale. Tout le monde semble satisfait de son sort, malgré une température ambiante avoisinant les 40°. Les salariés, pour la plupart, ont le sourire et se laissent photographier. J’ai du mal à faire des images où ils ne sont pas hilares. Cette bonne humeur tient sans doute à la bonne entente générale et à la rémunération mensuelle qui avoisine 250 $ par mois. 20 à 30 % plus élevée que le salaire moyen au Cambodge. De plus, les familles des employés sont logées gratuitement dans des maisonnettes réparties dans la plantations, formant de petits quartiers. J’en ai croisé plusieurs en arrivant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ces conditions relativement bonnes pour les ouvriers ne doivent pas faire perdre de vue que l’essentiel de la manne financière issue de la transformation du latex ne profite qu’à un seul homme : l’actuel premier ministre. Dès son arrivée au pouvoir, il a fait main basse sur la&lt;em&gt; Chup Rubber  Plantation&lt;/em&gt;, comme sur l’essentiel des industries du pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, il a vendu des pans entiers de l’économie du pays aux Chinois qui pratiquent un néo-colonialisme offensif. Sihanoukville, au sud-ouest du pays, est désormais une ville chinoise avec ses casinos et ses bordels. Dans le reste du pays, ils prennent le contrôle de nombreux commerces. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les Cambodgiens ne voient pas cette nouvelle &lt;em&gt;« occupation étrangère »&lt;/em&gt; d’un bon oeil. Mais pas le moindre embryon de résistance à l’horizon. Si les Khmers (éthnie majoritaire à plus de 90 %) parlent politique, c’est entre amis ou en famille. Loin des oreilles indiscrètes. Ici, les délateurs sont nombreux et les réseaux sociaux sous surveillance. Sofar, mon guide qui vient de me donner ses informations s’arrête soudainement. Il met son index devant la bouche et dit &lt;em&gt;« Chut ! Ce que je viens de te dire ; c’est un secret ! »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</media:text>
    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
  </item>
  <item>
    <title>Il faut sauver les éléphants du Mondulkiri</title>
    <link>https://www.ipernity.com/blog/1922040/4722240</link>
    <guid isPermaLink="false">tag:ipernity.com,2019-05-16,post-4722240</guid>
    <pubDate>Thu, 16 May 2019 05:56:53 +0000</pubDate>
    <author>nobody@ipernity.com (Jean-luc Drouin)</author>
    <description>&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Ça fait une petite heure que nous marchons en compagnie de Cham, notre guide. Nous évoluons en moyenne montagne, à l’approche de la « Forêt des éléphants », où ces mastodontes vivent en semi-liberté. On estime à environ 400 individus le nombre d’éléphants vivant au Cambodge, dont quelques dizaines seraient encore à l’état sauvage. Mais des spécialistes affirment que les rares éléphants libres se trouveraient au Laos. Dans la province du Mondulkiri, il n’en resterait qu’entre 130 et 140 individus. Tous domestiqués. Des statistiques qui datent déjà de plusieurs années. Mais sans l’action de l’Organisation non gouvernementale (ONG)  "Mondulkiri Project éléphant Sanctury", leur extinction serait inéluctable. D’autant que ceux qui subsistent dans la province sont âgés pour la plupart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Actuellement, sept éléphants, dont un mâle âgé de 73 ans, sont en semi-liberté dans le sanctuaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans le village des montagnards Bunongs où nous nous rendons, les pachydermes sont loués à leurs cornacs  par l’organisation de sauvegarde. L’objectif des écologistes cambodgiens est de leur offrir des sanctuaires forestiers – qu’ils louent également – afin qu’ils prennent un peu de repos, après avoir été utilisés à des travaux de force, comme le bardage en forêt. Un dédommageant financier pour les propriétaires qui, quoi qu’en disent les brochures touristiques, en utilisent encore à la frontière vietnamienne, voire en plein territoire vietnamien en toute illégalité. Les épélphants sont utiles dans des secteurs forestiers où les engins mécaniques ne peuvent accéder. Ils sont employés à tracter des troncs d’arbres de plusieurs centaines de kilos. Des bois d’essences précieuses qui se vendent à prix d’or sur les marchés internationaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce traitement de forçat génère chez les pachydermes des maladies et les rend dépressifs. Le taux de natalité s’en ressent. Il est en forte baisse dans tout le Cambodge. Particulièrement chez les Bunongs, de confession animiste. Cette communauté interdit toute relation sexuelle avant le mariage. Comble de malheur, pour nos éléphants, pour cette minorité ethnique, il est le seul animal à être doté d’une âme. Résultat, ils empêchent toute reproduction, car on ne marie pas des pachudermes. Mais depuis quelques années, les associations travaillent à modifier les mentalités. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En raison du vieillissement de la population de cet animal, et ailleurs que dans la communauté Bunong, on n’a pas observé depuis des années la naissance du moindre éléphanteau. Les femelles les plus jeunes sont trop stressées et épuisées, quand elles ne sont pas gravement blessées. Elles sont victimes de dysfonctionnements biologiques qui les rendent stériles. Certains pensent qu’elles refusent inconsciemment de se reproduire pour que leurs progénitures ne connaissent pas le même sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L'apprentissage par la violence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il faut admettre que le dressage d’un éléphanteau est d’une rare violence. Il se fait par la force et dans la douleur. Pour le rendre docile et obéissant, on commence par le séparer de sa mère et on l’affame. Le dressage peut commencer. On lui dit : « Avance ! » en lui piquant le cou avec une lance pointue. Pour la « gauche », on le pique à gauche. Même principe pour la « droite », etc. Cet apprentissage par la violence dure des années. Quand il est adulte, l'éléphant ne craint plus les coups de fer. Mais quand il entend les ordres de son cornac, il se remémore la douleur et obéit immédiatement. Sans broncher. Même s’il n’a pas envie de travailler. « Ne dit-on pas avoir une mémoire d’éléphant ? », interroge mon guide Cham.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Chez les cornacs, c’est comme partout. Il y a des abrutis pervers et d’autres, plus attachés à leur animal. "Il ne faut pas trop en vouloir aux Bunongs", temporise le guide après m’avoir donné en toute franchise ces explications. Pour eux, cette technique de dressage est ancestrale. Aujourd’hui, ils prennent peu à peu conscience que ces méthodes sont cruelles et barbares".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Sanctuariser la forêt&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après un premier contact avec les membres du village Bunong – village qui se résume à trois ou quatre familles et autant de petites maisons où cohabitent plusieurs générations –, direction le sanctuaire. Une réserve protégée d’une quarantaine d’hectares de jungle – qui échappe ainsi à la déforestation –, où sept individus sont actuellement en villégiature. Le plus âgé est un mâle de 72 ans. Lui, est définitivement sauvé. Il est à la retraite. Le benjamin est une benjamine de 34 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Enfants de l'ethnie des Bunongs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les cornacs nous accompagnent. On ne sait jamais. Le vieux mâle et une femelle qui a eu un œil crevé, à la suite d’un accident du travail, peuvent se montrer agressifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
On est là, trois étrangers et notre guide, plantés au milieu de la jungle avec nos régimes de bananes à la main. On n’a pas l’air très malin. Les cornacs sont un peu à l'écart. Vigilants. Ils poussent des cris pour attirer les éléphants. On marche lentement. Au bout de trois minutes, on en aperçoit un. « C’est la femelle la plus jeune, me glisse Cham, à l’oreille. Ne t’inquiète pas, c’est la plus gentille du groupe. Quand tu auras donné les bananes, tu t’écartes quand même de plusieurs mètres. En restant toujours sur le côté. » Me voilà averti. Je donne mes bananes à mes compagnons pour faire des photos. Et là, soudainement, je réalise que nous sommes cernés par les autres éléphants. On ne les a pas entendus ni vus venir. Mais ils sont là. Ils nous observent. Ils reprennent leur progression dans notre direction d’un pas lent. Impressionnant. Il ne faudrait pas qu’ils s’énervent. On n’a aucune solution de repli. On est maintenant au beau milieu du petit troupeau. Seule alternative en cas de charge : « Se placer bien en face et agiter les bras tout en criant », me dit Cham. Ouais ! Plus facile à dire qu’à faire. Mais les éléphants sont plus intéressés par les bananes que par la bagarre. Ça tombe bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
On passe un bon bout de temps avec eux, à les observer et à les goinfrer de bananes. Nos fruits ne sont que des encas, car un éléphant avale 100 kilos de nourriture par jour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
On devait se baigner avec eux dans la rivière, mais une pluie de mousson nous oblige à retourner dans le village pour nous mettre à l'abri. On ne montera pas non plus sur le dos des Pachydermes. Cette pratique si prisée par les touristes est désormais bannie dans la région. Je le savais, sinon, je ne serai pas venu. Comme j’avais refusé à Kratié d’aller voir les derniers dauphins d’eau douce du Mékong. Qu’on les laisse tranquilles, une bonne fois pour toutes, ces animaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si j’ai consenti à venir ici, c’est que les 50 $ par personne que j’ai dû débourser financent l’ONG. Ils serviront à dédommager les cornacs et à favoriser la sanctuarisation d’espaces forestiers. On peut pour le double de la somme passer deux jours sur place. Hébergement chez les montagnards compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si vous passez par là un jour, n’hésitez pas à aller faire un tour dans ce sanctuaire. Vous avez la garantie que vos dollars seront utilisés pour une bonne cause. On peut le déplorer, mais la survie des éléphants du Cambodge passe par le développement d’un tourisme responsable. C’est ça, ou retourner trimer dans les forêts en participant activement à la déforestation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</description>
    <media:title>Il faut sauver les éléphants du Mondulkiri</media:title>
    <media:text type="html">&lt;p class="who"&gt;&lt;a href="https://www.ipernity.com/home/1922040"&gt;Jean-luc Drouin&lt;/a&gt; has posted an article:&lt;/p&gt;&lt;div class="description"&gt;Ça fait une petite heure que nous marchons en compagnie de Cham, notre guide. Nous évoluons en moyenne montagne, à l’approche de la « Forêt des éléphants », où ces mastodontes vivent en semi-liberté. On estime à environ 400 individus le nombre d’éléphants vivant au Cambodge, dont quelques dizaines seraient encore à l’état sauvage. Mais des spécialistes affirment que les rares éléphants libres se trouveraient au Laos. Dans la province du Mondulkiri, il n’en resterait qu’entre 130 et 140 individus. Tous domestiqués. Des statistiques qui datent déjà de plusieurs années. Mais sans l’action de l’Organisation non gouvernementale (ONG)  "Mondulkiri Project éléphant Sanctury", leur extinction serait inéluctable. D’autant que ceux qui subsistent dans la province sont âgés pour la plupart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Actuellement, sept éléphants, dont un mâle âgé de 73 ans, sont en semi-liberté dans le sanctuaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans le village des montagnards Bunongs où nous nous rendons, les pachydermes sont loués à leurs cornacs  par l’organisation de sauvegarde. L’objectif des écologistes cambodgiens est de leur offrir des sanctuaires forestiers – qu’ils louent également – afin qu’ils prennent un peu de repos, après avoir été utilisés à des travaux de force, comme le bardage en forêt. Un dédommageant financier pour les propriétaires qui, quoi qu’en disent les brochures touristiques, en utilisent encore à la frontière vietnamienne, voire en plein territoire vietnamien en toute illégalité. Les épélphants sont utiles dans des secteurs forestiers où les engins mécaniques ne peuvent accéder. Ils sont employés à tracter des troncs d’arbres de plusieurs centaines de kilos. Des bois d’essences précieuses qui se vendent à prix d’or sur les marchés internationaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Ce traitement de forçat génère chez les pachydermes des maladies et les rend dépressifs. Le taux de natalité s’en ressent. Il est en forte baisse dans tout le Cambodge. Particulièrement chez les Bunongs, de confession animiste. Cette communauté interdit toute relation sexuelle avant le mariage. Comble de malheur, pour nos éléphants, pour cette minorité ethnique, il est le seul animal à être doté d’une âme. Résultat, ils empêchent toute reproduction, car on ne marie pas des pachudermes. Mais depuis quelques années, les associations travaillent à modifier les mentalités. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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En raison du vieillissement de la population de cet animal, et ailleurs que dans la communauté Bunong, on n’a pas observé depuis des années la naissance du moindre éléphanteau. Les femelles les plus jeunes sont trop stressées et épuisées, quand elles ne sont pas gravement blessées. Elles sont victimes de dysfonctionnements biologiques qui les rendent stériles. Certains pensent qu’elles refusent inconsciemment de se reproduire pour que leurs progénitures ne connaissent pas le même sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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L'apprentissage par la violence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Il faut admettre que le dressage d’un éléphanteau est d’une rare violence. Il se fait par la force et dans la douleur. Pour le rendre docile et obéissant, on commence par le séparer de sa mère et on l’affame. Le dressage peut commencer. On lui dit : « Avance ! » en lui piquant le cou avec une lance pointue. Pour la « gauche », on le pique à gauche. Même principe pour la « droite », etc. Cet apprentissage par la violence dure des années. Quand il est adulte, l'éléphant ne craint plus les coups de fer. Mais quand il entend les ordres de son cornac, il se remémore la douleur et obéit immédiatement. Sans broncher. Même s’il n’a pas envie de travailler. « Ne dit-on pas avoir une mémoire d’éléphant ? », interroge mon guide Cham.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Chez les cornacs, c’est comme partout. Il y a des abrutis pervers et d’autres, plus attachés à leur animal. "Il ne faut pas trop en vouloir aux Bunongs", temporise le guide après m’avoir donné en toute franchise ces explications. Pour eux, cette technique de dressage est ancestrale. Aujourd’hui, ils prennent peu à peu conscience que ces méthodes sont cruelles et barbares".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Sanctuariser la forêt&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Après un premier contact avec les membres du village Bunong – village qui se résume à trois ou quatre familles et autant de petites maisons où cohabitent plusieurs générations –, direction le sanctuaire. Une réserve protégée d’une quarantaine d’hectares de jungle – qui échappe ainsi à la déforestation –, où sept individus sont actuellement en villégiature. Le plus âgé est un mâle de 72 ans. Lui, est définitivement sauvé. Il est à la retraite. Le benjamin est une benjamine de 34 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Enfants de l'ethnie des Bunongs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Les cornacs nous accompagnent. On ne sait jamais. Le vieux mâle et une femelle qui a eu un œil crevé, à la suite d’un accident du travail, peuvent se montrer agressifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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On est là, trois étrangers et notre guide, plantés au milieu de la jungle avec nos régimes de bananes à la main. On n’a pas l’air très malin. Les cornacs sont un peu à l'écart. Vigilants. Ils poussent des cris pour attirer les éléphants. On marche lentement. Au bout de trois minutes, on en aperçoit un. « C’est la femelle la plus jeune, me glisse Cham, à l’oreille. Ne t’inquiète pas, c’est la plus gentille du groupe. Quand tu auras donné les bananes, tu t’écartes quand même de plusieurs mètres. En restant toujours sur le côté. » Me voilà averti. Je donne mes bananes à mes compagnons pour faire des photos. Et là, soudainement, je réalise que nous sommes cernés par les autres éléphants. On ne les a pas entendus ni vus venir. Mais ils sont là. Ils nous observent. Ils reprennent leur progression dans notre direction d’un pas lent. Impressionnant. Il ne faudrait pas qu’ils s’énervent. On n’a aucune solution de repli. On est maintenant au beau milieu du petit troupeau. Seule alternative en cas de charge : « Se placer bien en face et agiter les bras tout en criant », me dit Cham. Ouais ! Plus facile à dire qu’à faire. Mais les éléphants sont plus intéressés par les bananes que par la bagarre. Ça tombe bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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On passe un bon bout de temps avec eux, à les observer et à les goinfrer de bananes. Nos fruits ne sont que des encas, car un éléphant avale 100 kilos de nourriture par jour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
On devait se baigner avec eux dans la rivière, mais une pluie de mousson nous oblige à retourner dans le village pour nous mettre à l'abri. On ne montera pas non plus sur le dos des Pachydermes. Cette pratique si prisée par les touristes est désormais bannie dans la région. Je le savais, sinon, je ne serai pas venu. Comme j’avais refusé à Kratié d’aller voir les derniers dauphins d’eau douce du Mékong. Qu’on les laisse tranquilles, une bonne fois pour toutes, ces animaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Si j’ai consenti à venir ici, c’est que les 50 $ par personne que j’ai dû débourser financent l’ONG. Ils serviront à dédommager les cornacs et à favoriser la sanctuarisation d’espaces forestiers. On peut pour le double de la somme passer deux jours sur place. Hébergement chez les montagnards compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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Si vous passez par là un jour, n’hésitez pas à aller faire un tour dans ce sanctuaire. Vous avez la garantie que vos dollars seront utilisés pour une bonne cause. On peut le déplorer, mais la survie des éléphants du Cambodge passe par le développement d’un tourisme responsable. C’est ça, ou retourner trimer dans les forêts en participant activement à la déforestation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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    <media:credit role="author">Jean-luc Drouin</media:credit>
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